Une équipe de l’École polytechnique fédérale de Zurich, en Suisse, associée à une jeune pousse issue de ses rangs, vient de battre un nouveau record en imprimant la plus petite image couleur au monde. Visible à l’aide d’un microscope, elle a été réalisée en impression par jet d’encre grâce à la technologie des boites quantiques.
Cela vous intéressera aussi

L'image des jolis poissons-clowns ci-dessus mesure... 80 sur 115 micromètresmicromètres ! Elle est en fait invisible à l'œil nu et nécessite un microscopemicroscope pour être observée. Il s'agit à ce jour de la plus petite image imprimée en couleurs au monde. Elle est le fruit d'une technologie d'impression jet d’encre à l'échelle nanométrique nommée 3D NanoDrip développée à l'École polytechnique fédérale de Zurich (ETH), en Suisse. Cette performance a par ailleurs été officiellement validée par le Guinness World Records.

Pour donner une idée de la taille de cette image, l'ETH indique qu'elle est équivalente à celle de la surface d'un cheveu humain vu en coupe transversale. Le tour de force est que l'impression a été réalisée en couleurs avec une profondeur de 24 bit qui offre une gamme tonale très proche de la réalité. Pour parvenir à ce niveau de qualité, les chercheurs expliquent avoir eu recours aux boîtes quantiques. Ces nanostructures tridimensionnelles semi-conductrices sont capables d'émettre de la lumièrelumière dans une bande de longueur d'ondelongueur d'onde très étroite. C'est en modulant la taille de ces boîtes quantiques que l'équipe de l'ETH est parvenue à obtenir toute la palette de couleurs nécessaires à la reproduction fidèle de l'image.

La start-up issue des travaux de l’École polytechnique fédérale de Zurich a développé un microscope de poche qui s’utilise avec un smartphone. Censé offrir une qualité d’image équivalente à celle des appareils de laboratoire, il permet de visualiser les images microscopiques imprimées avec le procédé 3D NanoDrip, mais aussi d’observer toute sorte d’échantillons sur lames. © Scrona Inc.

La start-up issue des travaux de l’École polytechnique fédérale de Zurich a développé un microscope de poche qui s’utilise avec un smartphone. Censé offrir une qualité d’image équivalente à celle des appareils de laboratoire, il permet de visualiser les images microscopiques imprimées avec le procédé 3D NanoDrip, mais aussi d’observer toute sorte d’échantillons sur lames. © Scrona Inc.

Un écart de 500 nm entre chaque pixel

Plusieurs couches de boîtes quantiques bleues, vertes et rouges ont été imprimées avec une résolutionrésolution de 25.000 points par poucepoints par pouce, la distance entre deux pixels étant de 500 nanomètresnanomètres. Cette maîtrise dans la précision de l'agencement des nanoparticulesnanoparticules ouvre des perspectives prometteuses dans les domaines de l'électronique et de l'optique. Selon l'ETH, « ceci [cette technologie d'impression, NDLRNDLR], met en évidence de nouvelles voies vers l'utilisation de nanomatériaux dans l'électronique et l'optique du futur, en particulier dans le secteur de l'affichage ». Pour exploiter commercialement cette avancée, une jeune entreprise innovante nommée Scrona a été créée. Cette dernière a également mis au point un microscope de poche qui permet de voir ce type d'images.

Baptisé µPeek (prononcer « miupic »), il s'agit d'un accessoire de la taille d'une carte de crédit qui vient se fixer sur le capteurcapteur photo-vidéo d'un smartphone Android ou iOSiOS et fonctionne avec une applicationapplication mobile. Selon ses concepteurs, µPeek offre une capacité de grossissement de 35 à 350 avec une mise au point motorisée qui facilite l'utilisation. Un support permet de fixer des lames standard de microscopes pour pouvoir observer toute sorte de prélèvements ou d'insectesinsectes.