Dans le cadre d’un partenariat, la société Planet, qui dispose de la plus grande flotte de micro-satellites au monde, va fournir quotidiennement des images des récifs coralliens. L’idée est de mettre en place un système inédit de surveillance spatiale de l’état de ces récifs pour mieux les protéger.

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    Le réchauffement des océans, lié au changement climatiquechangement climatique, a fortement augmenté la fréquence de blanchissement des coraux sur une échelle jamais vue auparavant. Sur les 109 pays dans lesquels se trouvent des récifs coralliens, une dégradation significative de ces derniers a été observée dans 93 d'entre eux. Si rien n'est fait pour atténuer les températures de réchauffement, plus de 90 % des récifs coralliens risquent de disparaître d'ici 2050.

    La protection des récifs coralliens est une nécessité absolue. En effet, il faut savoir que s'ils ne couvrent que 0,2 % du plancherplancher océanique, les coraux abritent près de 30 % de la biodiversité marine. Près d'un quart de l'ensemble des espèces marines vivrait dans ces récifs qui, en tant que barrières naturelles, protègent aussi les littoraux des vagues, de l'érosion et fournissent également une protection contre les risques de catastrophe en réduisant sensiblement les impacts côtiers pendant les grandes tempêtestempêtes.

    À cela s'ajoute qu'au moins un milliard de personnes et 25 % de la vie marine dépendent directement des récifs coralliens sains pour leur nourriture et leurs moyens de subsistance. La perte des coraux aura donc des répercussions importantes, voire catastrophiques, sur la biodiversité marine et sur d'innombrables communautés dont l'alimentation, la sécurité et les revenus en dépendent.

    La Grande Barrière de corail, en Australie, près de l'île Heron. Cette image, d'une résolution de 3,7 mètres, a été acquise par un des satellites de la constellation de Planet. ©Planet Lab 2018

    La Grande Barrière de corail, en Australie, près de l'île Heron. Cette image, d'une résolution de 3,7 mètres, a été acquise par un des satellites de la constellation de Planet. © Planet Lab 2018

    La plus grande flotte de microsatellites au monde

    Pour surveiller et protéger efficacement les récifs coralliens de la Planète, les systèmes actuels de suivi de la santé des coraux sont irréguliers et très insuffisants. Généralement, ils sont basés sur des études de plongée ou d'avion, dont l'étendue est limitée, ou sur des données approximatives telles que les températures de surface, qui ne tiennent pas compte des différences de résiliencerésilience des communautés coralliennes.

    C'est dans ce contexte que la société Planet, qui dispose de la plus grande flotte de microsatellites au monde, s'est associée à Paul G. Allen Philanthropies ainsi qu'à un consortium de scientifiques renommés et spécialistes de la conservation des coraux et de la télédétection pour cartographier et surveiller l'intégralité des récifs coralliens en eau peu profonde.

    Ce consortium comprend des scientifiques de la Carnegie Institution for Science, de l'université du Queensland et de l'Institut de biologie marine de l'université d'Hawaï. Dans sa première phase, qui sera effective en fin d'année, le projet produira une photomosaïque des récifs coralliens dans le monde et effectuera une validation sur cinq sites :

    • l'île Heron, sur la Grande Barrière de corailGrande Barrière de corail australienne ;
    • Moorea, en Polynésie française ;
    • Lighthouse Reef, au Belize ;
    • la baie de Kaneohe, à Hawaï ;
    • l'archipelarchipel Karimunjawa, en Indonésie.
    Le récif corallien de Moorea, en Polynésie française ; image également acquise par un satellite de Planet. © <em>Planet Lab 2018</em>

    Le récif corallien de Moorea, en Polynésie française ; image également acquise par un satellite de Planet. © Planet Lab 2018

    Des images exploitées grâce à l'intelligence artificielle

    Cette carte dynamique des récifs coralliens du monde entier utilisera les images satellitaires haute résolutionrésolution acquises quotidiennement par les satellites Dove et SkySat, de Planet. Ces images seront exploitées grâce à l'intelligence artificielleintelligence artificielle, qui corrigera les distorsions de l'atmosphèreatmosphère, les reflets du soleilsoleil, les matériaux dans la colonne d'eau et des ondes de surface.

    Ce sera le premier système de surveillance à grande échelle capable de détecter l'évolution des récifs et de suivre quotidiennement les changements physiquesphysiques de la couverture corallienne à haute résolution. Il sera ainsi possible de suivre les changements de graphiques au fil du temps, les évènements de blanchissements sévères, le développement côtier en temps quasi réel ainsi que les dommages causés par le dynamitage (lié à la pêchepêche à la dynamite) qui détériore les récifs coralliens. Enfin, la conservation de ces images permettra également de surveiller les changements au fil du temps, y compris la récupération des coraux après les évènements de blanchissement.