Comme annoncé par les météorologues, la saison des ouragans 2020 dans l’Atlantique nord a été extrêmement violente. © Sasa Kadrijevic, Adobe Stock
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Ouragans : la saison 2020 des tempêtes qui vient de s'achever a été particulièrement intense

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[EN VIDÉO] Retour sur une saison des ouragans 2020 exceptionnelle  Comme les météorologues l’avaient annoncé en début d’année, la saison 2020 des ouragans dans l’Atlantique nord été extrêmement active. Au 30 novembre — la date officielle de fin de saison —, ce ne sont pas moins de 30 tempêtes tropicales qui ont été nommées. Contre 12 seulement pour une saison moyenne. Et c’est tout particulièrement en fin de saison que les ouragans se sont faits les plus violents 

Les météorologues l'avaient annoncé : la saison des ouragans 2020 a été particulièrement intense. Un nombre record de pas moins de 30 tempêtes tropicales ont été nommées. Et la fin de saison a été exceptionnellement violente.

Dans l'Atlantique nord, la saison des ouragans débute chaque année officiellement le 1er juin. Cette année, c'est dès le mois d'avril que plusieurs groupes d'experts indépendants avaient annoncé une saison « extrêmement active ». L'histoire leur a donné plus que raison. Ce 30 novembre 2020, la saison s'est officiellement achevée -- même si nous ne sommes pas à l'abri de la survenue d'un phénomène supplémentaire dans les jours qui viennent -- sur un nombre record de 30 tempêtes tropicales nommées.

C'est Arthur qui avait ouvert le bal dès le 14 mai 2020. Wilfried était venu achever la liste alphabétique au mois de septembre, avant que les tempêtes commencent à être nommées par des lettres grecques. Finalement, sur les 30 tempêtes tropicales nommées au cours de cette saison 2020, 13 ont été qualifiées d'ouragans et six d'ouragans majeurs.

Parmi les faits marquants de la saison :

  • Presque toutes les tempêtes -- sauf Arthur, Bertha et Dolly -- sont arrivées plus tôt dans la saison que jamais auparavant.
  • Pour la deuxième fois de l'Histoire seulement -- après 1971 --, les météorologistes ont pu enregistrer en même temps jusqu'à cinq tempêtes tropicales au-dessus de l'Atlantique : Paulette, René, Sally, Teddy et Vicky.
  • Pour la deuxième fois de l'Histoire également, les météorologues ont dû recourir à l'alphabet grec pour nommer les tempêtes.

Une fin de saison des ouragans exceptionnellement violente

La fin de la saison a indubitablement été la période la plus violente. Quatre ouragans majeurs -- avec des vents soufflant à plus de 178 km/h -- se sont déclarés entre octobre et novembre. Par le passé, jamais le chiffre n'avait dépassé deux. Plus globalement, les tempêtes de l'alphabet grec ont produit un ACE (104) presque égal à celui de toute une saison moyenne (106). Un ACE ? C'est la métrique que les météorologues utilisent pour exprimer à la fois la force et la durée d'une tempête. ACE pour énergie cyclonique accumulée. Au final, la saison 2020 affiche un ACE de 180. Tout de même assez éloigné du record de 245 établi en 2005.

Et il aura fallu attendre la mi-novembre pour que soit enregistré le plus violent des ouragans de la saison. Après être devenue la première tempête à atteindre la catégorie 5 aussi tard dans un mois de novembre -- le précédent record datait de 1932, avec une tempête de catégorie 5 le 8 novembre --, l'ouragan Iota a finalement touché le Nicaragua en tant qu'ouragan de catégorie 4, avec des vents soufflant à 249 km/h -- c'est à peine 3 km/h sous le seuil de la catégorie 5. Il a ainsi battu un record établi seulement deux semaines plus tôt par l'ouragan Êta !

Le réchauffement climatique en cause ?

Selon les scientifiques de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA, États-Unis), plusieurs phénomènes sont responsables de cette saison exceptionnelle. Le déclenchement -- officiellement le 10 septembre 2020 -- d'un phénomène La Nina, d'abord. Car celui-ci permet aux poches d'air chaud de se développer verticalement pour former des ouragans. En amont, les températures de surface élevées -- entre 2 et 4 °C au-dessus de la moyenne -- dans une grande partie de l'Atlantique avaient fourni au système une quantité importante de carburant. Combinées à un cisaillement vertical -- comprenez, un changement de vitesse et de direction du vent avec l'altitude -- très faible, ces températures avaient déjà mené à un début de saison très actif.

C'est surtout dans un critère particulier que les météorologues voient des effets du réchauffement climatique. Dans ce qu'ils appellent l'intensification rapide. Le fait que des vents puissent gagner au moins 56 km/h en 24 heures ou moins. Selon les experts, ce phénomène est le résultat assez direct d'une hausse de températures au niveau des eaux. Et cette saison, un record de dix tempêtes -- dont six parmi celles de l'alphabet grec -- s'étant rapidement intensifiées a été enregistré, à égalité avec 1995 !

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