Avec sa nouvelle licence baptisée Starfield, le studio de développement américain Bethesda entend bien secouer le genre de l'action-RPG spatial avec un jeu dense et complet. Mais l'histoire du jeu vidéo a bien démontré que l'immensité de l'espace peut s'avérer particulièrement compliquée à restituer…


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    Pour les possesseurs de PCPC et de Xbox, Bethesda frappe fort en cette rentrée 2023 avec une nouvelle licence : Starfield. Propulsant le joueur à environ 50 années-lumière du Système solaire, au XXIVe siècle, les promesses du nouveau bébé de Todd Howard (le « patron » des studios Bethesda) semblaient impressionnantes lors de son annonce, en 2018. Un monde ouvert, offrant au joueur des centaines de planètes à explorer au gré de ses envies, le tout piloté par un système de quête immersif et novateur. Mais, au fil des années, plusieurs titres attendus se sont cassé les dents sur la thématique très (ou trop) dense de la conquête spatiale.

    <em>Starfield</em> a parfois de l'allure et sa direction artistique prend soin à restituer la grandeur de certains environnements, fictifs ou non. © Bethesda
    Starfield a parfois de l'allure et sa direction artistique prend soin à restituer la grandeur de certains environnements, fictifs ou non. © Bethesda

    Espace et jeu vidéo : la folie des grandeurs

    Pour le moment, l'accueil de Starfield apparaît mitigé. Si le jeu contient bien un peu plus de mille planètes à parcourir, la plupart sont délimitées par un système de zones. Bien que les étendues proposées soient appréciables à découvrir, le jeu en devient relativement dirigiste. D'un point de vue technique, Starfield accumule les poncifs propres à Bethesda. Il peut parfois être véritablement beau, et parfois résolument laid et techniquement à la traîne. Côté histoire, la nouvelle licence du studio américain s'en sort avec les honneurs. Les premières heures sont quelque peu laborieuses mais le titre déploie ses capacités narratives, sur fond de conquête de systèmes planétaires et de conflits de factions.

    Dans l'absolu, Starfield ne révolutionne pas le genre du jeu vidéo et moins encore moins le genre du RPG spatial. Depuis Spacewar!, créé en 1962 par des étudiants du MIT, de nombreux développeurs se sont appliqués à modéliser les confins du cosmoscosmos sur des écrans d'ordinateurs et de télévisions. Modéliser le vide spatial et son infinité de systèmes stellaires et planétaires est complexe, plusieurs studios en ont fait les frais. No Man's Sky, après de multiples mises à jour, est devenu un jeu indépendant à succès. Sorti en 2016 après des démonstrations réussies, le jeu promettait des univers générés procéduralement. Des millions voire des milliards de planètes exploitables par chaque joueur. Mais lorsque le jeu arrive sur les étals, c'est la douche froide : impersonnel, sans trame de fond, perclus de bugsbugs et surtout extrêmement répétitif. Explorer des milliards de planètes, certes. Mais quel en est l'intérêt si elles se ressemblent toutes ?

    Sorti en 2016, <em>No Man's Sky</em> a fait rêver de nombreux joueurs en promettant des univers immenses grâce à une génération procédurale. Il aura fallu attendre quelques années avant d'obtenir le résultat escompté. © Xbox, Hello Games
    Sorti en 2016, No Man's Sky a fait rêver de nombreux joueurs en promettant des univers immenses grâce à une génération procédurale. Il aura fallu attendre quelques années avant d'obtenir le résultat escompté. © Xbox, Hello Games

    Dresser des frontières pour plus d’immersion

    Le constat est similaire dans d'autres jeux du même genre, comme Elite Dangerous, dans lesquels l'exploration peut sembler fastidieuse. Certains jeux, parfois conspués, n'arrivent pas à s'extirper du cycle de développement tant la tâche semble immense. On pense notamment à Star Citizen, dont le premier module jouable est paru en 2013... Et qui n'est, pour l'heure, toujours pas achevé. D'autres éditeurs ont trouvé la parade afin d'offrir le vertige cosmique aux joueurs. Nul besoin de générer une infinité de planètes jumelles, mais de resserrer le cadre pour se concentrer sur des systèmes planétaires et galactiques précis. C'est le cas de la saga Mass Effect, ayant débuté en 2007 et qui a acquis un statut culte auprès des fans de science-fiction spatiale, en misant particulièrement sur l'histoire et les interactions entre les personnages. L'espace peut aussi adopter un pendant plus stratégique, comme dans Stellaris, dans lequel le joueur incarne un dirigeant à la tête d'une faction dont l'objectif suprême est évidemment la conquête d'autres systèmes.

    Concernant Starfield, le jeu semble d'ores et déjà être un succès commercial. Nul doute que Bethesda continuera d'alimenter son jeu en contenu. Pour en faire, peut-être, l'une des nouvelles références de l'exploration spatiale ?