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Beagle 2 : il y a encore de l'espoir !

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Une conférence de presse s'est tenue comme prévu ce matin au Beagle 2 Media Centre dans le nord de Londres. Colin Philinger, le responsable britannique de la mission, était en compagnie de David Southwood, responsable scientifique à l'ESA et d'un professeur de l'Université de Leicester. Les dernières informations concernant Beagle 2 et la recherche de son signal y ont été précisées et éclaircies.

La dernière tentative de contact ce matin avec la sonde Mars Odyssey a de nouveau échoué. Selon les scientifiques, il n'y a pour l'instant pas lieu de s'inquiéter. Bien sûr, les échecs successifs des tentatives de communication avec Beagle peuvent amener à perdre espoir. Cependant, il y a encore de l'espoir même si les premières tentatives sont décevantes ! En mettant en orbite Mars Express et en posant Beagle 2 à la surface le même soir, l'Agence Spatiale Européenne et l'équipe de Beagle 2 a voulu réaliser un véritable événement médiatique. Ce fut le cas, mais le signal de Beagle 2 se fait encore attendre...

Le professeur Colin Philinger, concepteur de l'atterrisseur, a insisté sur le fait que les moyens de communications actuellement utilisés pour rentrer en contact avec Beagle 2 étaient secondaires et avaient pour mission d'apporter le plus vite possible une confirmation de l'atterrissage aux médias. Toutefois, la sonde Mars Odyssey n'a jamais communiqué avec un atterrisseur au sol et il est possible que les deux technologies, utilisées par Beagle et Odyssey, ne soient pas totalement compatibles. De plus, la sonde américaine a rencontré quelque problème avec son système de communication lors de la tempête solaire qui l'a atteint en octobre. Colin Philinger a ainsi demandé aux ingénieurs du Jet Propulsion Laboratory à Pasadena de vérifier le bon fonctionnement de leur sonde dans les prochains jours.
Au sujet du radiotélescope géant de Jodrell Bank maintenant, il se pourrait que ses capacités ne soient pas aussi importantes qu'on le croit car aucune tentative de ce genre n'a été réalisée dans le passé, à savoir rentrer en contact depuis le télescope Lovell avec un atterrisseur de 65cm de diamètre situé sur le sol martien.

L'atterrisseur Beagle 2 sur Mars (crédit : Beagle Team)

L'atterrisseur Beagle 2 sur Mars (crédit : Beagle Team)

Le professeur Philinger a déclaré d'autre part que « le problème avec l'utilisation d'Odyssey et Jodrell est que nous pouvons seulement rechercher Beagle aux temps qui ont déjà été programmés ». Ainsi, Beagle 2 pourrait bien être capable de communiquer avec la sonde Odyssey et le télescope de Jodrell mais pas aux temps normalement prévus. L'horloge interne de l'atterrisseur aurait pu être déréglée lors de son entrée atmosphérique lorsque ses composants électroniques sont soumis à une chaleur importante ou bien à cause d'un bug informatique. Ce matin, la sonde Mars Odyssey a envoyé (dans le vide ?) un signal lors de son survol du site d'atterrissage de Beagle 2 qui commandait à Beagle 2 de remettre son horloge interne à l'heure au cas où elle ne le serait pas. « Nous ne savons pas à l'heure actuelle si l'horloge de Beagle 2 a bien reçu la commande et l'a réalisée » a déclaré le professeur Southwood. Il faudra en effet attendre le prochain survol de Mars Odyssey qui aura lieu demain de 19:57:16 à 21:17:16 pour savoir si la commande a été réceptionnée et exécutée.

D'autre part, de nouveaux moyens vont être mis en œuvre pour rechercher le petit atterrisseur ce soir. De nombreuses stations de radiotélescopes ont proposé leur aide à l'équipe de Beagle 2 pour rechercher son signal. Le radiotélescope à l'Université de Stanford aux Etats-Unis participera ce soir à la recherche du signal, ajoutant ainsi son temps d'écoute et sa sensibilité accrue au radiotélescope de Jodrell Bank.

Le largage de Beagle 2 par Mars Express (crédit ESA)

Le largage de Beagle 2 par Mars Express (crédit ESA)

David Southwood poursuit en affirmant que « nous n'avons pas encore joué toutes nos cartes ». Les scientifiques font en effet reposer tout leur espoir sur Mars Express. La sonde européenne se mettra le 30 décembre sur une orbite polaire et effectuera 5 corrections de trajectoire avant de rejoindre son orbite opérationnelle. Dès le 4 janvier, elle pourra elle aussi survoler le site d'atterrissage de Beagle 2 à la recherche d'un signal du petit lander qu'elle a porté sur son dos pendant 6 mois. Colin Philinger a déclaré aux journalistes que « Mars Express est notre meilleure chance de communication dès qu'elle sera disponible ». La sonde a été construite en même temps que Beagle 2 de sorte à ce que les deux engins soient entièrement compatibles au point de vue des systèmes de communications. David Southwood ajoute que « nous avons toujours su que ce serait une attente difficile, sachant que Beagle 2 était posé à la surface et que nous ne pourrions pas utiliser notre système de communications normal (Mars Express) », il poursuit : « donc Colin Philinger et son équipe mettent en place des alternatives que nous avons essayé - la coopération avec les Américains pour utiliser la sonde Mars Odyssey comme un moyen de communication et une utilisation du grand télescope basé au sol, Jodrell Bank, au Cheshire, en Angleterre. Ce sont des moyens alternatifs mais nous étions conscients que les médias et chacun de nous voulaient savoir le plus tôt possible comment était le Beagle 2. ... Avec Mars Express nous utiliserons un système que nous connaissons et avons entièrement mis au point ».

Lorsque Mars Express survolera Isidis Planitia le 4 janvier, toutes les oreilles du Deep Space Network, réseau mondial de paraboles géantes, seront grandes ouvertes en l'attente d'un signal de Beagle 2. Colin Philinger a conclu la conférence de presse : « Vraiment et sincèrement, nous attendons jusqu'au 4 janvier pour une véritable grande tentative de contact avec Mars Express ». Encore un peu de patience donc !

Une nouvelle conférence de presse aura lieu lundi prochain, Lord Sainsbury, ministre britannique des sciences en sera le principal intervenant. D'ici là, peut-être aurons nous un signal de Beagle 2 ? Augustin Chicarro, responsable scientifique de la mission Mars Express à l'ESA reconnaît néanmoins que « après deux à trois jours de tentatives de contact, les chances vont cependant commencer à diminuer ».

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