Des chercheurs affiliés aux laboratoires de recherche et de développement de Microsoft proposent une nouvelle vision de l'interface homme-ordinateur. Elle se concrétise par une surface déformable qui ajoute une coordonnée supplémentaire aux axes x et y traditionnellement employés par nos souris.
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Depuis quelques années, de nouvelles interfaces physiquesphysiques font leur apparition dans le domaine des nouvelles technologies. Des écrans tactilesécrans tactiles multi-touch , présents sur l'iPhoneiPhone, aux dispositifs de capture du mouvementmouvement comme ceux employés sur la WiiWii le projet Natal présenté à l'E3 2009 par Microsoft, nombreuses sont les innovations dans le domaine.

Le nouveau périphérique de contrôle, dévoilé par Microsoft, propose d'apporter une dimension supplémentaire aux interfaces multi-touch actuelles. Le but est de rendre palpable ce type de contrôleur en permettant à l'utilisateur la sélection tactile traditionnelle accompagnée de la possibilité d'étirer, de frotter ou d'écraser la surface qui fait office d'interface.

(Cliquer pour agrandir.) A gauche, application d'une pression sur la poche de ferrofluide. Au centre, représentation des modifications du champ magnétique générées par la présence de cette poche. A droite, modélisation tridimensionnelle de la pression initiale. © Microsoft
(Cliquer pour agrandir.) A gauche, application d'une pression sur la poche de ferrofluide. Au centre, représentation des modifications du champ magnétique générées par la présence de cette poche. A droite, modélisation tridimensionnelle de la pression initiale. © Microsoft

Concrètement, cette version tridimensionnelle des dispositifs tactiles permet la manipulation de volumesvolumes, une avancée qui autoriserait par exemple la sculpture d'objets d'une manière plus aisée qu'avec les interfaces actuelles. Car il s'agit ici d'exploiter notre sens tactile, notamment la sensation de pressionpression sur laquelle les interfaces actuelles font l'impasse, à l'exception de  dispositifs lourds et couteux employés en réalité virtuelleréalité virtuelle.

Le dispositif se compose d'une surface génératrice de champs magnétiques et qui peut détecter la présence d'un objet métallique placé au-dessus d'elle. Cet objet peut être simple mais la surface peut aussi déterminer des changements morphologiques d'une poche emplie d'un ferrofluideferrofluide, c'est-à-dire un liquideliquide contenant en suspension de la limaille de ferfer. Les applications peuvent ainsi largement varier.

Saisir l'impalpable

Pour lors cette interface de contrôle d'un nouveau genre, dispose de 64 bobines magnétiques recouvertes par des câbles hélicoïdaux pour une surface sensitive de 100 cm². Un des chercheurs, Stuart Taylor du centre de recherche Microsoft de l'Université de Cambridge, n'hésite pas à comparer le système avec une guitare électrique. « Si vous perturbez le champ, un courant est généré et conduit par la bobine. »

(Cliquer pour agrandir.) Schéma du système embarquant une poche de ferrofluide. © Microsoft
(Cliquer pour agrandir.) Schéma du système embarquant une poche de ferrofluide. © Microsoft

La prochaine étape concerne la mise au point d'un retour de force. Les chercheurs espèrent générer cette résistancerésistance physique en appliquant un courant aux bobines qui influenceraient la disposition des objets ou particules métalliques de la surface. A terme ce type de procédé permettrait de sentir littéralement la résistance d'un objet virtuel sous ses doigts. Un procédé intéressant en matièrematière de réalité virtuelle et réalité augmentéeréalité augmentée, mais aussi pour un meilleur accès des mal-voyants au numériquenumérique.

Manipuler physiquement des objets immatériels, un rêve de science-fiction qui commence à prendre forme. Les laborantins de Microsoft n'en sont cependant qu'aux prémices et avouent eux-mêmes ne pas saisir la totalité des champs d'applications possibles à plus long terme.