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Greentech : Cargoxpress, un porte-conteneurs côtier plus écologique

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Grâce à sa surprenante « voile », un nouveau navire porte-conteneurs pourra bientôt augmenter son autonomie de 80 % grâce aux vents et au soleil, donc sans émettre un seul gramme de CO2 de plus. Ce modèle, baptisé Cargoxpress, sera plus durable que ses concurrents, tout en étant mieux adapté aux petits ports. Son arrivée pourrait soulager certains réseaux routiers, mais lesquels ?

Le nouveau porte-conteneurs Cargoxpress naviguera à une vitesse de service de 10 à 12 nœuds (soit environ 18 à 22 km/h), y compris lorsque sa voile rigide sera déployée. © Cargoxpress.eu

Les autoroutes du vieux continent sont chaque jour empruntées par des centaines de milliers de camions. Cette situation, nécessaire au fonctionnement de notre société, pose deux problèmes majeurs. Premièrement, certains réseaux routiers seraient proches de la saturation. Deuxièmement, les camions consomment beaucoup de carburant, et émettent donc de grandes quantités de gaz à effet de serre (soit 27 % des émissions générées par l'ensemble du trafic routier).

Pour changer la donne, l'Union européenne a décidé voilà quelques années de rediriger en partie le transport de fret vers la mer, mais pas n'importe comment, puisqu'elle a financé le développement d'un navire porte-conteneurs plus abordable et écologique que ceux qui existent actuellement.


Les panneaux solaires, montés sur la voile du Cargoxpress qui se dresse dans cette vidéo, intègrent des cellules photovoltaïques à couches minces. Elles ont la particularité d'être fines et légères. © Cargoxpress.eu

Une solution de transport plus durable : le Cargoxpress

Actuellement en construction, le Cargoxpress fonctionnera à l'électricité. Ses moteurs, d'une puissance totale de 1,2 MW, seront cependant alimentés par un groupe électrogène consommant du gaz naturel, soit un carburant fossile. L'autonomie du navire sera de 1.000 nautiques dans sa configuration de base. C'est pourquoi il est destiné à circuler entre des ports européens, voire à desservir plusieurs petits ports méditerranéens (par exemple au Liban, en Tunisie ou sur les îles grecques), et non à traverser l'Atlantique.

Ce navire de 84 m de long pourra en plus être aidé par les vents et le soleil durant ses déplacements, au point de voir son autonomie augmenter de 80 % (soit 1.800 nautiques) sans émettre un seul gramme de CO2 supplémentaire. Il disposera pour ce faire de 1.200 m2 de panneaux solaires, dont la production d'énergie moyenne espérée est de 800 kWh par jour. Ils seront installés sur une voile... un peu particulière.

La clé technologique du succès : un toit multifonction

Le Cargoxpress possèdera une coque en composite, des flancs protégeant toute la cargaison, et un toit long d'environ 70 m monté sur des rails. Or, ce toit pourra être dressé à un angle de 85° et pivoter à 360°, tout en étant mobile d'avant en arrière sur le navire. Bref, il sera orientable pour capter au mieux le vent, à condition que les vagues ne dépassent pas 4 m de hauteur et que la vitesse du vent reste inférieure à 60 km/h.

Particularité intéressante, le navire pourra être chargé dans de petits ports dépourvus de grue... puisqu'il en possède une sous son toit mobile. Dans ce cas, le levage se limiterait à 40 t dans un rayon de 20 m autour du cargo, et à 20 t dans un rayon de 40 m.  

La « voile solaire » multifonction du Cargoxpress peut se transformer en grue, dont le rayon d'action autour du navire est indiqué sur ce dessin par la coloration du quai. © Cargoxpress.eu

L’environnement va aimer : moins de GES et de conteneurs à l’eau

Chaque navire pourra transporter l'équivalent de 100 à 125 cargaisons de semi-remorques, ce qui devrait progressivement permettre de réduire la consommation de carburant en Europe, et par conséquent les émissions de gaz à effet de serre.

Par ailleurs, un navire traditionnel de même capacité consommerait en moyenne 1.855 t de fuel par an. Grâce aux vents et au soleil, le Cargoxpress ne brûlera pour sa part que 735 t de gaz naturel liquéfié (GNL) pour la même période, et à performances égales. Ainsi, le nouveau navire libérera annuellement 3.270 t de CO2 en moins que ses camarades. Les émissions de dioxyde d’azote vont également fondre : 3,2 t/an, contre 70 t/an pour un cargo actuel. Le trafic maritime émet moins de gaz à effet de serre par tonne de fret transportée que les autres filières de transport. Il pourrait encore améliorer ses performances si d'autres Cargoxpress arrivaient sur le marché (le 7FP project consortium espère en vendre 875 à 1.425 d'ici 2030).

Trois derniers points sont également importants. Parce qu'il est un catamaran, le Cargoxpress n'a pas besoin de ballast (un réservoir d'eau de grande contenance). Il transportera donc moins d'espèces potentiellement invasives. Par ailleurs, puisque les 200 conteneurs de 10 pieds (environ 3 mètres) sont intégralement protégés, ils ne risquent pas de tomber à la mer, et ainsi de participer à une pollution qui prend de l'ampleur. En effet, quelque 10.000 boîtes métalliques tomberaient à l'eau tous les ans, les navires actuels ne mettant en moyenne que 35 % de leur cargaison en cale. Précisons enfin que les manœuvres portuaires se feront sur batterie, ce qui devrait réduire la pollution de l'air dans et aux alentours des complexes portuaires, ce qu'apprécieront certainement les riverains.

Que penser du projet Cargoxpress ?

Toutes les conditions semblent réunies pour favoriser le transfert d'une partie du transport de fret européen vers des routes maritimes avec une approche plus écologique. Toutefois, seuls les réseaux routiers côtiers seront soulagés par le développement, s'il a lieu, de cette nouvelle génération de navire.

En effet, Cargoxpress ne semble pas en mesure de rivaliser avec le trafic routier traversant l'Europe du Nord au Sud, par exemple entre l'Allemagne et l'Italie. En revanche, le trafic ferroviaire pourrait peut-être un jour devenir une alternative prometteuse, qui sait, grâce à de nouvelles technologies durables.

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L’avenir fera la part belle aux technologies vertes, ce que de nombreux ingénieurs et chercheurs ont bien compris. Publiée toutes les deux semaines sur Futura-Sciences, la chronique Greentech dévoile et décrypte les projets innovants, visant à réduire l’impact de l’Homme sur son environnement, tout exploitant au mieux les ressources naturelles renouvelables.