La phase El Niño touche doucement à sa fin en ce début de mois de mars 2024, et celui-ci devrait être complètement terminé en avril. Mais pour autant, son effet réchauffant sur la météo mondiale est encore loin d'avoir atteint son pic d'intensité. Un modèle météo a dressé la liste des pays et régions du monde qui vont subir la plus forte hausse de températures cet été.


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    L'atmosphère prend du temps à se réchauffer, et l'effet d'El NiñoEl Niño est toujours à son plus haut niveau un an après sa mise en place, même si le phénomène en lui-même est déjà fini. Rappelons qu'El Niño se caractérise par une eau plus chaude que la moyenne dans l'océan Pacifique équatorial, et cette chaleurchaleur entraîne ensuite, progressivement, des conséquences sur la météométéo mondiale. La phase a débuté en juin 2023, El Niño devrait donc générer une surchauffe mondiale au cours de l'été 2024, qui s'ajoute au réchauffement climatique d'origine humaine. Un modèle météo mis au point par des scientifiques chinois prédit un record de température mondiale l'été prochain, avec une probabilité de 90 %.

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    Cependant, toutes les régions du monde ne sont pas logées à la même enseigne. Certaines ne subiront aucune conséquence, tandis que d'autres seront assurément touchées par des phénomènes météo extrêmes.

    Les zones côtières seront les plus impactées l'été prochain  

    Un modèle météo a permis de prédire les pays ou régions qui subiront le plus l'effet réchauffant d'El Niño cet été. L'étude menée par des chercheurs chinois a été publiée dans Scientific Reports et révèle que ce sont les zones côtières qui seront les plus impactées :

    • les Caraïbes ;
    • le golfe du Bengale, ce qui comprend les côtes indiennes ;
    • la mer de Chine méridionale et toutes les zones littorales (Vietnam, Chine, Taïwan, Philippines) ;
    • l'Amazonie ;
    • l'Alaska.   
    Image du site Futura Sciences

    En rouge et en encadré, les zones les plus concernées par l'effet réchauffant d'El Niño l'été prochain. © Scientific Reports

    Une chaleur anormale et des conséquences sur la nature et l'économie

    El Niño ne va pas seulement provoquer un été plus chaud dans ces pays. La hausse des températures démultiplie le risque d'incendies, ainsi que de sécheresses et donc de dégâts sur les cultures. Ces phénomènes auront ensuite des conséquences sur la production, l'exportation, et l'économie de manière globale. Dans les océans et mers les plus touchés, des vagues de chaleur sous-marines vont se produire, avec un impact sur la biodiversité et la pêchepêche. Un été particulièrement chaud en Alaska aurait des conséquences désastreuses sur la fontefonte des glaciersglaciers et le permafrostpermafrost, déjà importante en raison du réchauffement climatique lié aux émissionsémissions de gaz à effet de serregaz à effet de serre. En Amazonie, déjà confrontée à une sécheresse historique en 2023, une chaleur anormale ces prochains mois fragiliserait encore plus les forêts, avec en plus, de nouveaux incendies. 

    D'autres régions du monde pourraient aussi subir les conséquences de l'effet réchauffant d'El Niño cet été, comme l'Afrique et le Groenland. Mais le manque d'observations météo disponibles pour ces lieux ne permet pas de tirer des conclusions certaines.


    Pourquoi l'été 2024 risque d'être historique dans le monde ?

    Article de Karine DurandKarine Durand, écrit le 27 novembre 2023

    Le phénomène climatique El Niño vient de franchir un seuil important avec déjà des conséquences visibles sur la météo d'une partie du monde. Mais son impact le plus fort n'aura lieu qu'au cours de l'année prochaine. Tous les paramètres sont réunis pour que l'été 2024 soit sûrement historique dans le monde !

    Les conséquences du phénomène El Niño 2023 sont déjà visibles dans certaines parties du monde. Cette anomalieanomalie chaude d'une partie de l'océan Pacifique est déjà responsable de la chaleur extrême du nord de l'Amérique du Sud, ou encore de celle qui gagne progressivement l'Australie. Avec évidemment, un impact naturel qui se trouve aggravé par le réchauffement climatique. El Niño s'est mis en place à la fin du printemps, mais il ne va atteindre son pic d'intensité qu'au début de l'hiver. Ces derniers jours, le réchauffement de la zone pacifique d'El Niño a atteint les +2 °C comparés à la norme, faisant de lui un « fort El Niño ».

    Pas de « super El Niño », mais un phénomène tout de même fort

    Pour autant, la crainte d'un « super El Niño » semble s'éloigner. Pour s'inscrire dans cette catégorie extrême, le réchauffement des eaux du Pacifique équatorial doit présenter un écart de +2 °C à la norme pendant 3 mois d'affilée. Cela ne sera à priori pas le cas, selon les prévisions du Bureau australien de la Météorologie : celui-ci prévoit +2,1 °C d'écart en décembre, puis un affaiblissement ensuite sous la barre des 2 °C.

    Pour autant, ce fort El Niño 2023/2024 n'a pas fini de faire parler de lui. La dernière fois que cette partie du Pacifique a été aussi chaude remonte à février 2016, et cet hiverhiver-là a été suivi d'une année à la chaleur record dans le monde. Car l'impact d'El Niño sur la météo du reste du monde n'est pas immédiat : il n'existe pas de règle officielle, mais beaucoup de climatologuesclimatologues ont remarqué que les conséquences les plus fortes ont généralement lieu un an après. Avec un El Niño considéré comme fort, et le réchauffement climatique qui s'accélère, l'année 2024 sera très certainement encore plus chaude que 2023 -- qui sera déjà, soit l'année la plus chaude enregistrée, soit la 2e année la plus chaude.

    La chaleur est le phénomène météo qui a tué le plus d'Européens, mais aussi d'Américains, au cours de ces 25 dernières années. © Futura

    Plusieurs facteurs climatiques vont s'additionner pour faire de 2024 une année record

    Si le pic d'El Niño va être atteint dans les prochaines semaines, ses impacts les plus forts sur la météo du monde sont prévus au cours de l'été 2024 sur l'hémisphère Nordhémisphère Nord. Certains climatologues craignent un été 2024 à la chaleur record. En France, les conséquences d'El Niño n'ont jamais été officiellement prouvées, mais nombre de météorologuesmétéorologues pensent que celui-ci mène à un temps plus humide et plus perturbé, comme ce que nous connaissons actuellement.

    En Europe de l'Ouest, El Niño est souvent associé à de fortes tempêtestempêtes l'hiver suivant (en 2024/2025 donc). Mais, en attendant d'éventuelles conséquences sur l'hémisphère Nord l'année prochaine, c'est l'hémisphère Sudhémisphère Sud qui craint des conséquences importantes pour son été (de décembre à février). L'Australie est directement impactée par le phénomène, avec un risque important de caniculecanicule et de feux de forêt ces prochains mois. En Amazonie, la sécheresse est déjà d'actualité et devrait continuer à s'aggraver.

    D'autres zones, comme le Pérou ou la Californie, devraient au contraire subir de fortes pluies et des inondationsinondations. En plus du réchauffement climatique et d'El Niño, d'autres paramètres (comme l'éruption volcanique du Tonga ayant libéré une grande quantité de vapeur d'eau, un gaz réchauffant), le cycle solaire arrive au pic d'intensité de sa phase de 11 ans en milieu d'année prochaine, amplifiant encore plus la hausse des températures. 2024 sera donc sans aucun doute une année historique au niveau climatique