La centrale de Tchernobyl. © NickMo, Adobe Stock
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Tchernobyl : la surveillance de la radioactivité depuis le site n’est plus possible

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Depuis que la Russie a pris le contrôle de la centrale de Tchernobyl le 24 février 2022, les instruments de mesure de la radioactivité ont cessé de fonctionner. Un fait inquiétant d'après les autorités même si la centrale a été depuis le 31 mars rendue aux Ukrainiens.

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[EN VIDÉO] Retour à Tchernobyl 30 ans après la catastrophe  En 1986, le réacteur de Tchernobyl, en Ukraine, alors en URSS, fut l'objet d’un accident sans précédent. Lors d’un exercice, la puissance du réacteur n° 4 a augmenté jusqu’à entraîner une explosion. La chaîne Discovery Science revient sur cette tragédie dans un documentaire diffusé ce mardi 26 avril 2016, à 19 h 50, et dont voici un extrait. 

C'était il y a maintenant presque 36 ans. Le 26 avril 1986 se produisait le pire accident nucléaire que l'on n'ait jamais connu. Le réacteur numéro 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl s'emballait, menant à l'explosion de tout le bâtiment réacteur, et à la libération d'une gigantesque quantité de particules radioactives. La suite, on la connaît tous. Des milliers de personnes évacuées, des dizaines de morts, et une quantité élevée de cancers et autres conséquences sanitaires d'une exposition aux radiations. 

La centrale de Tchernobyl, aussi appelée Chernobyl, se trouve au nord de l'Ukraine. © The Conversation, CC by-nd

Depuis, le site a été mis sous clé, les éléments radioactifs enterrés ou recouverts, puis entreposés, et la ville de Prypiat et ses alentours sont devenus une zone d’exclusion. Ce sont en tout plus de 2.600 kilomètres carrés qui ont été abandonnés par toute activité humaine. Ne sont restés que quelques secteurs industriels, principalement pour contrôler et étudier l'évolution de la radioactivité de la zone et de la faune et la flore qui s'y sont réinstaller au fil des ans.

En 30 ans, la ville de Prypiat est passée d’un lieu désolé à une station touristique

Le niveau de radioactivité ayant descendu depuis la catastrophe, les visites touristiques de Tchernobyl sont autorisées depuis 2011, accompagnées de compteurs Geiger afin de contrôler en continu l'exposition radioactive. Car la dose reçue, exprimée en sievert ou microsievert (symbole μSv), atteint sur la plupart du site seulement deux à trois fois l'exposition dite « normale », donc se situe autour d'1 μSv par heure. Rappelons que la dose moyenne que l'on reçoit par an est autour de 4,5 millisieverts, et comprend l'exposition à la radioactivité naturelle, donc des rayons cosmiques et telluriques principalement, mais aussi celle artificielle, comme lors d'une radiographie des poumons.

À Tchernobyl, tout est différent, car de la radioactivité est stockée dans tout le site de la centrale, y compris dans la végétation. Ainsi, selon les aléas météorologiques, la quantité de radioactivité libérée dans l'environnement varie. De plus, sur certains points chauds, le taux de radioactivité peut grimper jusqu'à 1.000 fois le taux normal ; d'où l'intérêt des compteurs Geiger lorsque des touristes s'aventurent sur site, car la prudence s'impose.

Le 24 février dernier, les forces russes prenaient le contrôle de la centrale de Tchernobyl. © USA Today

Depuis l’invasion de la Russie, certains systèmes ne fonctionnent plus

Lorsque les Russes ont envahi la centrale et pris le contrôle des réacteurs qui sont toujours sous surveillance, la panique s'est installée : le monde a redouté un relâchement intentionnel de la radioactivité jusqu'ici contenue. Des taux élevés de radiations ont été mesurés quelques jours après l'invasion, probablement à cause de la poussière remuée par les véhicules militaires russes.

Aujourd'hui, même si le contrôle a été repris depuis le départ des troupes russes ce 31 mars, certains dysfonctionnements demeurent, et pas des moindres : ceux des appareils de mesure de la radioactivité. Ainsi, aucune information n'a été reçue sur les doses relâchées depuis le 24 février 2022.

Alors comment y remédier ? D'après les autorités, la seule solution est d'attendre que l'électricité revienne. En attendant, l'Iaea (International Atomic Energy Agency) utilise les données des autres réacteurs ukrainiens : en recoupant les mesures de chaque site, il est possible d'en déduire la quantité de radioactivité en provenance de Tchernobyl. En effet, d'après leur communiqué, « les systèmes de sûreté restent opérationnels dans les quatre centrales nucléaires ukrainiennes et elles continuent également à disposer d'une alimentation électrique hors site ».

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