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Deepwater Horizon : un an plus tard, l'heure est au constat

ActualitéClassé sous :développement durable , NOAA , Deepwater Horizon

Un an après le naufrage de la plate-forme pétrolière Deepwater Horizon dans le golfe du Mexique, il est encore difficile d'estimer l'étendue des dégâts pour la biodiversité locale. Si de nombreux animaux en sont probablement morts, quelles sont les conséquences, à moyen et long terme, pour les rescapés ?

Le naufrage de la plateforme Deepwater Horizon a provoqué une gigantesque marée noire dans le golfe du Mexique. © Nasa, Wikimedia, domaine public

Le 20 avril 2010, il y a tout juste un an, la plateforme pétrolière Deepwater Horizon subissait une violente explosion, faisant onze morts parmi ses employés. Depuis cette date et jusqu'au laborieux colmatage de la fuite trois mois plus tard par l'équipe de BP, l'équivalent de plus de 4 millions de barils de brut se sont écoulés dans le golfe du Mexique, provoquant une gigantesque marée noire sous-marine.

Si les côtes de la Louisiane, du Mississipi, de la Floride et de l'Alabama ont été abîmées par des vagues incessantes de pétrole, elles ont aujourd'hui repris une apparence presque normale grâce au travail des bénévoles qui ont rassemblé leurs forces (et pour certains abîmé leur santé) afin de nettoyer les plages de ses boulettes de brut échouées. Les dégâts aux yeux de l'Homme s'estompent donc peu à peu, et l'on peut dès lors imaginer que ce dramatique accident ne restera qu'un lointain souvenir.

La pêche est à nouveau autorisée

D'ailleurs, les pêcheurs eux-mêmes, dont l'activité a été gravement touchée par la marée noire, ont pu reprendre pleinement leur travail hier, grâce à l'autorisation, par les autorités américaines (la Food and drug administration ou FDA, le National oceanic and atmospheric administration ou NOAA et les états du golfe), de la réouverture d'une zone de pêche entourant directement la plateforme. En effet, selon les tests réalisés sur diverses variétés de poissons collectées dans cet espace maritime, les animaux ne montreraient que très peu de signes (du moins en-deçà des limites autorisées) de la présence de pétrole ou de dispersant (produit utilisé pour réduire le pétrole en petites particules) ou de leurs résidus.

Les tortues marines (comme ici la tortue imbriquée) ont souffert de la marée noire dans le golfe du Mexique. © Hoffryan, Wikimedia, domaine public

Pourtant, beaucoup d'animaux marins ont souffert de ces vagues noires. De nombreuses tortues du golfe notamment étaient couvertes de brut et consommaient probablement des crabes ou d'autres aliments pleins de pétrole. Selon le NOAA, entre mai et septembre 2010, 461 tortues de mer (appartenant à quatre des cinq espèces habitant dans cette région) auraient été récupérées et nettoyées, et la majorité d'entre elles auraient pu retourner à l'océan.

La biodiversité marine du golfe du Mexique a-t-elle donc, elle aussi, tiré un trait sur ce triste épisode ? Si la situation semble s'être beaucoup améliorée selon les dires de BP, tous les scientifiques ne sont pas de cet avis. Certains (comme Samantha Joye de l'Université de Géorgie) déclarent même que de grandes quantités de pétrole et de méthane sont encore présentes dans les fonds sous-marins et que les invertébrés et les coraux continuent d'en souffrir. 

Des dégâts difficiles à estimer

Les effets néfastes à long terme de cette pollution pour les animaux marins sont malheureusement difficiles à déterminer, malgré les efforts fournis par le Natural resource damage assessment de la NOAA. La complexité des écosystèmes ne simplifie pas les choses car dans ce genre de situation, beaucoup de facteurs interviennent dans la détérioration de l'environnement : la saison, le type de pétrole ou de substance dangereuse, la quantité et la durée des rejets... Des études scientifiques rigoureuses sont donc nécessaires pour comprendre l'étendue des conséquences, mais elles peuvent nécessiter des années de recherche.

Certaines sont déjà parues, et semblent inquiétantes. Le nombre de cétacés victimes de la marée noire serait bien plus important que ce que les premières estimations suggéraient. De plus, les bactéries mangeuses de pétrole participeraient à l'épuisement de l'oxygène océanique dans les régions touchées par la marée noire, dont les conséquences pourraient être graves. La biodiversité semble donc avoir payé le prix fort de cette catastrophe d'origine humaine.

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