Lors du plongeon d'un module largué par la sonde Galileo dans l’atmosphère de Jupiter en 1995, les instruments ont mesuré dans les couches hautes un curieux appauvrissement en néon. Selon deux chercheurs de l’Université de Berkeley ce phénomène serait causé par des pluies d’hélium entraînant les deux gaz rares dans les profondeurs de la planète.
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La modélisationmodélisation de l'intérieur des planètes géantesplanètes géantes a été dopée par la découverte des exoplanètesexoplanètes gazeuses, les Jupiter chaudes. Le prochain lancement de la mission Juno de la NasaNasa, dont le but est d'aider à comprendre la formation des planètes géantes en effectuant des mesures fines des champs gravitationnel et magnétique de JupiterJupiter, est une raison de plus pour développer les modèles de l'intérieur des géantes gazeusesgéantes gazeuses.

C'est ce à quoi s'emploient depuis plusieurs années des chercheurs comme Hugh Wilson et Burkhard Militzer de l'Université de Berkeley. Militzer a en particulier fait parler de lui en 2008 avec ses travaux sur le cœur de Jupiter. Aujourd'hui, avec son collègue Wilson, il pense tenir la réponse au problème du manque d'héliumhélium et de néonnéon dans les couches hautes de l'atmosphèreatmosphère de Jupiter.

L'hydrogènehydrogène et l'hélium sont les éléments les plus abondants de l'UniversUnivers observable. Le gazgaz de la nébuleusenébuleuse protosolaire devait en être constitué majoritairement et donc aussi l'atmosphère de planètes comme Jupiter et SaturneSaturne. Sa composition doit se retrouver à peu près inchangée dans l'atmosphère du SoleilSoleil et dans celle de Jupiter qui proviennent de l'accumulation de ce gaz.

Toutefois, lorsque la sonde Galileo a lâché un module pour un plongeon suicide dans l'atmosphère de Jupiter en 1995, les 200 kilomètres parcourus avant qu'il ne soit écrasé par la pressionpression, avaient suffi pour que l'on découvre, non seulement un manque d'hélium, mais surtout un appauvrissement en néon d'un facteur 10 par rapport à l'abondance attendue.

Cliquer pour agrandir. Une vue d'artiste de la sonde Juno en orbite autour de Jupiter. Elle devrait être lancée en 2011 et arriver en 2016 pour une mission d'une durée d'un an. Elle sera uniquement alimentée en électricité par des panneaux solaires car les progrès dans ce domaine permettent maintenant de se passer des générateurs thermoélectriques à isotopes radioactifs. Crédit : Nasa

Cliquer pour agrandir. Une vue d'artiste de la sonde Juno en orbite autour de Jupiter. Elle devrait être lancée en 2011 et arriver en 2016 pour une mission d'une durée d'un an. Elle sera uniquement alimentée en électricité par des panneaux solaires car les progrès dans ce domaine permettent maintenant de se passer des générateurs thermoélectriques à isotopes radioactifs. Crédit : Nasa

Selon les calculs de Militzer et Wilson, la raison en serait que des gouttesgouttes d'hélium se formeraient dans les profondeurs de la planète. Or, le néon est soluble dans l'hélium liquideliquide dans les conditions de pressions et de températures favorables à l'apparition de ses gouttes. Il en résulterait de véritables pluies d'hélium entraînant avec elles le néon vers le noyau de la planète.

Cela fait un moment que l'existence de pluies d'hélium sur Jupiter et Saturne a été avancée par les planétologues. Dans le cas de la planète aux anneaux, la chaleurchaleur latente libérée par la liquéfactionliquéfaction de l'hélium expliquerait pourquoi Saturne rayonne davantage d'énergieénergie qu'elle n'en reçoit du Soleil. De plus, les conditions de températures et de pressions régnant dans les entrailles de Saturne sont très propices à la formation de pluies d'hélium.

Bien que possible, le même phénomène ne semblait pas devoir être aussi intense à l'intérieur de Jupiter. Pourtant, d'après les chercheurs, c'est le meilleur moyen pour expliquer le manque apparent de néon et d'hélium révélé par la mission GalileoGalileo.