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Solar Impulse s’apprête à terminer sa traversée des États-Unis

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Ce weekend, l'avion solaire s'envolera de Washington pour la dernière étape de son périple, qui l'amènera à New York. En traversant un continent, le prototype HB-SIA aura démontré que l'énergie du soleil peut convenir à de multiples usages, souvent encore insoupçonnés.

Le 16 juin 2013, à l'aéroport Dulles, André Borschberg accueille Bertrand Piccard qui vient de poser l'avion solaire HB-SIA. © Solar Impulse, Revillard, Rezo.ch

Demain samedi, André Borschberg se lèvera très tôt pour décoller de l'aéroport international Dulles pour la dernière étape de la traversée des États-Unis commencée à San Francisco. Vers 4 h 45 en heure locale (10 h 45 en heure française), il s'installera aux commandes l'avion solaire HB-SIA de Solar Impulse et devrait atterrir à New York dimanche à 2 h (8 h du matin en France). Pourquoi faut-il plus de 21 h pour parcourir une distance de moins de 400 km en ligne droite ? Même au train de sénateur de l'avion solaire (environ 70 km/h par rapport au vent), c'est beaucoup.

La raison vient de l'intégration dans les trafics aériens encombrés autour des grands aéroports. Un avion comme le HB-SIA, imposant comme un Airbus (63 m d'envergure), très peu maniable (ses virages sont larges) et aussi lent, a de quoi perturber les arrivées ou les décollages des avions de ligne classiques. Il faut donc décoller très tôt et atterrir très tard, pour éviter la période de plus forte activité de ces grands aéroports, quitte à faire des ronds dans l'air avant de se rapprocher du terrain de destination.

Nettoyage méticuleux des panneaux solaires (qui comptent 11.628 cellules photovoltaïques) au petit matin à Cincinnati, le 15 juin 2013, avant le décollage pour Washington D.C. Parti de Saint-Louis, André Borschberg avait affronté un fort vent de face, et le vol devenant trop long, il avait dû faire escale à cet aéroport pour changer de pilote. Bertrand Piccard a assuré la seconde partie de cette étape et posé le HB-SIA à l'aéroport international Dulles le 16 juin. © Solar Impulse, Revillard, Rezo.ch

L'avion de Solar Impulse avait rencontré la même situation en 2011 lors de son vol entre Bruxelles et Le Bourget (au nord de Paris), où se tenait le Salon international de l'aéronautique et de l'espace. André Borschberg s'était longuement promené au-dessus de la campagne française, évitant la région parisienne à l'heure des encombrements aériens, s'échappant vers l'est, survolant Troyes et atteignant la Bourgogne du côté d'Auxerre avant de remonter vers Le Bourget pour s'y poser à 2 h du matin.

Un avion solaire lent mais à forte autonomie

L'autonomie n'est guère un souci pour cet avion dont les ailes et le plan fixe arrière, couverts de cellules photovoltaïques, lui permettent de « faire le plein en vol », comme l'expliquait André Borschberg à Futura-Sciences. La journée, l'avion, avec ses quatre petits moteurs de 10 chevaux chacun, dépense moins d'électricité qu'il n'en produit et il peut donc charger ses batteries en vol. Le 8 juillet 2010, profitant de la courte nuit d'été, André Borschberg a volé 26 heures durant, réussissant le premier vol de nuit en avion solaire.

Le HB-SIA n'est qu'un prototype puisque son successeur, le HB-SIB, plus spacieux, est en cours de réalisation à Payerne en Suisse. Mais le projet a pris du retard après la cassure du longeron d’aile lors d'un test de résistance. Tout est nouveau, en effet, sur cet avion, et avec la contrainte d'une masse très faible, la construction doit flirter avec les limites. Le problème a été résolu et la réalisation du HB-SIB a repris. 

Pendant ce temps, l'équipe continue de s'entraîner et de se montrer avec le vaillant HB-SIA qui s'apprête à terminer sa traversée du continent américain. Il peut être suivi en direct sur le site de Solar Impulse. L'équipe suisse prépare ainsi son tour du monde avec le HB-SIB, qui se fera sur ce même modèle d'étapes longues et à faible vitesse. Comme le soulignait Bertrand Piccard, qui nous parlait depuis le cockpit, l'idée n'est pas de démontrer que les avions du futur seront des avions solaires, mais plutôt de prouver que l'énergie du soleil peut servir dans de multiples domaines. Les ingénieurs doivent apprendre à réfléchir autrement...

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