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70 ans du CEA : découvrez son histoire en images

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Du 9 octobre au premier novembre, à la Cité des sciences, l'anniversaire du CEA (Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives) sera une bonne occasion de revisiter l'histoire du nucléaire en France - commencée en 1945 - et de rencontrer des chercheurs lors d'un « marathon des sciences » le samedi 10 octobre. On y parlera aussi de biotechnologie, de médecine et d'énergies renouvelables, puisque le domaine du CEA s'est notablement élargi. L'événement sera même l'occasion d'apprécier une pièce de théâtre.

La plateforme Doseo sert à étudier de nouvelles méthodes de radiothérapies et à former des étudiants. C'est un des domaines où intervient le CEA (Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives), et qui sera à découvrir dans l'exposition installée à la Cité des sciences, à Paris. © L. Godart, CEA

Jusqu'au premier novembre, le public pourra explorer une exposition de 200 m2 que la Cité des sciences, située porte de La Villette, à Paris, consacre au CEA (Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives). Après sept semaines de fermeture, imposée par le violent incendie du 20 août, l'ouverture au public coïncide avec la Fête de la science et ce 70e anniversaire du CEA.

En se promenant dans l'exposition intitulée « 7 décennies au service de la recherche et de l'innovation », on visitera les étapes du fonctionnement d'une centrale nucléaire, depuis le combustible jusqu'à la production d'électricité. Il y sera aussi question du projet Iter, pour explorer l'exploitation de la fusion nucléaire. Depuis longtemps, le CEA, initialement Commissariat à l'énergie atomique, a élargi ses missions en physique, mais aussi vers l'électronique, la chimie et la biologie. L'exposition montrera donc par exemple la complexité du stockage de l'hydrogène, les possibilités du laser Mégajoule et même un test diagnostic du virus Ébola.

Samedi 10 octobre sera le jour du Marathon des sciences. Seize scientifiques, comme l'astrophysicien Roland Lehoucq et le physicien Étienne Klein, feront le déplacement pour des miniconférences de 15 minutes, entre 11 h et 18 h. Les sujets seront éclectiques, du boson de Higgs à l'avion électrique, de la chimie verte à la cryptographie et du laser à l'observation du cerveau en train de penser.

Repos dimanche avec, de 15 h à 16 h, une pièce de théâtre, Gros grand bruyant mais fiable à 100 %, issue d'une collaboration entre la troupe Le sens des mots et des scientifiques du CEA. C'est le fruit du projet Binôme, pour une rencontre entre artistes et chercheurs. Les uns et les autres seront d'ailleurs sur scène pour discuter avec le public après la représentation.

Voir les détails sur le site des 70 ans du CEA.

Une grande exposition installée à la Cité des sciences pour découvrir des domaines plutôt éclectiques. © CEA

Quelques grandes étapes des 70 ans du CEA

C'est le 18 octobre 1945 qu'est créé le Commissariat à l’énergie atomique, sous la direction de Frédéric Joliot-Curie, prix Nobel de chimie 1935 avec sa femme Irène Joliot-Curie et alors président du CNRS. Son objectif est d'étudier les applications possibles de l'énergie nucléaire dans la production d'électricité, la défense nationale et la science.

1948 : Zoé diverge

Le pupitre de contrôle de la pile nucléaire Zoé. © Archives CEA

Le 15 décembre 1948, Joliot-Curie est à Fontenay-aux-Roses, dans la banlieue sud de Paris, pour la « divergence » de Zoé. Les physiciens du nucléaire nomment ainsi l'auto-amorçage de la réaction en chaîne. La courbe d'émission de neutrons, au moment où ceux déjà générés produisent eux-mêmes d'autres fissions de noyaux, se met alors à changer d'allure. Elle diverge.

Ce prototype de pile nucléaire, qui n'est pas destinée à produire de l'énergie (d'où le « Z » pour zéro), fonctionne à l'oxyde d'uranium (le « O ») et la réaction en chaîne est contrôlée par un grand volume d'eau lourde (le « E », enrichi d'un accent). La pile nucléaire Zoé restera en activité jusqu'en 1976 et servira à mettre au point les premiers réacteurs nucléaires français.

1963 : Cabri teste les sauts de puissance

Le réacteur expérimental Cabri en avril 2011. © G. Lesénéchal, CEA

Le 24 décembre 1963, ce petit réacteur expérimental de 25 MW diverge. Il est destiné à étudier les « excursions de puissance », augmentations brutales au-dessus du niveau de fonctionnement normal, en somme un saut de cabri. Il est installé à Cadarache, dans les Bouches-du-Rhône, près d'Aix-en-Provence. C'est alors le cinquième site créé par le CEA et il reste toujours aujourd'hui un centre de recherche important avec, entre autres, la construction d'Iter.

1967 : le Leti est créé à Grenoble

Le Leti explore des applications de l'électronique dans différents domaines et travaille également sur les nanotechnologies. © P.Stroppa, CEA

Le Laboratoire d'électronique et de technologie de l'information ouvre un nouveau domaine au CEA après la réalisation, en 1965, du premier circuit intégré français, et la croissance du service d'électronique, né en 1957. Aujourd'hui, le Leti travaille notamment sur les nanotechnologies, l'imagerie ou la santé. Le compteur des brevets affiche actuellement 2.800.

1988 : Tore Supra s’installe à Cadarache

Chantier sur le projet West, à Cadarache, à l'intérieur du tokamak Tore-Supra, en juillet 2014. © C. Roux, CEA

Tore Supra est un « tokamak », c'est-à-dire un engin en forme de tore capable de confiner en son centre un plasma très chaud. Électriquement chargé, il circule sans contact avec les parois, constamment repoussé par des aimants circulaires très puissants et constitués de supraconducteurs. Un tokamak sert à étudier les conditions nécessaires à la fusion thermonucléaire, en maintenant durant un temps suffisant une température très élevée.

2014 : le laser Mégajoule émet sa lumière

La chambre d'expérience du laser Mégajoule, alias LMJ, en cours d'installation. © P. Labeguerie, agence Free Lens, CEA

Au Cesta (Centre d'études scientifiques et techniques d'Aquitaine), près de Bordeaux, le laser Mégajoule teste la matière dans ses ultimes retranchements. Durant quelques milliardièmes de seconde, une cible de quelques millimètres reçoit une énergie lumineuse de plus d'un million de joules. Ces expériences servent à modéliser des explosions d'armes nucléaires et à étudier la fusion par confinement inertiel (des températures et des pressions très élevées sont imposées à un petit volume confiné, ici, en l'occurrence, par les rayons laser).

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