« Michael Faraday et les spectaculaires conférences de Noël » est le treizième épisode inédit de Chasseurs de Science. © John Watkins, Alexander Blaikley
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Podcast : Michael Faraday et les spectaculaires conférences de Noël

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Dans ce treizième épisode de Chasseurs de Science, plongez-vous dans l'ambiance d'un Noël scientifique typiquement victorien aux côtés du célèbre Michael Faraday.

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L'époque victorienne forme ce que l'on pourrait appeler le premier âge d'or de la vulgarisation scientifique. Durant cette époque où les sciences offraient la promesse d'un avenir meilleur, de nombreux livres populaires paraissent, des conférences sont organisées et, surtout, Noël prend une tournure inédite, devenant une célébration du progrès à part entière. Des expositions, des démonstrations, des spectacles et des cadeaux à thématique scientifique apparaissent et captivent le public. Les scientifiques eux-mêmes deviennent des figures populaires que l'on retrouve jusque dans les œuvres de fiction de Jules Verne ou de Charles Dickens. Parmi ces personnages, un en particulier a marqué l'histoire : Michael Faraday. 

« Michael Faraday et les spectaculaires conférences de Noël » est le treizième épisode inédit de notre podcast sur les traces des aventuriers de la science. Découvrez-le dès à présent sur vos plateformes de podcast favorites.

Michael Faraday et les conférences de Noël

Michael Faraday fut l'un des plus grands scientifiques du XIXe siècle. Doté d'un esprit génial assorti à un enthousiasme enfantin, ce chimiste, inventeur et explorateur des domaines liés à l'électricité a su faire progresser la science de son époque comme nul autre. Né en 1791, il est le père de la dynamo et de l'un des tout premiers moteurs électriques ; il invente la cage de Faraday et les mots électrode, ion, ou encore électrolyse ; il étudie avec une curiosité insatiable le monde qui l'entoure. En 1824, il initie les conférences de Noël de la Royal Institution, que nous vous proposons de revivre pour un moment dans ce nouvel épisode de Chasseurs de sciences. 

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Transcription du podcast

Bienvenue dans Chasseurs de science, un podcast produit par Futura. Je m'appelle Emma, et je serai votre guide temporelle au cours de cette excursion. Aujourd'hui, nous célébrons Noël comme les Victoriens, avec une conférence scientifique animée par l'un des plus brillants esprits du XIXe siècle : Michael Faraday. Vous écoutez Chasseurs de sciences, si ce podcast vous plaît, n'hésitez pas à nous soutenir en le partageant sur les réseaux sociaux et en nous laissant une note sur les plateformes de diffusion.

L'excitation dans l'amphithéâtre est à son comble. Scientifiques, familles, journalistes et membres de l'élite se sont tous réunis à la Royal Institution en ce soir de Noël pour assister à une présentation exceptionnelle, animée par nul autre que le célèbre Michael Faraday. Près d'un millier de paires d'yeux brillants sont rivées sur le jeune chimiste, debout devant une table recouverte d'objets tous plus étranges les uns que les autres. Avec un sens du spectacle indiscutable et un enthousiasme proprement enfantin, il vient de leur exposer pendant plus d'une heure les principes fondamentaux de la chimie, de remplir des bulles de savon de toutes sortes de gaz et de leur poser toutes sortes de questions sur le fonctionnement du monde. Aux côtés de leurs parents, les bambins jubilent et boivent chacune des paroles du grand scientifique redevenu enfant pour la soirée. Jamais les sciences ne leur ont paru aussi simples, claires et incroyablement divertissantes. La conférence se conclut dans un tonnerre d'applaudissements

Michael voit le jour en 1791, dans une atmosphère d'ébullition intellectuelle et scientifique.  Enfant du siècle des Lumières mais aussi d'une famille d'origine modeste, cet esprit curieux au corps frêle sait que sa meilleure chance réside dans ce que l'école publique de son village aura à lui enseigner. Malheureusement, le jeune garçon est affligé d'un trouble de l'élocution qui l'empêche de prononcer jusqu'à son propre nom.

Fawaday. Je m'appelle Michael Fawaday.

Ce handicap, ainsi que la philosophie de l'époque en matière d'éducation, lui valent de nombreuses remontrances, et, un jour, Michael est battu si violemment par son institutrice que sa mère décide de le retirer de l'école.
Il grandit dans un foyer aimant, mais il lui faudra plus que cela pour garantir son avenir. À l'âge de 13 ans, il distribue des journaux pour le compte de George Riebau, un maître relieur établi à Londres, et deux ans plus tard, il signe un contrat d'apprentissage avec ce dernier. Soudain, le jeune Faraday est entouré de plus de livres qu'il n'en a vu de sa courte vie. Il parcourt avec avidité les volumes qui passent entre ses mains, ébloui par la quantité de savoir et de sagesse que ceux-ci ont à livrer. Il s'abîme dans l'exploration de l'Encyclopédie britannique, où les articles sur l'électricité agissent tels des aimants sur son intellect.
Mais surtout, il se perd dans les pages de Conversations sur la Chimie. L'ouvrage est rédigé par Jane Marcet, une auteure de sciences populaires engagée dans l'éducation des femmes et des publics les moins érudits. Il connaît à l'époque un remarquable succès avec pas moins de 16 éditions en Angleterre seulement, et marque un tournant dans la vie de Faraday. Il racontera plus tard :

Lorsque j'ai fait la connaissance personnelle de Mme Marcet, combien de fois ai-je laissé mes pensées vagabonder en arrière, ravi de connecter le passé et le présent ! Combien de fois ai-je pensé à ma première instructrice lorsque je lui envoyais un article en gage de ma gratitude.

