Le président américain John F. Kennedy lors de son discours devant le Congrès le 25 mai 1961. © Nasa

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Le discours de Kennedy qui a décroché la Lune

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Le 12 septembre 1962 le président américain John Fitzgerald Kennedy prononce un discours sur l'effort américain dans le domaine spatial. Un discours qui restera à jamais graver dans la mémoire collective américaine lorsque JFK expliquera pourquoi les États-Unis vont se rendre sur la Lune « non pas parce que c'est facile, mais bien parce que c'est difficile ».

Aux États-Unis, la course à la Lune est officiellement lancée par le président John Fitzgerald Kennedy le 25 mai 1961 lors d'un discours devant le Congrès américain, 43 jours après le vol orbital de Youri Gagarine et 20 jours après le vol suborbital de Alan Shepard, à bord de Freedom 7. Mais, ce n'est pas ce discours qui va rester graver à jamais dans l'imaginaire de tout un chacun et rester dans la postérité.

Le 12 septembre 1962, le président américain prononce un discours à l'université Rice de Houston, qui va marquer les esprits. Devant le Congrès, Kennedy demande de débloquer les fonds nécessaires pour « je crois que cette nation devrait se donner comme objectif, avant que cette décennie ne se termine, d'envoyer un Homme sur la Lune, et le ramener sain sauf sur Terre » et toute une série d'autres financements pour permettre aux États-Unis de rattraper leur retard technologique sur les Soviétiques, dans le domaine spatial, et les dépasser.

Quand le président John Fitzgerald Kennedy veut que les Américains « décrochent » la Lune. © Nasa

En effet, et on le sait moins, lors de ce discours Kennedy demande des financements pour le développement de satellites de télécommunication (nécessaires pour diffuser dans le monde les images des missions Apollo) et un réseau de satellites d'observation de la Terre dédiés à la météorologie terrestre.

« We choose to go to the Moon »

À l'université Rice, Kennedy se présente devant un public conquis de quelque 40.000 personnes. Ce discours, consacré à l'effort américain dans le domaine spatial ouvre également la voie à la suprématie des États-Unis dans l'exploration spatiale. Mais ce qui rendra ce discours célèbre et populaire à tout jamais, ce sont les mots prononcés pour expliquer pourquoi les États-Unis choisissent d'aller sur la Lune.  

« Nous avons choisi d'aller sur la Lune. Nous avons choisi d'aller sur la Lune au cours de cette décennie et d'accomplir d'autres choses encore, non pas parce que c'est facile, mais justement parce que c'est difficile. Parce que cet objectif servira à organiser et à offrir le meilleur de notre énergie et de notre savoir-faire, parce que c'est le défi que nous sommes prêts à relever, celui que nous refusons de remettre à plus tard, celui que nous avons la ferme intention de remporter, tout comme les autres. »

  • Deux discours majeurs marqueront l'histoire du programme Apollo. Celui devant le Congrès, en mai 1961 et celui de l'université de Rice en septembre 1962.
  • Du discours de l'université de Rice, on retiendra surtout la célèbre phrase : « Nous avons choisi d'aller sur la Lune au cours de cette décennie et d'accomplir d'autres choses encore, non pas parce que c'est facile, mais justement parce que c'est difficile. »
Pour en savoir plus

En vidéo : il y a 50 ans le président Kennedy promettait la Lune

Article de Jean-Baptiste Feldmann, publié le 22/05/2011

Le jeudi 25 mai 1961 le président américain John F. Kennedy lançait le programme Apollo lors d'un célèbre discours devant le Congrès.

L'année 1961 fut une date clé dans l'Histoire de la conquête spatiale, commencée quatre ans plus tôt avec la mise en orbite par les Soviétiques de Spoutnik, le premier satellite artificiel de la Terre. La création de la Nasa le 29 juillet 1958 ne fut qu'une pâle riposte américaine dans cette course de prestige en pleine guerre froide. Les Soviétiques continuèrent à prendre de l'avance et le 12 avril 1961 ils frappèrent un grand coup en faisant faire au lieutenant Youri Gagarine le tour de notre planète à bord d'une capsule Vostok 1 placée à 200 kilomètres d'altitude. Quelques jours plus tard, le 5 mai, l'astronaute américain Alan Shepard effectuait un saut de puce, s'élevant pendant 15 minutes à 186 kilomètres d'altitude à bord d'une fusée Redstone avant de redescendre dans sa capsule Mercury.

Exaspéré par ces camouflets à répétition qu'imposait la puissante Union soviétique, le président américain Kennedy décida de lancer un audacieux programme de conquête de la Lune qu'il révéla au cours d'un discours devant le Congrès le 25 mai 1961.

Extrait du discours de John Fitzgerald Kennedy le 25 mai 1961. © Nasa/YouTube

Des ambitions à l'échelle d'un pays 

« Notre nation doit s'engager à faire atterrir l'Homme sur la Lune et à le ramener sur Terre sain et sauf avant la fin de la décennie ». C'est par cette phrase célèbre que le président américain fixa l'objectif de tout un pays, reprenant au passage le concept de nouvelle frontière de l'espace qu'il avait déjà évoqué le 15 juillet 1960 lors de son discours d'investiture. Rappelant qu'il s'agissait avant tout de remporter « la bataille qui se joue à travers le monde entre la liberté et la tyrannie » John Fitzgerald Kennedy assura au Congrès que le pays possédait tous les talents nécessaires pour y parvenir à condition de prendre la décision de mobiliser les ressources nationales. Reconnaissant la longueur d'avance qu'avaient les Soviétiques, il rappela l'obligation pour les Américains de redoubler d'efforts et exhorta le Congrès à accorder des augmentations de budget pour les activités spatiales.

Le président américain était alors parfaitement conscient de ce que représentait la conquête de la Lune : « Aucun projet spatial dans cette période ne sera plus impressionnant pour l'Humanité, ou plus important pour l'exploration à long terme de l'espace, et aucun ne sera aussi difficile ou coûteux à réaliser ». Et Kennedy de proposer une série d'étapes pour atteindre cet objectif ambitieux : accélérer le développement d'un véhicule spatial lunaire approprié, développer les boosters complémentaires à combustibles liquides et solides beaucoup plus gros et entreprendre parallèlement un programme d'explorations automatiques.

Le président américain ne put suivre que le début de ce grand projet ; il fut assassiné le 22 novembre 1963 à Dallas, moins de six ans avant que son rêve ne se concrétise en juillet 1969 avec Apollo 11.

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