Cette année 2020 est une année bissextile. Pour continuer à suivre le cycle des saisons, il lui est ajouté un jour, le 29 février. Mais qu’en sera-t-il lorsque nous serons établis sur Mars ? Comment parviendrons-nous à fixer un calendrier ? Certains ont déjà des réponses.


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    Samedi dernier, notre calendrier marquait le 29 février. Une date qui n'arrive qu'une fois tous les quatre ans. Parce que pour faire un tour complet du Soleil, notre Terre ne met pas un nombre entier de jours. Il lui faut 365,2422 fois 24 heures. Ainsi chaque année civile se termine avec environ un quart de jour de retard. Un retard rattrapé, tous les quatre ans - les années divisibles par quatre, justement -, par l'ajout d'un jour à notre calendrier.

    Le saviez-vous ?

    Ajouter un jour à notre calendrier tous les quatre ans n’est pas une solution parfaite pour rester en phase avec le Soleil. Car 365,2422 jours, ce n’est pas exactement 365,25 jours ou 365 jours et quart. Il a donc été décidé au XVIe siècle que les années divisibles par 100 ne seraient pas bissextiles. Sauf si elles sont en même temps divisibles par 400. Ainsi l’an 2000 était bissextil, mais 1900 ne l’était pas. 2100 ne le sera pas non plus.

    Qu'en sera-t-il sur Mars ? Pour l'heure, deux solutions sont adoptées par les scientifiques qui travaillent en lien avec la Planète rouge. Certains comptent tout simplement les jours martiens écoulés depuis le début de la mission. D'autres gardent la trace de Mars sur son orbite à ce moment-là. Mais avec les projets de plus en plus nombreux d'établir des bases humaines sur Mars, se posera bientôt aussi la question de la forme que pourrait prendre un véritable calendrier martien.

    Rappelons que l'année martienne compte 668,6 jours. Là non plus, pas de compte rond. Et opter pour une année civile de 668 jours mènerait rapidement à un décalage avec les saisonssaisons. Mais les chercheurs ont déjà commencé à imaginer des solutions.

    Sur Terre, le 29 février que nous ajoutons tous les 4 ans nous aide à rester en phase avec le cycle des saisons. Sur Mars, il faudra trouver un système similaire. © NewFabrika, Adobe Stock
    Sur Terre, le 29 février que nous ajoutons tous les 4 ans nous aide à rester en phase avec le cycle des saisons. Sur Mars, il faudra trouver un système similaire. © NewFabrika, Adobe Stock

    Plusieurs solutions de calendrier martien envisagées

    Dès 1985, Thomas Gangale, un expert en droit de l’espace, a proposé de découper l'année martienne en 24 mois de chacun 27 - tous les cinquièmes mois - ou 28 jours martiens. Il a même suggéré des noms à donner à ces mois, alternativement en latin ou en sanskrit : Sagittarius, Dhanus, Capricornus, Makara, etc. Et pour assurer la correspondance avec la course de Mars autour du Soleil, il envisage des années paires à 668 jours - sauf celles divisibles par dix - et des années impaires à 669 jours. Ce calendrier est connu sous le nom de calendrier darien.

    Un chercheur de la Nasa retraité, de son côté, Michael Allison, propose un calendrier martien divisé en 22 mois de 30 ou 31 jours. Pour plus de similitudes avec notre calendrier terrestre, il conserve nos douze mois et y ajoute un mois Johannes KeplerJohannes Kepler ou encore un mois Ray Bradbury. Au final, une année de 668 jours qui se verrait allongée de trois jours toutes les années divisibles par cinq.

    Des systèmes qui peuvent nous sembler compliqués, mais qui ne le sont en rien comparés aux difficultés que l'on pourrait rencontrer à établir des calendriers sur d'autres planètes de notre Système solaire. Sur JupiterJupiter, la période de rotation dépend de la latitudelatitude à laquelle on se place. Et sur VénusVénus, le jour est plus long que l'année. Seule exception notable : Mercure. La planète tourne exactement trois fois sur elle-même pendant qu'elle fait deux tours du Soleil.