Le « robot-pont », le premier pont virtuel constitué d’une flottille de bateaux autonomes. © MIT, AMS Institute

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Des bateaux-robots autonomes qui forment des ponts éphémères à Amsterdam

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Plutôt que de construire un pont en dur, la capitale envisage un système de « robot-pont » où des plateformes flottantes électriques effectuent des ronds dans l'eau en continu pour connecter les deux rives d'un canal. Un concept développé par le MIT qui pourrait également servir à construire des petits marchés « pop-up » ou transporter des colis et des marchandises.

Après le premier pont métallique imprimé en 3D présenté en 2018 par la start-up MX3D, Amsterdam compte ajouter une nouvelle corde à son arc pour traverser ses 165 canaux qui sillonnent la ville : des « robots-ponts » éphémères. L'idée est d'utiliser une flottille de mini plateformes autonomes effectuant des ronds dans l'eau pour transporter les gens d'une rive à l'autre en fonction des besoins. Ce concept baptisé « roundAround » est issu d'une collaboration entre le Massachusetts Institute of Technology (MIT) et l'Institut d'Amsterdam pour les solutions métropolitaines avancées (AMS Institute).

Il est dans un premier temps destiné à relier le centre ville et le Nemo Science Museum à un nouveau quartier en développement. Il permettrait de réduire le temps de traversée à deux minutes contre les dix minutes actuelles en faisant le détour par les ponts existants. Un concept beaucoup moins cher que la construction d'un pont en dur et plus flexible, puisqu'il n'a pas besoin d'être présent 24h sur 24.

Les robots autonomes effectueront un trajet circulaire pour relier les deux rives du canal. © MIT, AMS Institute

Des bateaux autonomes qui suivent un trajet circulaire et se coordonnent entre eux

Chaque bateau-robot suit une route pré-programmée et synchronisée avec les autres pour former un cercle reliant deux rampes flottantes, des sortes « d'arrêts de bus » équipées de bancs et d'un système d'information. Dès que bateau autonome arrive à quai, il se connecte à la rampe grâce à un guidage laser et le passager embarque directement. Chaque robot-bateau est en principe capable de transporter 3 à 6 passagers, mais il est entièrement modulable : on peut ainsi l'agrandir ou le rétrécir, ajouter un escalier pour le débarquement ou des coffres pour le transport de marchandises. Équipés de quatre propulseurs électriques et de Lidar (Light Detection And Ranging ou télédétection par laser), les bateaux sont capables de manœuvrer dans 8 directions différentes et d'éviter les collisions lorsqu'un bateau navigant sur le canal est en approche ou qu'un obstacle surgit dans l'eau.

Des unités qui s’auto-assemblent pour former des plateformes de différentes tailles

Cela fait plus de cinq ans que le MIT travaille à la mise au point du système « Roboat » (contraction de robot et boat, bateau en français). Après avoir conçu des prototypes de plateformes et effectué de nombreux tests en piscine, les chercheurs ont dévoilé le 29 août un nouvel algorithme pour de nouvelles configurations, avec plusieurs bateaux se connectant entre eux, afin de former un véritable pont flottant ou des petits îlots. « On peut ainsi rapidement créer une plateforme linéaire ou des mini-marchés de fleurs ou de nourriture », suggère Daniela Rus, directrice du laboratoire en intelligence artificielle et en informatique au MIT.

Les passagers embarqueront grâce à des rampes flottantes accolées au quai. © MIT, AMS Institute

Pour assurer cet auto-assemblage, les chercheurs ont conçu deux types de bateaux : les « coordinateurs » et les « travailleurs ». Un ou plusieurs travailleurs se connectent au coordinateur qui dispose d'un GPS et d'un système calculant et contrôlant la localisation et la vitesse de déplacement de chaque élément autour de lui. Les structures ainsi formées peuvent se regrouper entre elles pour une durée déterminée et décider ensuite quelle nouvelle configuration adopter. Bien d'autres utilisations sont à l'étude, comme un service de taxi à la demande, la livraison de marchandises et de colis ou encore la collecte des déchets.

Roboat est un concept qui pourrait s'appliquer à bien d'autres métropoles et désengorger ainsi le trafic urbain. © vidéo MIT Senseable City Lab

Il reste plusieurs challenges à résoudre avant une mise en service effective. D'abord s'assurer de la stabilité des plateformes afin que les usagers ne basculent pas à l'eau lors de l'embarcation, mais aussi vérifier le fonctionnement lors de mauvaises conditions météo (vent, pluie, vagues...). Il faudra aussi prendre en compte la hauteur et les aménagements des berges, très variables d'un endroit à l'autre. Aucune date de mise en service n'a encore été dévoilée.

  • Le roundAround est un nouveau concept de bateaux autonomes effectuant une ronde dans l’eau pour relier les deux rives d’un canal.
  • Mis au point par le MIT et l’AMS Amsterdam, ces bateaux peuvent aussi se configurer en plateformes linéaires ou en mini-marchés flottants.
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