Une très longue lacune chronologique sépare les fossilesfossiles des Hommes qui ont peuplé JavaJava il y a près de 800.000 ans de ceux que l'on retrouve ensuite. Ces derniers, couramment appelés Hommes de la Solo, apparaissent comme une forme dérivée, tardive du taxontaxon Homo erectus. Ils sont datés du PléistocènePléistocène supérieur (entre 140.000 et 50.000 ans environ selon les chercheurs et selon les méthodes de datation mises en œuvre sur les sites et sur les fossiles).

Reconstitution de<em> Homo georgicus</em> présentée au musée de Préhistoire de Quinson, Alpes-de-Haute-Provence, France. © 120, CC by-sa 3.0
Reconstitution de Homo georgicus présentée au musée de Préhistoire de Quinson, Alpes-de-Haute-Provence, France. © 120, CC by-sa 3.0

Les méthodes non invasives telles que l'applicationapplication des séries de l'uraniumuranium par mesure directe de spectrométriespectrométrie γ favoriseraient l'hypothèse la plus récente. Cette évolution en milieu isolé, conduisant à une disparition, a conduit autrefois à une comparaison avec les Néandertaliens d'Europe occidentale.

<em>Homo erectus</em> tardif de Sambungmacan (Java est). © Semenanjung, MQPI
Homo erectus tardif de Sambungmacan (Java est). © Semenanjung, MQPI

L'extinction d'Homo erectus 

Ces homininéshomininés, derniers représentants de l'espèceespèce Homo erectus, posent d'ailleurs la question de leur extinctionextinction : compétition avec de nouveaux immigrants ? Évènement catastrophique tel que les éruptions volcaniqueséruptions volcaniques majeures qui ont affecté la région au Pléistocène supérieur ? Les recherches se poursuivent, notamment sur les sols d'habitat retrouvés dans les grottes du karst du sud de Java et datés entre 120.000 et 80.000 ans (ce sont les plus anciens reconnus en grotte en Asie du Sud-Est).

Le fossile humain de Florès. © H. Widianto
Le fossile humain de Florès. © H. Widianto

Les Hommes de la Solo sont donc des représentants très récents des Homo erectus, et posent de ce fait la question d'une éventuelle coexistence avec les Hommes anatomiquement modernes, qui ont traversé les archipelsarchipels il y a environ 60.000 ans pour atteindre l'Australie.

Une étape de la reconstitution de la découverte de Florès par E. Daynès, sculpteur en préhistoire, avec la collaboration de J.-N. Vignal, D. Grimaud-Hervé et H. Widianto. © Ph. Plailly, atelier Daynès
Une étape de la reconstitution de la découverte de Florès par E. Daynès, sculpteur en préhistoire, avec la collaboration de J.-N. Vignal, D. Grimaud-Hervé et H. Widianto. © Ph. Plailly, atelier Daynès

L'Homme de Florès, quelle est son origine ?

Une question analogue se pose à propos de la découverte récente de l'Homme de Florès, dont les restes alimentent depuis plusieurs années un débat entre les scientifiques : représente-t-il une forme de variabilité très locale d'Homme moderne comme l'affirment certains chercheurs, ou trouve-t-il, ce qui est plus probable, son origine chez des immigrants plus anciens : les Homo erectus qui auraient, au tout début du Pléistocène moyen, fabriqué les artefacts retrouvés sur le site de Mata Menge sur la même île ? Ou encore, comme le suggèrent plusieurs publications (certains caractères décrits par les paléoanthropologues sur le crânecrâne et au niveau des articulationsarticulations), pourrait-il descendre d'un taxon encore plus ancien de la lignée humaine ?