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50 ans de recherches pour le centre CEA de Saclay

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Le centre de Saclay fête ses 50 ans les 23 et 24 octobre. Pour l'occasion, politiques, prix Nobel, industriels et représentants du CEA se réunissent pour évoquer l'aventure scientifique et humaine exceptionnelle du centre, ainsi que son avenir. Claudie Haigneré, ministre déléguée à la Recherche et aux Nouvelles Technologies, participera à la cérémonie officielle d'ouverture.

Site de Saclay en 1957, le chateau d'eau et EL3 au fond. Crédit: CEA

Le 11 juillet 1944, dans une arrière salle du consulat d'Ottawa : Monsieur Jules Gueron, Monsieur Pierre Auger et Monsieur Bertrand Goldschimdt informent le Général de Gaulle d'un projet de programme nucléaire américain, et des perspectives ouvertes par la fission. Le 18 Octobre 1945, le Général de Gaulle signe l'ordonnance de création du Commissariat à l'Energie Atomique pour assurer à la France la maîtrise de l'atome et de ses applications et lui donner ainsi les moyens de devenir une grande puissance nucléaire.

Dès les premiers jours, Raoul Dautry, administrateur général et Frédéric Joliot-Curie, haut commissaire, décident de la création d'un grand centre de recherche nucléaire : il sera situé à Saclay. Le centre sera bâti sur une terre à blé ouverte à tous vents et acquises en 1947 après bien des débats locaux.

Mais devant l'urgence, et pragmatiques, les dirigeants du CEA décident de monter préalablement les premiers laboratoires dans le fort désaffecté de Châtillon, à Fontenay-aux-Roses. La première divergence de ZOE, pile atomique, est ainsi observée dès le 12 décembre 1948.

La mise en service de Saclay a lieu, quant à elle, en 1952. Et c'est le début d'une formidable période d'expansion pour le site.

A partir de là, l'histoire s'inscrit sur le sol : Saclay incarne désormais le socle de la recherche française et devient dans les années cinquante le point de passage obligé des visites royales et présidentielles : le maréchal Tito, la Reine Elisabeth d'Angleterre, le Président Coty, et bien d'autres. Le centre CEA de Saclay figure même dans le guide Michelin à partir de 1957... et le couturier Courrèges - au sommet de sa gloire - y organise son « défilé atomique » en 1970.

Plus sérieusement, le début des années soixante est marqué par le développement de la recherche fondamentale, et en particulier par l'essor de la physique des particules. En quelques années, la physique nucléaire et la neutronique deviennent, au même titre que la recherche nucléaire, des activités phares du centre de Saclay.

La crise pétrolière, dont le catalyseur est la guerre du Kippour en 1973, conduit la France à s'engager dans une politique nucléaire d'envergure et parallèlement, le CEA va profondément évoluer. Il devient alors l'artisan d'une industrie nouvelle qui prendra progressivement la pleine responsabilité de la construction des outils de production. Puis, dans les années 80, il est tout naturellement amené à élargir son champ d'intervention pour transférer ses compétences acquises sur le nucléaire vers d'autres domaines de recherche.

Le centre de Saclay reflète très précisément cette évolution. Alors même qu'il voit sa vocation de recherche fondamentale confirmée en physique et en biologie, il s'impose comme le grand centre français pour la recherche nucléaire ; toutes les disciplines collaborent dans les grands projets, et les grands équipements du nucléaire profitent aux autres applications. Pour ce qui concerne les grands équipements, on peut citer par exemple : Osiris, mis en service en 1965 pour les irradiations des matériaux ; ou Orphée, outil de recherche fondamentale, mis en service en 1980 et optimisé pour la production de faisceau de neutrons.

Ainsi, les pages d'histoire de Saclay se tournent et s'inscrivent dans les mémoires. Elles apportent à de nouvelles équipes l'expérience nécessaire pour relever les défis d'aujourd'hui.


Cinquante ans plus tard, environ 5500 personnes convergent chaque jour vers le centre de Saclay. Une majorité d'entre elles sont des scientifiques : physiciens, chimistes, biologistes, ingénieurs et techniciens, engagés dans les programmes de recherche ou d'enseignement, en charge de la sûreté des installations et de la sécurité des personnes, ou encore de la surveillance de l'environnement. Les autres personnels participent à la gestion du centre qui s'apparente à la fois à celle d'une entreprise et celle d'une ville.

Aujourd'hui, les thèmes de recherche du centre CEA de Saclay couvrent un très large spectre , dans des domaines variés : énergie nucléaire, recherche technologique, sciences de la matière, climat et environnement, sciences du vivant.

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