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Salon de Francfort : le sacre de la voiture électrique ?

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Longtemps évoquée, jamais vraiment concrétisée, la voiture électrique devient réalité. Au Salon IAA de Francfort, qui ouvre ses portes à la presse ce mardi 15 septembre, les annonces autour du véhicule électrique vont se multiplier : présentation de nouveaux modèles de série, signature de partenariats entre constructeurs et groupes énergétiques, exposition de système de recharge, etc. Cette soixante-troisième édition devrait faire date dans la jeune histoire de la voiture zéro émission.

Renault, Peugeot, Mercedes, BMW, Hyundai ou encore Volkswagen : à Francfort, ces cinq géants de l'industrie automobile auront chacun sur leur stand un voire plusieurs véhicules électriques, bientôt lancés sur la marché ou encore à l'état de concept mais très proches de la production de série. C'est la première fois sur un salon automobile qu'autant de constructeurs se rallient à une seule et même type de propulsion alternative.

Pourtant, le véhicule électrique ne date pas d'aujourd'hui. Les premiers modèles ont en effet vu le jour dès la fin du dix-neuvième siècle, en même temps que la naissance de l'automobile à pétrole. Dans les années 1990, certains constructeurs, notamment Heuliez et PSA en France, ont remis ce véhicule au goût du jour.

Malgré des avantages indéniables (aucune émission de CO2, faible nuisance sonore), les Citroën Saxo et Peugeot 106 électriques développées pour certaines administrations n'ont jamais dépassé le stade de l'expérimentation. Leur principal défaut : les batteries, qui, en plus d'être trop coûteuses, ne permettaient pas de stocker suffisamment d'énergie.

Aujourd'hui, le handicap de l'autonomie est en partie réglé grâce à l'utilisation des batteries lithium-ion. Ce type d'accumulateur qui équipe depuis quelques années la plupart des appareils nomades (téléphones mobiles, ordinateurs portables, etc.), assure un meilleur rendement à la voiture sans pétrole : grande capacité de stockage, autonomie accrue (entre 100 et 200 km), temps de charge amélioré et volume d'encombrement réduit.

Comment aller de Paris à Marseille ?

A Francfort, Renault présentera sur son stand pas moins de quatre véhicules électriques, dont un Kangoo et une berline (sans doute la Mégane). Trois seront lancés sur le marché dès 2011. La Peugeot iOn, également de sortie à Francfort, sera pour sa part disponible vers la fin 2010, et bénéficiera de son équivalent chez Citroën.

Les Allemands ne sont pas en reste, puisque Daimler dévoilera sa nouvelle Smart electric drive, qui entrera en production dès novembre prochain, tandis que BMW présentera sa Mini E, déjà expérimentée aux Etats-Unis, mais bientôt disponible en Europe pour des clients testeurs.

Reste à savoir dans quelles conditions la voiture électrique fera ses grands débuts auprès du public. Si le coût d'utilisation d'une automobile « branchée », estimé à 1 euro pour 100 km, reste très attractif, le prix à l'achat sera largement supérieur à celui d'une voiture classique à moteur thermique, et ce, malgré les bonus écologiques accordés par les pouvoirs publics (5.000 euros en France). Le lithium, dont dépend le coût de fabrication d'un modèle électrique, est en effet encore très coûteux. A titre d'exemple, la petite Mitsubishi i-Miev, cousine de la future Peugeot iOn, est proposée au Japon au tarif de 4,6 millions de yens (près de 35.000 euros).

Pour faire de la voiture électrique une auto abordable, les constructeurs devront proposer dans un premier temps des formules d'achat innovantes. C'est ce que fait Bolloré avec sa Bluecar, commercialisée sous la forme de contrats de location longue durée. Renault-Nissan envisage pour sa part de vendre ses voitures électriques à des tarifs abordables, et d'en louer les batteries.

Un autre point faible que les constructeurs devront régler rapidement est celui du rayon d'action. Si les 150 ou 200 km d'autonomie promis par les différents modèles seront suffisants pour couvrir des trajets en ville, réaliser un Paris-Marseille devra s'effectuer en plusieurs étapes. Là encore, les constructeurs multiplient les partenariats avec les groupes énergétiques pour installer des infrastructures de recharge rapide le long des routes, en ville, dans les parkings, etc.

La société californienne Better Place, qui collabore avec Renault-Nissan, propose pour sa part un dispositif de remplacement de la batterie vide par une batterie préalablement chargée. L'échange, assuré de manière automatique par un système de plateau assisté, ne prendrait qu'une minute en station service.

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