Troisième puissance spatiale à avoir envoyé un Homme dans l'espace par ses propres moyens, en 2003, après l'ex-URSS et les États-Unis, la Chine étoffe son programme lunaire et veut faire de notre satellite son terrain de jeu. Une première mission habitée est planifiée pour 2036. © Nasa

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Des Chinois sur la Lune avant 2040

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Avec cinq missions habitées, parfois de plusieurs jours et la maîtrise du rendez-vous spatial, la Chine a tous les atouts pour s'aventurer au-delà de l'orbite terrestre. En 2036, elle pourrait devenir le deuxième pays à envoyer des Hommes sur la Lune.

Aux États-Unis, les yeux sont tournés vers le système martien. Mais en Chine, l'objectif principal est très vraisemblablement le retour de l'Homme sur la Lune et son installation dans des bases permanentes. Officiel depuis 2011, ce projet lunaire habité pourrait se concrétiser avant la fin de la décennie 2030.

Après l'atterrissage de Chang’e 3 et en attendant un retour d’échantillons lunaires puis une mission sur la face cachée de la Lune (en 2018), « la Chine veut envoyer des astronautes sur la Lune en 2036 », vient de déclarer le lieutenant-général Zhang Yulin, haut responsable du programme des vols habités chinois. Mieux encore, « l'avenir du programme spatial habité de la Chine n'est pas l'alunissage, ce qui est assez simple, ou un programme de vol habité vers Mars, qui reste difficile actuellement, mais l'exploration continue de l'espace Terre-Lune avec un développement constant des technologies », tient-il à préciser. C'est aussi la traduction concrète des objectifs du président chinois Xi Jinping, qui veut faire de son pays une puissance spatiale innovante et non plus en phase de rattrapage derrière les agences spatiales américaine, européenne et russe.

À ce jour, seuls les États-Unis ont été capables d'envoyer des Hommes sur la Lune. Les Soviétiques s'y sont essayés mais sans succès. Avant la fin de la décennie 2030, la Chine pourrait être le deuxième pays à le faire. À l'image, sur la surface lunaire, l'ombre d'un module lunaire Apollo de la Nasa. © Nasa

Après un rattrapage de technologie, place à l'innovation spatiale

Pour Philippe Coué, spécialiste du programme spatial chinois, « cette annonce est tout à fait crédible car la Chine prévoit les premiers essais de la CZ-9 vers 2025 ». En effet, pour s'installer durablement dans l'espace et envoyer le nécessaire pour vivre et travailler sur la Lune ou dans la région Terre-Lune, la Chine devra disposer d'un lanceur suffisamment lourd, du type de la Saturn V des missions Apollo. Ce sera la Longue Marche 9 (CZ-9) dont la configuration est très proche du lanceur SLS de la Nasa. D'une hauteur de cent mètres, ce lanceur serait doté d'un corps central et de quatre propulseurs d'appoint. Capable d'injecter 130 tonnes en orbite basse, ce futur lanceur autoriserait la dépose d'un module lunaire habité pour des opérations en surface.

Pour en savoir plus sur le programme spatial de la Chine, on peut lire Shenzhou, les Chinois dans l’espace, de Philippe Coué (éditions L'Esprit du temps), spécialiste français du sujet et chargé de mission à la direction du programme études générales et espace de Dassault Aviation, et déjà auteur d'un premier ouvrage sur les vols chinois habités il y a onze ans. De la genèse de la station spatiale chinoise à la conquête de la Lune, sans oublier le mystérieux Shuguang qui préfigurera Shenzhou, l'ouvrage détaille les grandes étapes de l'histoire du programme spatial habité de la Chine.

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