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Solar Impulse : Bertrand Piccard pilote 72 heures dans le simulateur

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Bertrand Piccard a tenu 72 heures dans le simulateur de vol servant à l'entraînement au pilotage du futur HB-SIB, l'avion solaire conçu pour un tour du monde. Avec une technique d'autohypnose, il est resté en bonne forme. Un entraînement indispensable avant des étapes aussi longues que la traversée de l'Atlantique.

Bertrand Piccard installé dans le simulateur de vol. Le cockpit reproduit l'avion solaire HB-SIB, actuellement en construction à Payerne, dans l’ouest de la Suisse, et au fuselage plus grand que le HB-SIA qui a volé ces dernières années. © Solar Impulse

Sorti ce matin du cockpit à 8 h 00, Bertrand Piccard y était entré mardi à la même heure. Durant ces trois jours, il a piloté, seul et sans vraiment dormir. Son simulateur de vol reproduisait le cockpit du HB-SIB, le second avion de Solar Impulse, celui qui devrait s'élancer pour un tour du monde en 2015.

Comme on l'a vu lors des vols du prototype, le HB-SIA, l'avion solaire est très lent (entre 50 et 70 km/h en moyenne) et les étapes sont longues. En chargeant ses batteries pendant le jour, il peut même voler de nuit et poursuivre son vol la journée suivante. Le HB-SIB aura bien un siège pour un passager, mais il ne sera utilisé que pour promener un invité de marque entre deux étapes. Par moments, par exemple pour traverser l'Atlantique, le pilote, seul à bord, devra donc rester aux commandes de ce grand avion, léger et délicat, durant bien plus de 24 heures.

Bardé de capteurs pour suivre ses paramètres physiologiques, Bertrand Piccard, assis dans son cockpit, effectue quelques exercices physiques pour se dégourdir les muscles et les articulations. © Solar Impulse

Le pilote de Solar Impulse doit avoir la même autonomie que son avion

André Borschberg, l'autre pilote du HB-SIB, avait déjà réussi un tel vol immobile. Ces essais servent à tester les équipements, l'ergonomie du siège ou des commandes, la nutrition et la bonne efficacité des toilettes. Ils servent aussi à mieux cerner les facteurs humains, en particulier la fatigue.

Psychiatre de métier, Bertrand Piccard s'est depuis longtemps intéressé à l'hypnose, et il a utilisé cette méthode durant ces 72 heures. Une technique d'autohypnose lui a permis de rester en bon état de veille. Surveillé par une équipe d'hypnothérapeutes, il s'est offert 35 périodes de repos de 20 minutes chacune. Cela lui a suffi pour assurer la sécurité du vol...

« L'équipe est sur le point de finaliser le deuxième avion qui aura une autonomie quasi infinie, il s'agit maintenant de rendre le pilote aussi "durable" que l'avion ! explique André Borschberg. Nous devons apprendre à gérer notre propre énergie, à savoir reconnaître lorsque la fatigue prend le dessus et à trouver des solutions pour rester alertes et vigilants. »

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