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Influer sur la réalité physique par la pensée

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L'un des vieux rêves de l'humanité est de pouvoir influer sur la réalité physique par la pensée. Ce fantasme de science-fiction devient réalité grâce à une équipe de chercheurs américains qui travaille sur des interfaces reliant le cerveau humain à la machine.

Les mouvements du curseur commandés par les quatre volontaires à la force de leur pensée : les couleurs indiquent la vitesse de déplacement (bleu=lent, rouge= rapide).

Jonathan Wolpaw et Dennis McFarland, tous deux chercheurs au Wadsworth Center du département de la santé de l'État de New York à Albany, ont publié dernièrement dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences les fascinants résultats de leurs recherches.

Quatre de leurs patients, dont 2 atteints de paralysie suite à une lésion de la moelle épinière, ont déplacé un curseur sur un écran d'ordinateur par la seule force de leur pensée !Ces expérimentations ouvrent d'intéressantes perspectives pour l'amélioration de l'autonomie (utilisation d'appareils à distance), de la communication (claviers virtuels) et du déplacement (moyens de locomotions mus par la pensée) des personnes handicapées. Ainsi, si la commercialisation n'est pas encore à l'ordre du jour, les avancées de Wolpaw et McFarland sont néanmoins porteuses d'espoir.

Depuis quelques mois, d'autres scientifiques étaient parvenus à des résultats semblables, mais par le biais d'une technique très invasive. Des électrodes devaient être placées directement dans le cerveau afin d'enregistrer l'activité de celui-ci. Les ondes cérébrales étaient ensuite traduites sous forme de mouvements grâce à un logiciel informatique.

Wolpaw et McFarland n'ont pas eu besoin d'ouvrir le crâne de leurs « cobayes » pour obtenir les mêmes résultats et cela principalement grâce à leur logiciel novateur de traitement de l'activité du cerveau. Ce programme informatique est capable de sélectionner les ondes cérébrales les plus fortes et ainsi de palier au problème de leur atténuation lors de leur traversée de la boîte crânienne. Ainsi, les électrodes utilisées pour l'enregistrement de l'activité du cerveau sont simplement collées sur le cuir chevelu, comme lors d'un électroencéphalogramme classique, ce qui évite une intervention chirurgicale lourde et risquée. «En termes de temps d'exécution, de précision et d'exactitude, les résultats sont comparables à ceux obtenus avec des interfaces cerveau-machine invasifs», confient les chercheurs.

Ce domaine de recherche est en pleine expansion. Alors qu'en 1999, on ne comptait que 21 laboratoires dans le monde travaillant sur le sujet, il y en a aujourd'hui plus d'une centaine. Cela semble promettre de nombreux développements pour les années à venir !

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