Il explique :

J'étais une personne très enjouée et imaginative, et je pouvais croire aux Mille et Une Nuits aussi facilement qu'à ce que disait l'Encyclopédie. Mais les faits étaient importants pour moi et ce sont eux qui m'ont sauvé... Alors quand j'ai mis à l'épreuve le contenu du livre de Mme Marcet avec les petites expériences que je parvenais à réaliser, et que j'ai trouvé qu'il était fidèle aux faits tels que je les comprenais, j'ai senti que j'avais trouvé une ancre dans la connaissance de la chimie et je m'y suis accroché.

De là découle ma profonde vénération pour Mme Marcet, en tant que personne capable de transmettre à l'esprit jeune, non instruit et curieux, les vérités et les principes de ces domaines illimités de la connaissance qui concernent les choses naturelles.

Aiguillonné par ces lectures, Michael, désormais âgé de 20 ans, se rend dès la fin de son apprentissage à plusieurs conférences du chimiste Sir Humphry Davy. Autre grande figure de son temps, le scientifique est aussi génial qu'il est extravagant, et étudie de nombreux domaines comme la chimie, l'électricité, l'ingénierie, ou même le gaz hilarant, qui lui vaudra sa renommée au début du XIXe siècle. Il remarque rapidement l'esprit brillant de Faraday lorsque celui-ci lui fait suivre un ouvrage de 300 pages basé sur les notes prises durant ses conférences, et le recrute immédiatement comme assistant à la Royal Institution.
Il ne faudra que treize années au jeune autodidacte pour y devenir directeur de laboratoire, puis professeur en 1833. Faraday exulte, s'exalte, excelle. Il commence par découvrir le benzène dans des gisements de houille, puis, grâce à un appareil simple et ingénieux, parvient à liquéfier la quasi-totalité des gaz connus de son époque. Il poursuit en complétant les théories d'Ampère sur l'électromagnétisme, pose les fondations du moteur électrique, et invente la première dynamo. On lui doit les termes d'électrode, d'ion ou encore d'électrolyse, ainsi que la célèbre cage de Faraday, qui porte son nom. Alors que l'engouement pour la science populaire ne fait qu'accroître, il devient une sorte de super star parmi ses pairs mais aussi pour le public.
En effet, au milieu du siècle les Victoriens ne jurent plus que par la science, et ce en particulier... durant les fêtes. Devenue symbole de développement technologique et de progrès social, elle incarne l'espoir et inspire toutes sortes de manifestations à l'arrivée de Noël. Des expositions étonnantes, des démonstrations époustouflantes, des cadeaux scientifiques ébouriffants et des spectacles de pantomime bourrés d'effets spéciaux et d'illusions d'optique émergent et captivent les foules. Les performances sont généralement suivies ou accompagnées de conférences scientifiques visant à décrypter tel phénomène ou tel tour de passe-passe, auxquelles assistent parents, passants et enfants. 
La correspondance de l'auteur Charles Dickens suggère que celui-ci se serait inspiré de Faraday lui-même pour créer le personnage du professeur au centre de son dernier ouvrage L'Homme hanté. L'adaptation de ce dernier au théâtre connaît un succès retentissant, en particulier grâce au jeu de miroirs qui donne l'illusion de la présence d'un véritable fantôme sur scène.
Quant à Faraday, il initie en 1825 la tradition bientôt bicentenaire des conférences de Noël, tenues chaque année à la Royal Institution pour le plus grand plaisir des petits curieux. Une fois de plus, le grand scientifique qu'il est devenu regarde en arrière, au temps où il n'était qu'un jeune garçon feuilletant les pages d'un ouvrage de chimie populaire. Il songe à l'émerveillement qu'il a ressenti et ressent encore à chaque fois qu'il se plonge avec passion dans ses expériences. Il repense à ses parents, à Jane Marcet, à Humphry Davy, et à tous ceux qui ont su nourrir et sublimer le feu qui brûle en lui. Avec ces conférences, avec cet héritage, il espère rendre au centuple ce qui lui a été donné, et inspirer de nouvelles générations d'enfants qui ignorent peut-être encore combien ils ont à apporter au monde.

Merci d'avoir écouté Chasseurs de science. La musique de cet épisode a été composée par Frank Sc. Au texte et à la narration : Emma Hollen. Merci à Nino, qui prête sa voix au jeune Michael, et à Pierre Henriquet du compte Twitter astropierre, qui prête la sienne à Faraday adulte. Saluons également les performances de Camille, Erwan, Hortense, Kessi, Léonard, Maëlie, Matilda, Nathanaël et Salim.
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