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En vidéo : moins de 1 litre aux cent kilomètres pour l'Aptera

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Cette étrange voiture en forme de goutte d'eau offre peu de volume intérieur mais ne consomme que 0,78 litre tous les cent kilomètres en utilisation citadine.

A l'intérieur, place à l'électronique, avec un GPS, un port USB et un lecteur de DVD. © Aptera

Résultat d'un projet industriel de plusieurs années, la Typ-1, du constructeur californien Aptera, sera commercialisée à la fin de 2008 en version électrique (Typ-1 e) et l'année suivante avec un moteur hybride, électrique et essence (Typ-1 h). Le constructeur avait étudié une version hybride avec cycle Diesel, plus efficace selon lui, mais les émissions d'hydrocarbures imbrûlés et d'oxydes d'azote (NOx) auraient dépassé les normes imposées par l'Etat californien. Avec sa motorisation hybride, la Typ-1 h descend à 0,784 litre aux cent kilomètres (300 miles par gallon en unités anglo-saxonnes).

Ce chiffre doit cependant être pris avec distance car, avec la motorisation hybride, la consommation dépend du parcours et plus précisément de la proportion du temps pendant lequel la voiture roule à l'électricité uniquement. Si le véhicule accepte la charge de sa batterie depuis une source externe - ce qui est le cas de la Typ 1-h -, le calcul est encore plus difficile puisque, à la limite, on peut rouler sans essence. Quand elle ne puise que dans sa batterie, la Typ-1 h dispose ainsi d'une autonomie d'environ 80 kilomètres (elle est de 200 kilomètres pour la Typ-1 e). Au-delà, il faudra brûler de l'essence... Pour un long trajet, de plus de 500 kilomètres, la consommation se stabilisera, d'après Aptera, vers 1,8 litre aux cent kilomètres. La valeur de 0,78 l/100 km correspondrait à des trajets de l'ordre de 200 kilomètres, ce qui couvre les besoins quotidiens en déplacement de 99 % des habitants des Etats-Unis d'après Aptera.

L'allure est inhabituelle mais l'aérodynamisme est exceptionnel. Sur le plan de la sécurité passive, la petite taille est compensée par une structure rigide autour de l'habitacle. En cas de choc frontal violent, l'avant absorbe l'énergie en se déformant vers le bas.© Aptera

Pionnière d'un genre à venir

Pour parvenir à de telles valeurs, le constructeur a dû oublier les canons de l'automobile traditionnelle. La recherche d'un aérodynamisme maximal a conduit à une forme évoquant davantage un avion qu'une voiture (d'ailleurs, Aptera, aptère, ne signifie-t-il pas « sans ailes » ?). La Typ-1 n'a que trois roues et deux places avant. Le siège arrière existe mais on ne peut y installer qu'un enfant, « de moins de trois ans » précise le constructeur. On est donc loin de la berline familiale pour partir en vacances. La voiture est réservée aux déplacements quotidiens. Aux Etats-Unis, la faible capacité et ses trois roues présentent un avantage supplémentaire : la Typ-1 peut emprunter, même avec une seule personne à bord, les voies de circulation réservées au covoiturage, donc aux véhicules transportant plusieurs personnes.


Un essai sur route de l'Aptera Typ1-h.

L'engin californien futuriste, vendu un peu moins de 30.000 dollars (soit environ 20.000 euros), restera sans doute un bel objet, confiné sur un marché marginal, d'autant que les lois fédérales de ce pays sont encore peu incitatives pour pousser à des véhicules à faible consommation. Le Congrès des Etats-Unis vient tout juste d'adopter un projet de loi imposant aux constructeurs, pour 2020, une consommation moyenne pour l'ensemble de leur gamme d'automobiles, de 6,72 l/100 km. Depuis 1975, la limite était de 8,6 l/ 100 km. Une telle consommation reste élevée, d'autant qu'il s'agit d'une moyenne pour toute la gamme, un constructeur pouvant proposer un véhicule gros consommateur s'il vend aussi une voiture sobre.

En Europe, les constructeurs parviennent déjà à des consommations bien inférieures. Le projet de loi proposé par Bruxelles de mettre à l'amende les constructeurs vendant des véhicules trop gourmands pourrait la réduire encore.

La Typ-1 h témoigne surtout d'un mouvement bien entamé vers les motorisations hybrides, mi-thermiques, mi-électriques. Le succès de la Toyota Prius, qui en est à la version II, a donné des idées à ses concurrents. Peugeot pourrait bien proposer une 308 hybride avant que ne sorte la Prius III et Renault planche sur une Scenic ainsi motorisée. Quant à Honda, son président, Takeo Fukui, vient d'annoncer que les hybrides représenteront 10 % des ventes de son entreprise en 2010. Les deux projets années pourraient donc voir fleurir ces voitures sur nos routes...

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