La comète C/2016 R2 Panstarrs et son impressionnante queue en spirale. Photo prise par Damian Peach, le 20 janvier 2018. © Damian Peach

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La surprenante comète C/2016 R2 Panstarrs en images

ActualitéClassé sous :Astronomie , comète Panstarrs , comète Ison

Avec sa longue chevelure bleue et une activité croissante, la comète C/2016 R2 séduit les astronomes amateurs et les astrophotographes du monde entier. Une comète décidément pleine de surprise et très photogénique. En voici quelques portraits.

Une très belle comète se promène en ce moment dans le Système solaire interne. Nommée C/2016 R2 Panstarrs — on peut aussi l'appeler R2 pour faire court —, elle a été découverte par le télescope Panstarrs (Panoramic Survey Telescope and Rapid Response System) à Haleakalā, Hawaï, le 7 septembre 2016.

L'astre glacé vient de si loin, dans les confins de notre système planétaire, qu'il lui faut plus de 10.000 ans pour faire le chemin jusqu'à notre étoile. Selon la Nasa, sa période orbitale est de 20.228 ans. Il faudra donc patienter autant d'années pour la voir à nouveau... enfin, si elle survit à cette incursion dans le quartier le plus chaud du Système solaire.

La comète C/2016 R2 toute en majesté, le 10 janvier 2018. © Gerald Rhemann via Spaceweather

Une comète aux cheveux bleus très photogénique

La comète atteindra le point de son orbite le plus proche du Soleil (périhélie) le 9 mai prochain. Son activité va donc continuer de croître et étoffer sa superbe chevelure bleue. Mais en même temps, R2 s'éloigne de plus en plus de la Terre près de laquelle elle est passée le 23 décembre 2017 (assez loin, à 307 millions de kilomètres). Actuellement de magnitude 13, la comète n'est pas visible dans des jumelles et encore moins à l'œil nu. Des lunettes ou des télescopes sont donc nécessaires pour l'observer.

C/2016 R2 est très photogénique et plusieurs astrophotographes de grands talents qui la suivent de près depuis des semaines nous en offrent des images d'une beauté stupéfiante.

Gerald Rhemann et Michael Jäger sont deux astrophotographes chevronnés chasseurs de comètes qui officient sous le ciel d’Autriche. Voici un de leur portrait de la comète C/2016 R2. Ils l’ont surnommée méduse. La comète danse, les cheveux au vent solaire. Photo prise le 19 janvier 2018. Autre animation à voir aussi ici. © Gerald Rhemann, Michael Jäger via Spaceweather
Gerald Rhemann et Michael Jäger sont deux astrophotographes chevronnés chasseurs de comètes qui officient sous le ciel d’Autriche. Voici un de leur portrait de la comète C/2016 R2. Ils l’ont surnommée méduse. La comète danse, les cheveux au vent solaire. Photo prise le 19 janvier 2018. Autre animation à voir aussi ici. © Gerald Rhemann, Michael Jäger via Spaceweather

C'est une comète panachée et très bleue filant devant les étoiles que l'on découvre. Sa couleur, chez elle très marquée, trahit la présence abondante de monoxyde de carbone (CO) dans ses glaces. Et plus elle s'approche du Soleil, plus elle est éclatante et libère de ce gaz dans de grandes effusions qui se prolongent sur des centaines de milliers de kilomètres. Des embardées et des poussées de fièvre qui rendent l'objet céleste encore plus beau et fascinant. À cela s'ajoutent les effets de la rotation de l'astre qui tord ce flux de gaz ionisé. Un spectacle magnifique que l'on aimerait bien pouvoir admirer directement.

En ce début de mois de février, C/2016 R2 se balade dans le Taureau, juste entre les Hyades, qui forment sa tête, et les Pléiades. Progressivement, R2 se dirige vers le Cocher et la brillante Capella (pour le premier mai), puis traversera les constellations du Lynx et de la Grande Ourse.

C/2016 R2 devant des étoiles du Taureau. Photo prise le 4 février 2018. © Rolando Ligustri via Spaceweather

Ci-dessous un article traitant d'une autre comète, elle aussi observée par Panstarrs.

Pour en savoir plus

En image : la comète Panstarrs dans le ciel français

Article de Jean-Baptiste Feldmann publié le 15 mars 2013

C'est la première belle comète de l'année visible depuis l'hémisphère nord. Les astronomes amateurs n'ont donc pas manqué le rendez-vous avec Panstarrs, même si une fois encore la météo leur a joué des tours.

Elle n'a rien de la splendeur de la comète Hyakutake en 1996 ou Hale-Bopp en 1997, et n'offre pas l'éclat qu'on attend de la comète Ison en fin d'année, et pourtant les amoureux des spectacles célestes n'ont d'yeux que pour la comète Panstarrs depuis quelques jours.

Après avoir assuré le spectacle dans le ciel de l'hémisphère sud aux côtés de la comète Lemmon, Panstarrs est désormais observable en France depuis le 12 mars, deux jours après son passage au périhélie à 45 millions de km du Soleil.

Le 12 mars, le ciel de la région de Béthune se dégageait après de fortes chutes de neige, révélant la comète Panstarrs, à gauche légèrement en haut, et un très fin croissant de Lune, en bas à droite. © Sylvain Wallart

Cette comète numérotée C/2011 L4 a été découverte le 6 juin 2011 par l'astronome Richard Wainscoat, qui utilisait un télescope de 1,8 mètre de diamètre consacré au programme de recherche Panstarrs (Panoramic Survey Telescope and Rapid Response System). On estime que cette comète a quitté le nuage d'Oort il y a plusieurs millions d'années et que son passage à proximité du Soleil va raccourcir sa période orbitale à 110.000 ans.

Dans les jours qui viennent, la comète Panstarrs va peu à peu s'éloigner de l'horizon tout en se dirigeant vers le nord. © Bob King

Panstarrs bien visible... pour les connaisseurs

La comète Panstarrs est devenue accessible aux télescopes des astronomes amateurs à partir du mois de mai 2012 et en octobre, la taille de sa chevelure était estimée à 120.000 km de long. C'est en février 2013 que sa montée en éclat a permis de la suivre aux jumelles dans l'hémisphère sud où début mars, certains observateurs disposant d'un ciel particulièrement pur ont signalé sa détection à l'œil nu.

Désormais visible depuis la France, Panstarrs ne sera pas une comète mémorable pour le grand public : même si sa magnitude de 1,5 peut laisser penser qu'il s'agit d'un objet céleste assez lumineux, sa position dans les lumières du couchant rend son repérage très difficile sans une paire de jumelles. Ce sont donc les astrophotographes aguerris qui vont lui tirer le portrait dans les semaines qui viennent. Ils ont déjà commencé à le faire, et vous pouvez découvrir leurs images sur notre forum d'astronomie.

La comète Panstarrs saisie en Bourgogne le soir du 13 mars juste au-dessus de l'horizon ouest. © Jean-Baptiste Feldmann

S'éloignant petit à petit de notre étoile sur l'horizon nord-ouest, la comète Panstarrs perdra peu à peu de son éclat. Le 6 avril, elle sera observable à proximité de Messier 31, la galaxie d'Andromède. Ce sera l'occasion de réaliser de très belles images pour les astronomes amateurs bien équipés.

Puis Panstarrs continuera de s'éloigner. Devenant peu à peu invisible, elle poursuivra un très long voyage qui ne la ramènera pas à proximité de la Terre avant plus de mille siècles. Elle aura été pour les astronomes une répétition générale avant l'arrivée de la comète Ison l'automne prochain.

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