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Hebdo - Plus d'énergie fossile ? Prenez-la chez les vivants !

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La flambée des prix du pétrole, probablement durable et peut-être définitive, excite les imaginations, ouvrant des pistes vers des sources d'énergies alternatives, parfois originales, voire farfelues...

La voilà, peut-être, notre sauveuse. Quand le pétrole viendra à manquer, au lieu de la contraindre à tirer un char à bœuf, faisons-lui produire de l'électricité, expliquent des chercheurs américains.

A partir de n'importe quel déchet organique, la machine de Christian Koch, inventeur allemand, recycle des déchets pour fabriquer un carburant qu'il appelle bio-diesel. Paraît-il brevetée, son installation est sommairement décrite sur le site Internet de sa société, Alphakat GmbH. Non seulement ce carburant est de bonne qualité - Koch affirme avoir parcouru 170.000 kilomètres au volant d'une voiture alimentée avec sa décoction - mais il est de surcroît peu coûteux puisqu'il reviendrait à 0,23 centime d'euro (sans les taxes, bien sûr).

Cette installation est, nous dit-on, conçue pour digérer n'importe quel déchet organique, depuis les déjections humaines jusqu'aux animaux morts. A la sortie : un gazole bon marché et de bonne qualité…

La vache dont on trait des électrons

Au mois d'août, lors du congrès de l'American Chemical Society, une équipe de l'Ohio State University a présenté un dispositif original : produire de l'électricité à l'aide d'une vache ! Hamid Rismani-Yazdi, Ann Christy et leur équipe ont installé un tube pénétrant à l'intérieur de la panse d'une vache pour en extraire une partie du liquide en pleine fermentation.

Ce réservoir naturel est en effet un fermenteur d'une qualité rare où des micro-organismes produisent un liquide extrêmement basique (le contraire d'un acide, donc). L'extrait a été ajouté à de la cellulose (pour poursuivre la fermentation de l'activité microbienne) et placé dans le premier compartiment d'un récipient en verre d'une quinzaine de centimètres de diamètre pour une trentaine de hauteur. Le second compartiment est empli de ferricyanide de potassium et séparé du premier par une membrane perméable aux protons.

La fermentation de la cellulose produit un excès d'électrons tandis que des réactions d'oxydation, productrices d'ions H+ (des protons), ont lieu de l'autre côté de la membrane, ce qui provoque un transfert de charges électriques. Bref, c'est une batterie... Le résultat est modeste : le montage a généré une différence de potentiel de 0,58 volt au début pour descendre à 0,2 volt au bout de quatre jours. Il suffit alors d'ajouter de la cellulose pour que les bactéries se refassent une santé et pédalent pour remonter le voltage.

Faites le plein de fumier

Pour faire plus simple et laisser les vaches tranquilles, les scientifiques estiment que l'on pourrait utiliser la bouse, riche en bactéries et en cellulose. Il ne s'agit pas d'une lubie : les chercheurs, qui travaillent en collaboration avec le centre de recherche en agriculture de l'Ohio, expliquent que les fermiers utilisent déjà le méthane pour produire de l'électricité, mais à un coût bien plus élevé. En Australie, à l'université de Queensland, la production d'électricité par utilisation du méthane a été tentée à partir de la fermentation de bananes avariées 

Encore une petite flambée des prix et nous verrons fleurir encore bien d'autres idées rafraîchissantes...

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