Si toute stimulation cérébrale est bénéfique pour prévenir le déclin cognitif lié à l’âge, des chercheurs américains présentent des résultats inattendus. Selon leur étude, la pratique des mots croisés présente un avantage par rapport aux jeux informatisés sur la mémoire de personnes âgées souffrant de troubles cognitifs légers.

De précédentes études suggèrent que l'entraînement aux mots croisés peut améliorer la cognition chez les personnes atteintes de troubles physiquesphysiques et cognitifs. Toutefois, l'efficacité de l'entraînement cognitif chez les patients atteints de déficience cognitive légère (DCL) n'était pas claire.

Chez les personnes âgées, la DCL confère un risque accru de progression vers la démencedémence, et en particulier la maladie d'Alzheimer, d'où l'importance de l'évaluer. « La poursuite de la recherche pour mettre à l'échelle l'entraînement cérébral en tant que thérapie numériquenumérique à domicile pour retarder la maladie d'Alzheimer devrait être une priorité dans le domaine », a déclaré le Dr Devanand, coauteur d'une nouvelle étude menée par des chercheurs de l'Université ColumbiaColumbia et de l'Université Duke, et publiée dans la revue NEJM Evidence.

Pour la première fois, l'étude montre que la pratique des mots croisés présente un bénéfice par rapport aux jeux de mémoire (tous deux informatisés) pour améliorer la fonction de mémoire chez les personnes âgées souffrant de troubles cognitifs légers. Pour parvenir à ce résultat, les chercheurs ont demandé à 107 personnes atteintes de DCL (71 ans en moyenne ; 58 % de femmes) de s'entraîner soit aux mots croisés sur InternetInternet, soit à des jeux de mémoire informatisés. À domicile, elles ont effectué ces entraînements pendant 12 semaines, suivis de six séances de rappel jusqu'à un an et demi après le début de l'étude.

L'étude de Columbia-Duke montre que les amateurs de mots-croisés, comparés aux joueurs de jeux cognitifs, ont montré une plus grande amélioration de l'engagement et moins de rétrécissement du cerveau. © <em>Columbia University</em>
L'étude de Columbia-Duke montre que les amateurs de mots-croisés, comparés aux joueurs de jeux cognitifs, ont montré une plus grande amélioration de l'engagement et moins de rétrécissement du cerveau. © Columbia University

Une triple amélioration

Les chercheurs ont constaté une triple amélioration, en particulier chez les personnes entraînées aux mots-croisés : sur le plan cognitif, dans les activités quotidiennes et dans la neuroprotection. En effet, les changements du volumevolume de l'hippocampe et de l'épaisseur corticale (du cerveau) ont été évalués à l'IRMIRM ; le rétrécissement du cerveau était moins important pour les joueurs de mots-croisés après 78 semaines.

Concernant la mesure principale des résultats cognitifs, la pratique des mots-croisés était davantage bénéfique que les jeux informatisés, à 12 semaines comme à 78 semaines. Cependant, si les mots-croisés présentaient un avantage pour les participants à un stade plus avancé de la maladie, les chercheurs rapportent que les deux formes d'entraînement étaient aussi efficaces à un stade plus précoce.

Des résultats encourageants à reproduire dans un essai contrôlé de plus grande taille

Il faut noter qu'avant la recherche, les auteurs avaient émis l'hypothèse inverse : « Les jeux ayant démontré leur efficacité chez des personnes âgées cognitivement intactes, nous avons émis l'hypothèse que les jeux seraient également plus efficaces que les mots-croisés en termes de résultats cognitifs et fonctionnels chez les patients atteints de DCL ». Selon eux, ces résultats inattendus pourraient s'expliquer par le fait que les participants atteints de DCL avancé ont peut-être trouvé les jeux trop difficiles à comprendre et à exécuter. En revanche, la plupart des adultes âgés sont familiers avec les mots croisés qui étaient de difficulté moyenne dans l'étude.

S'il y a eu peu d'abandons de la part des participants au cours de l'étude, les auteurs regrettent la faible taille de l'échantillon ainsi que l'absence d'un groupe témoin sans entraînement cognitif.