Pour aider les pays en accélération ou en développement, aujourd'hui cloués au sol, à accéder à l'espace, le Bureau des affaires spatiales de l’ONU va réserver un vol du Dream Chaser, de Sierra Nevada.

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    L'ambitieux projet martien de SpaceX n'a pas été la seule annonce du 67e congrès international d'astronautique qui s'est tenu en septembre dans la cité mexicaine de Guadalajara. Le Bureau des affaires spatiales de l'ONU (UNOOSA) a profité de cette réunion pour officialiser sa première mission spatiale à bord du Dream Chaser, de l'entreprise Sierra Nevada. Cette petite navette, peu connue du grand public, est le troisième système de transport sélectionné par la Nasa pour le ravitaillement de l’ISS pour la période 2019-2024, en complément du Dragon de SpaceXSpaceX et du Cygnus d'Orbital-ATK.

    
Cette mission spatiale de l'ONU est prévue en 2021. Elle consistera en un vol en orbite basse de deux semaines sans qu'il soit prévu un amarrage à la Station spatiale internationale. Les charges utiles qui voleront à bord du Dream Chaser seront sélectionnées début 2018 afin que les équipes développant ces projets aient suffisamment de temps pour les construire.

    Sierra Nevada a perdu le contrat de transport d'astronautes américains entre la Terre et la Station mais la Nasa utilisera la petite navette de cette entreprise pour ravitailler le complexe orbital. En plus de ces missions, cet engin sera commercialisé auprès de différents acteurs du secteur, dont le Bureau des affaires spatiales de l'ONU qui l'utilisera en 2021. © Sierra Nevada

    Sierra Nevada a perdu le contrat de transport d'astronautes américains entre la Terre et la Station mais la Nasa utilisera la petite navette de cette entreprise pour ravitailler le complexe orbital. En plus de ces missions, cet engin sera commercialisé auprès de différents acteurs du secteur, dont le Bureau des affaires spatiales de l'ONU qui l'utilisera en 2021. © Sierra Nevada

    Faciliter l'accès à l'espace des pays émergents

    Comme le souligne Simonetta Di Pippo, directrice de l'UNOOSA, au-delà des expériences qui voleront, « cette mission a surtout pour objectif de permettre aux États membres de l'ONU de mener des recherches qui ne peuvent pas être réalisées sur la Terre ». Cette opportunité sera ouverte à toutes les nations mais, bien sûr, la priorité sera « donnée aux pays qui ne possèdent pas de capacités d'accès à l'espace ou qui rencontrent des difficultés de financement pour des projets jugés intéressants ou opportuns ». Quant au coût du vol et à son financement, Sierra Nevada et l'UNOOSA ne se sont pas attardés sur ce sujet, expliquant que la mission sera financée par plusieurs sources, dont le pays concerné et peut-être le secteur privé.

    Cette annonce est rapprochée d'autres accords de coopération qui s'inscrivent dans le cadre de l'Initiative sur la présence humaine dans l’espace, lancée en 2010 au titre du Programme des Nations Unies pour les applications des techniques spatiales. « Nous voulions offrir, surtout aux pays en développement, la possibilité d'accéder à l'espace dans des conditions de microgravité. »

    Outre la mission Dream Chaser, cette initiative comprend deux autres projets avec la Chine et le Japon. Deux accords de coopération ont été signés avec la Chine, qui prévoient que les États membres de l'ONU puissent mener des expériences à bord de la future station spatiale chinoise, et même qu'ils aient la possibilité de réaliser des vols habitésvols habités et de participer à certains programmes chinois.

    Enfin, en coopération avec l'Agence spatiale japonaiseAgence spatiale japonaise (Jaxa), l'UNOOSA s'est engagée dans le programme KiboCube. Ce programme a pour but d'offrir aux établissements d'enseignement et de recherche des pays en développement la possibilité de déployer des satellites miniatures, au format CubeSat, qui seront déployés à partir du module Kibo de la Station spatialeStation spatiale. En août, l'UNOOSA et la Jaxa ont sélectionné une équipe de l'université de Nairobi pour être la première à bénéficier de ce programme. Cette équipe prévoit d'utiliser son KiboCube comme banc de test des technologies qu'elle a développées pour le lancement futur d'un satellite d'observation de la Terreobservation de la Terre.