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Dossier - Préhistoire : l'Homme à la conquête de l'Asie
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La lignée humaine a ses racines en Afrique, qu’il s’agisse des fossiles les plus anciens qui lui sont rattachés dès le Pliocène, ou de l’émergence de notre espèce Sapiens qui a conquis si rapidement, au cours du Pléistocène supérieur, la quasi-totalité de l’Eurasie avant de s’étendre à l’Amérique puis de coloniser les îles du Pacifique.

  
DossiersPréhistoire : l'Homme à la conquête de l'Asie
 

Une très longue lacune chronologique sépare les fossiles des Hommes qui ont peuplé Java il y a près de 800 000 ans de ceux que l'on retrouve ensuite. Ces derniers, couramment appelés Hommes de la Solo, apparaissent comme une forme dérivée, tardive du taxon Homo erectus. Ils sont datés du Pléistocène supérieur (entre 140 000 et 50 000 ans environ selon les chercheurs et selon les méthodes de datation mises en œuvre sur les sites et sur les fossiles).

Reconstitution de Homo georgicus présentée au musée de Préhistoire de Quinson, Alpes-de-Haute-Provence, France © 120 CC BY-SA 3.0

Les méthodes non invasives telles que l'application des séries de l'uranium par mesure directe de spectrométrie γ favoriseraient l'hypothèse la plus récente. 

Homo erectus tardif de Sambungmacan (Java est) (© Semenanjung/MQPI)

Cette évolution en milieu isolé, conduisant à une disparition, a conduit autrefois à une comparaison avec les Néandertaliens d'Europe occidentale.

Ces homininés, derniers représentants de l'espèce Homo erectus, posent d'ailleurs la question de leur extinction : compétition avec de nouveaux immigrants ? Événement catastrophique tel que les éruptions volcaniques majeures qui ont affecté la région au Pléistocène supérieur ? Les recherches se poursuivent, notamment sur les sols d'habitat retrouvés dans les grottes du karst du sud de Java et datés entre 120 000 et 80 000 ans (ce sont les plus anciens reconnus en grotte en Asie du sud-est).

Le fossile humain de Flores (© H. Widianto)

Les Hommes de la Solo sont donc des représentants très récents des Homo erectus, et posent de ce fait la question d'une éventuelle coexistence avec les Hommes anatomiquement modernes, qui ont traversé les archipels il y a environ 60 000 ans pour atteindre l'Australie.

Une étape de la reconstitution de la découverte de Flores par E. Daynès, sculpteur en préhistoire, avec la collaboration de J.-N. Vignal, D. Grimaud-Hervé et H. Widianto (© Ph. Plailly, atelier Daynès)

Une question analogue se pose à propos de la découverte récente de l'Homme de Flores, dont les restes alimentent depuis plusieurs années un débat entre les scientifiques : représente-t-il une forme de variabilité très locale d'Homme moderne comme l'affirment certains chercheurs, ou trouve-t-il, ce qui est plus probable, son origine chez des immigrants plus anciens : les Homo erectus qui auraient, au tout début du Pléistocène moyen, fabriqué les artefacts retrouvés sur le site de Mata Menge sur la même île ? Ou encore, comme le suggèrent plusieurs publications récentes (certains caractères décrits par les paléoanthropologues sur le crâne et au niveau des articulations), pourrait-il descendre d'un taxon encore plus ancien de la lignée humaine ?