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Des saisons sur Triton, un des satellites de Neptune

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Aux confins du Système solaire, à plus de 4 milliards de kilomètres de nous, l'action du Soleil se fait encore sentir. Le VLT a observé des variations saisonnières sur Triton.

Cette vue d'artiste montre la surface de Triton modelée par le cryovolcanisme. Une atmosphère d'azote très ténue est enrichie par du méthane et du monoxyde de carbone libérés par sublimation, un phénomène bien présent malgré l'éloignement du Soleil. Dans quelques millions d'années, Triton, qui ne cesse de se rapprocher de Neptune, sera désintégré. Crédit Eso/L. Calçada

Triton est le plus gros satellite de Neptune, dernière planète du Système solaire depuis le déclassement de Pluton. Découvert en 1846 par William Lassell, Triton est un astre qui intrigue les astronomes. Ce très gros satellite (son diamètre avoisine les 2.700 kilomètres, soit 40% de plus que Pluton) tourne sur une orbite circulaire rétrograde autour de Neptune. La capture de Triton par Neptune fait toujours l'objet de spéculations.

Survolée en 1989 par la sonde américaine Voyager 2, sa surface a révélé un cryovolcanisme intense. La sonde a observé des geysers d'azote provoqués par l'action gravitationnelle qu'exerce l'imposante et proche Neptune.

Depuis Voyager 2, les observations de Triton ont été limitées : pas évident d'étudier un astre aussi éloigné. Une équipe d'astronomes conduite par Emmanuel Lellouch (Lesia) a utilisé le spectrographe Crires (Cryogenic High-Resolution Infrared Echelle Spectrograph) couplé au VLT (Very Large Telescope) de l'Eso pour analyser en détail l'atmosphère du satellite.

La surface de Triton observée par la sonde Voyager 2 en 1989. Crevasses, collines de glace et cryovolcans sont au programme. Crédit Nasa

Des changements saisonniers perceptibles

Triton vit au rythme d'un changement de saison tous les 41 ans environ (Neptune parcourant son orbite en 165 ans). L'été a débuté dans l'hémisphère austral il y a une dizaine d'années et l'atmosphère se réchauffe, malgré une température moyenne à la surface d'environ -235°C. Les astronomes ont découvert la présence de méthane et de monoxyde de carbone gelés qui, en se sublimant, viennent épaissir la fine atmosphère d'azote.

Ce phénomène augmente la pression atmosphérique. Sur Triton elle est actuellement estimée entre 40 et 65 microbars, soit quatre fois plus que ce qu'avait mesuré Voyager 2 en 1989. A l'époque du passage de la sonde, c'était le printemps austral sur ce satellite de Neptune et la sublimation du méthane et du monoxyde de carbone était beaucoup moins importante.

La sensibilité de Crires et de ses successeurs va permettre de suivre l'évolution atmosphérique sur Triton au cours des prochaines décennies et de rechercher parallèlement des traces de monoxyde de carbone sur Pluton, une cousine de Triton encore plus éloignée.

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