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La Cité des Etoiles russe : la Space Tourist Academy ?

ActualitéClassé sous :Astronomie , touriste spatial , cité des étoiles

A 34 ans, "le prodige de l'internet nippon" Daisuke Enomoto pourrait devenir, après l'homme d'affaires américain Greg Olsen, le quatrième touriste de l'espace, et s'envoler à son tour à bord d'une navette Soyouz. Ayant déjà subi des contrôles médicaux, il est actuellement soumis à des tests à la Cité des Etoiles, près de Moscou. S'il arrivait au terme de son entraînement, la société Space Adventures, prestataire exclusif des vols spatiaux pour touristes, pourrait lui délivrer son billet pour l'automne 2006.

Daisuke Enomoto, le quatrième touriste de l'espace ?

L'américain Denis Tito en 2001, puis le sud-africain Mark Shuttleworth, et enfin l'homme d'affaires Greg Olsen en 2005. Déjà trois touristes envoyés dans l'espace par l'agence Space Adventures, pour un prix moyen de... 20 millions de dollars !

Greg Olsen vient tout juste d'atterrir  , le 11 Octobre dernier, et le nom du probable quatrième touriste de l'espace est déjà sur toutes les lèvres : Daisuke Enomoto, ancien dirigeant du portail Livedoor, ayant fait fortune grâce à la toile.

D'après des responsables russes, M. Enomoto « est soumis actuellement à des tests au Centre d'entraînement des cosmonautes », à la Cité des Etoiles, près de Moscou. En effet, s'il ne parvenait pas au terme de cet entraînement, sa candidature se verrait refusée par les services spatiaux russes.

Mais à quoi ressemble cette Cité des Etoiles ? Et quelle sorte d'entraînement les cosmonautes et les touristes de l'espace potentiels viennent-ils y trouver ? A 60 ans, Greg Olsen l'a suivi et a ainsi obtenu son ticket pour l'espace... Les milliardaires bénéficient-ils d'un traitement de faveur, ou endurent-ils les mêmes « tortures » (centrifugeuse, fauteuil à bascule, simulateur...) que les cosmonautes russes ?

La Cité des Etoiles

Situé dans la banlieue de Moscou, près de l'aérodrome de Tchkalov, le Centre d'entraînement des cosmonautes russe se blottit dans un écrin de verdure.

Le site initial de 1960, un terrain militaire qui était envahi par les conifères et ne comptait que deux bâtiments, a été à juste titre rebaptisé Cité des Etoiles après les premiers succès soviétiques.

La Cité des Etoiles. Centre d'entraînement des cosmonautes russes et des touristes de l'espace. (Crédit :Capcomespace)

De 1960 à nos jours, le visage de la Cité de l'Espace a été totalement remodelé. Aujourd'hui, elle accueille plus de 5000 habitants répartis en deux secteurs :

  • Le quartier résidentiel, un ensemble d'une quinzaine d'immeubles et de boutiques où vivent des cosmonautes russes, en activité ou à la retraite, avec leurs familles. On y trouve également une poste et une école.
  • Le Centre d'entraînement, où se côtoient près de 800 collaborateurs, de l'employé administratif à l'ingénieur, en passant par des médecins et des techniciens.

Le quartier résidentiel de la Cité des Etoiles. (Crédit : Capcomespace)

Le Centre d'Entraînement

Le Centre d'Entraînement est le cœur de la Cité des Etoiles. Tous les cosmonautes russes ont été formés ici. En particulier les plus célèbres, tel Gagarine dont la statue majestueuse et fleurie trône devant le centre d'entraînement.

Comme dans toute école, on trouve en son sein des salles de classe et de nombreuses infrastructures sportives, mais également des équipements plus spécialisés, tels les simulateurs de Mir et Soyouz, un fauteuil tournant, un avion d'impesanteur, une table à bascule, ainsi qu'une centrifugeuse.

Le fauteuil tournant de la Cité de l'Espace permettant de contrôler l'appareil vestibulaire. (Crédit : Capcomespace)

Les simulateurs offrent aux cosmonautes et aux touristes qui vont embarquer à bord d'une fusée Soyouz la possibilité de vivre virtuellement leur mission et de préparer un ensemble de séquences qui répondraient aux pannes ou aux différents aléas qui pourraient se présenter à eux lors du vol réel. L'équipage, dont les touristes, peut ainsi simuler le décollage, un hypothétique rendez-vous, puis le retour sur Terre.

La centrifugeuse, quant à elle, est constituée d'une capsule portée par un bras métallique de 18 mètres mis en rotation rapide par un moteur électrique, et permet de simuler les fortes accélérations endurées par les cosmonautes et les touristes pendant les différentes phases de vol.

La centrifugeuse du Centre d'entraînement. Elle peut simuler des accélérations allant jusqu'à 30g. (Crédit : Capcomespace)

L'entraînement à la Cité de l'Espace : une promenade de santé ?

Si les touristes de l'espace suivent un « entraînement allégé » d'environ 1 500 heures, ils partagent néanmoins les exercices de leur futur équipage, pour qui la formation dure de 3 à 5 ans suivant le poste visé (5 ans pour un commandant de mission).

L'entraînement des cosmonautes est très exigeant. Il comprend :

  • Une année de formation technique et théorique couvrant des domaines aussi vastes que le pilotage, l'étude de la navette Soyouz, l'astronomie, la mécanique des corps célestes...

  • Une préparation « en équipage », durant laquelle les cosmonautes s'entraînent sur leur mission proprement dite : simulations, vols en impesanteur et stages de survie sont au programme.
  • Une série de visites médicales débouchant, six semaines avant le vol, sur un check up complet au cours duquel les futurs membres d'équipage sont vus par près de 60 spécialistes de la santé.
Simulateur Soyouz. (Crédit : Capcomespace)

Le traitement particulier des touristes de l'espace

Si les touristes de l'espace bénéficient d'un entraînement et d'une formation allégés, ils subissent néanmoins une batterie de tests médicaux, et doivent se prêter au jeu des simulations et des centrifugeuses.

Néanmoins, comme ils ne sont que des spectateurs de la mission et qu'ils ne touchent à aucun moment à l'instrumentation de la navette Soyouz, ils ne sont naturellement pas dans l'obligation de suivre une formation aussi poussée que celle de leurs équipiers cosmonautes.

 Pour les touristes, il est clair que cette période d'immersion dans le coeur des infrastuctures spatiales russes, si elle n'est pas de tout repos, fait partie intégrante de leur "voyage", et surtout de leur plaisir.

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