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Solar Impulse a bouclé sa traversée des États-Unis, non sans mal

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C'est avec une déchirure de 2,5 m sur l'entoilage d'une aile qu'André Borschberg a posé l'avion solaire de Solar Impulse sur l'aéroport JFK de New York. La fin d'un périple qui a démontré les possibilités de l'appareil, un prototype de la version qui effectuera un tour du monde.

Bertand Piccard (à gauche) et André Borschberg, debout dans le cockpit où il a passé plus de 18 heures, juste après l'arrivée à l'aéroport JFK de New York dans la nuit du samedi 6 au dimanche 7 juillet. © Solar Impulse, Merz, Rezo.ch

Parti de l'aéroport Washington-Dulles samedi 6 juillet au petit matin, à 4 h 46 en heure locale (six heures de plus en France), André Borschberg, aux commandes du HB-SIA de Solar Impulse, s'apprêtait à poser le grand avion solaire dimanche à 2 h du matin à l'aéroport JFK de New York. Pour insérer cet avion volant à 70 km/h seulement dans le plus dense trafic aérien du monde, il fallait en effet attendre le creux de la nuit. Pour patienter, André Borschberg devait faire des ronds au-dessus de l'Atlantique - ce qu'il a fait - et un passage devant la statue de la Liberté - ce qu'il n'a pas pu faire.

Quelques heures avant l'arrivée, le pilote a remarqué un décollement de la toile (en tissu synthétique) sur la face inférieure de l'aile gauche. La déchirure a atteint 2,5 m. Dans de telles conditions, l'équipage commence en général à penser à l'évacuation, ce qui a été envisagé par l'équipe. Mais l'avion de 63 m d'envergure volait apparemment bien et, depuis un hélicoptère venu s'approcher, l'aile a pu être inspectée. Le problème semblant stabilisé, le vol a été poursuivi. Il a cependant été écourté pour réduire les risques, avec un atterrissage prévu vers 23 h. Les contrôleurs de JFK ont sans doute eu un peu de travail... C'est à 23 h 09 en heure locale, après 18 h 23 mn de vol et 495 km parcourus, que le pilote a posé le HB-SIA à l'aéroport de New York.

Un morceau de toile manque sur la partie inférieure de l'aile gauche. Un hélicoptère a pu s'approcher suffisamment pour évaluer les dégâts. Conclusion : on continue. © Solar Impulse, Revillard, Rezo.ch

Des étapes difficiles mais toutes réussies pour l’avion solaire

Solar Impulse termine ainsi son périple commencé le 3 mai à San Francisco, avec un premier vol assuré par Bertrand Piccard. En tout, cinq étapes auront été nécessaires, avec des escales à Phoenix, Dallas-Fort Worth, Saint-Louis, Cincinnati et Washington. L'étape de Saint-Louis vers Washington a dû être interrompue à Cincinnati, à cause d'un vent fort qui aurait trop allongé le vol.

Finalement, l'avion solaire aura traversé le continent nord-américain en 105 h 41 mn, pour une distance de 5.650 km, en réalisant une distance record pour un avion solaire de 1.541 km entre Phoenix et Dallas. La vitesse moyenne sur le parcours est donc d'environ 54 km/h, ce qui nous ramène aux débuts de l'histoire de l’aviation

Mais avec une énergie entièrement venue du soleil et même la possibilité de charger les batteries en vol de jour, le HB-SIA est une sacrée innovation. Ses quatre moteurs électriques de 10 chevaux chacun doivent emporter un avion qui a l'envergure d'un Airbus ! Le poids de l'avion doit alors être faible et il a fallu, comme nous l'expliquait André Borschberg, tout repenser pour descendre la masse totale à 1.600 kg. Il faut aussi mettre au point d'autres tactiques de navigation pour tenir compte des conditions météorologiques (qui ont été mauvaises pendant une bonne partie du parcours), des longues durées de vol (parfois plus de 20 heures à piloter seul) ainsi que de la lenteur et de la faible manœuvrabilité de l'avion. Cette longue traversée des États-Unis, réussie malgré des embûches météo et techniques, montre que le pari d'un tour du monde en 2015 sur un avion amélioré (le HB-SIB, en cours de réalisation), est du domaine du possible.

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