Sciences

Dossier : Facebook, réseau social reflet de notre société

ActualitéClassé sous :Vie du site , Internet , facebook

Découvrez le dossier Comprendre Facebook. Découvrez l'intérêt des médias sociaux et leur fonctionnement social, psychologique et technique, à travers l'exemple de Facebook.

Quelle est l'utilité de Facebook ? Que nous dit ce réseau social sur notre société actuelle ? © Benstein, Flcikr CC by 2.0

Facebook a été créé en 2004, par Mark Zuckerberg. Ce site Internet comptera bientôt, à priori, près d'un milliard d'utilisateurs dans le monde... Fédérateur, critiqué, lieu de révolutions Web et sociales, ses enjeux sont considérables, quoi qu'on en pense, pour notre société actuelle. Autant mieux le comprendre, pour mieux l'utiliser (ou pas).

 

Les réseaux sociaux déchaînent les passions quand il s'agit d'évaluer leur utilité. Facebook, babillage chronophage ou bavardage social utile ?

 

Avant de bondir sur la vacuité des statuts Facebook, des messages et des commentaires laissés, il est bon de considérer la fonction phatique d'Internet, c'est-à-dire son rôle dans la continuité des échanges et dans l'établissement de la communication.

 

Facebook est une plateforme sociale qui dévoile une partie de nos échanges. Mais le danger vient-il de la possibilité d'un bavardage sans fin ou de l'archivage de ce bavardage ?

 

Ces échanges inconstants que l'on a sur les réseaux s'avèrent une formidable matière pour comprendre les évolutions de notre société. L'analyse des données issues de Facebook ou d'autres réseaux sociaux (comme le site relationnel OK Cupid par exemple, qui sur son blog observe très régulièrement ce que publient ses membres pour en comprendre les normes sociales) permet de porter un regard neuf sur le rôle de ces échanges, sur leur importance et surtout sur leurs significations.

 

Pour de nombreuses personnes, Facebook est le reflet de la société moderne, et permet d'observer ses évolutions. Le réseau social est un réseau de données sur la vision et la pratique de la vie telles qu'elles sont aujourd'hui. Peut-on adhérer à tout ce qui se fait sur Facebook, sous prétexte que c'est la société ? Facebook, tendance ou tendancieux ?

 

Dans son analyse sur les relations de cause à effet entre la composition des messages des statuts et l'entregent d'une personne, la Data Team de Facebook a aussi souligné l'importance de l'homogénéité des groupes (c'est-à-dire la tendance à avoir le même type de comportement que ses relations) : si le groupe auquel on appartient écrit des messages longs ou commente beaucoup, on a tendance à avoir le même comportement pour se conformer aux usages du groupe. Les sociologues ont depuis longtemps mis cela en évidence, notamment dans les pratiques adolescentes, comme l'a montré Dominique Pasquier. Mais ce n'est pas le cas seulement des plus jeunes : nous faisons groupe également parce que nous avons des pratiques similaires.

 

À quoi sert Facebook ? Entretien avec Judith Donath, fondatrice du Sociable Media Group et auteur de nombreux articles d'analyse sur les médias sociaux et l'impact social d'Internet dont elle est l'une des spécialistes.

 

La caractéristique principale du Web social, dont Facebook est l'emblème, est de lier les activités des gens sur Internet. Le média social n'est pas évident à définir, mais essayons.

 

Le principe même du média social repose sur l'action des internautes sur ce site. Relations, échanges, création de groupes... ce sont les internautes qui font vivre le média social. 

 

La vraie puissance de Facebook est incontestablement dans son potentiel à pouvoir retrouver vos amis sur les autres sites que vous utilisez. Ce n'est pas seulement voir Facebook Login - ou d'autres types d'identifiants - comme un identifiant universel, mais comme une clef d'entrée sur le Web via ses relations et ses préférences.

 

Facebook se sert de nos like pour déterminer nos goûts et personnaliser la publicité, c'est ce qu'on appelle la publicité ciblée. Mais les like de Facebook sont assez limités, les nuances manquent et il faut se rappeler que tout like est enregistré... 

 

En juillet 2010, Chris Dixon - cofondateur de Hunch, un moteur de recommandation social personnalisé - expliquait que nous allions passer de l'époque du « graphe pour les gouverner tous » à des graphes sociaux plus spécifiques, construits autour de concepts comme le goût (comme s'y essaye Hunch), la localisation (Foursquare), la confiance... Des concepts qui pourraient devenir le fondement de ce qu'on n'appelle non plus le graphe social (le réseau des gens avec lesquels vous êtes en relation), mais le graphe d'intérêt (le réseau des gens qui partagent des centres d'intérêt avec vous, mais que vous ne connaissez pas nécessairement), explique Om Malik.

 

Qu'appelle-t-on « technologies relationnelles » ? Comme le répétaient les représentants de Facebook eux-mêmes au récent Facebook Developer Garage : leur « vrai » produit n'est pas Facebook.com (le site), mais l'Open Graph (nouveau nom du Graph Social), c'est-à-dire l'infrastructure mise en place.

 

Pour les 500 millions d'utilisateurs de Facebook il semble n'y avoir qu'une manière d'accéder à Facebook : celle de se connecter sur le réseau social pour consulter son mur d'activité (le NewsFeed). Pourtant, via Facebook Connect, on a déjà vu qu'il y en avait une autre, distante, permettant d'interagir avec les services de Facebook depuis d'autres sites. Il y en a encore une autre, réservée aux services informatiques des sites qui utilisent Facebook. Cet autre accès passe par les API, les interfaces de programmation, c'est-à-dire des jeux de données ouverts qui permettent aux développeurs d'utiliser les services proposés par Facebook et qui sont l'une des clés du fonctionnement du Web 2.0.

 

Facebook, comme d'autres grands acteurs du Web particulier, propose des interfaces de programmation, API. Que sont-elles ? À quoi servent-elles ?

 

Le problème des applications, notamment sur Facebook, est qu'elles demandent le plus souvent d'avoir accès aux données de l'internaute qui souhaite l'utiliser. 

 

Les interfaces de programmations et les applications, qui sont leur corollaire, nous font entrer dans un nouveau Web ou plutôt une nouvelle étape de l'informatique. Avec d'un côté l'internet des API et de l'autre le Web des applications.

 

Les API sont la clé du Web social et du Web des données. C'est par elles que transitent les données. C'est par leur croisement que se construisent de nouveaux services et de nouvelles connaissances. Si les données sont les entrepôts d'information, nul n'y accède sans clé, et cette clé, ce sont les API.

 

Le problème des API est l'asymétrie des échanges, c'est-à-dire qu'un internaute donne beaucoup plus qu'il ne reçoit. De plus, tout internaute ne sait pas exactement ce à quoi ont accès les API...

 

Abonnez-vous à la lettre d'information La quotidienne : nos dernières actualités du jour.

!

Merci pour votre inscription.
Heureux de vous compter parmi nos lecteurs !

Cela vous intéressera aussi