Alors que le rover Perseverance est en approche de la Planète rouge, les scientifiques de la Nasa préparent déjà la suite : l’arrivée des premiers colons humains sur Mars. Le principal objectif des ingénieurs étant de déterminer les régions dans lesquelles de la glace d’eau pourrait leur être accessible. 

Lorsque nos ancêtres cherchaient un endroit pour installer leurs campements et plus tard, leurs villages, ils choisissaient de préférence les abords d'une rivière. Il y a fort à parier que ceux qui coloniseront Mars adopteront une stratégie semblable. Car il n'est pas pensable d'acheminer sur la Planète rouge suffisamment d'eau pour satisfaire aux besoins des futurs colons. La ressource sera, sur Mars plus que nulle part ailleurs sur Terre, essentielle à leur survie.

C'est pourquoi les scientifiques et les ingénieurs de la Nasa travaillent depuis 2015 à identifier les gisementsgisements de glace d'eau qui pourraient être accessibles sous la surface de la Planète rouge. Et ils publient aujourd'hui -- dans le cadre du projet Subsurface Water Ice Mapping (SWIM) -- une carte détaillée des points d’eau souterrains de l'hémisphère nordhémisphère nord de Mars. Une carte qui repose sur les données de Mars Odyssey, de Mars Reconnaissance Orbiter ou encore de Mars Global Surveyor.

Le saviez-vous ?

L’eau est indispensable à la survie des futurs colons humains sur Mars. Mais elle a aussi une valeur scientifique. Car si une forme de vie microbienne persiste sur la planète rouge, elle se trouvera probablement elle aussi à proximité d’une source d’eau.

Cette carte servira de base à un travail qui sera bientôt mené par une équipe d'experts de diverses disciplines chargée d'évaluer des sites potentiels pour l'atterrissage d’humains sur la Planète rouge. Aux informations sur la présence de glace d'eau, ces experts mêleront d'autres données scientifiques et d'ingénierie.

En 2012, <em>Mars Reconnaissance Orbiter</em> a immortalisé l’impact d’une météorite qui a creusé un cratère sur Mars et exposé de la glace d’eau jusqu’alors cachée sous la surface à 43,9° de latitude nord et 204,3° de longitude est. © Université de l’Arizona, JPL-Caltech, Nasa
En 2012, Mars Reconnaissance Orbiter a immortalisé l’impact d’une météorite qui a creusé un cratère sur Mars et exposé de la glace d’eau jusqu’alors cachée sous la surface à 43,9° de latitude nord et 204,3° de longitude est. © Université de l’Arizona, JPL-Caltech, Nasa

L’eau, un critère important, mais pas le seul

La préférence des futurs colons pourrait ainsi aller à la région de l'hémisphère nord située sous la région polaire de Mars. L'équivalent de l'Europe, sur Terre. Celle qui offrirait le meilleur compromis entre la proximité de la glace d'eau -- présente du côté des pôles -- et l'accès à la lumièrelumière et à la chaleurchaleur du SoleilSoleil -- à l'équateuréquateur. D'autant que ces latitudes sont aussi favorables à l'atterrissage d'un engin spatial. Celui-ci pourrait ainsi profiter d'un frottement plus important de l'atmosphèreatmosphère martienne -- qui ne présente pas plus de 1 % de la densité de celle de notre Terre -- pour se ralentir.

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L'objectif du projet SWIM est donc principalement de tracer la ligne de la limite de la présence de glace d'eau en direction de l'équateur. Le tout à partir d'instruments qui n'ont pas été conçus pour cela. Et qui ne peuvent pas faire plus que suggérer la présence d'eau grâce à des relevés de propriétés physiquesphysiques comme la concentration en hydrogènehydrogène, la vitessevitesse des ondes radar ou la vitesse à laquelle la température peut changer en surface.

La NasaNasa envisage désormais d'envoyer une nouvelle mission vers Mars en ciblant particulièrement les régions les plus intéressantes pointées sur la carte du SWIM. Celles où de la glace d'eau est présente dans les couches supérieures du sous-sol martien. Les ingénieurs ont aussi besoin de plus d'informations sur la composition de la couche de roche qui recouvre ladite eau. Afin de déterminer quels outils permettront d'y accéder. Des missions qui devraient se dérouler au cours des années 2020 si nous espérons envoyer les premiers colons sur Mars dans les années 2030.