Phobos ressemble aux météorites à chondrites carbonées que l’on sait provenir des régions les plus éloignées de la ceinture d’astéroïdes. Ce qui laisse à penser qu'il ne s'est pas formé en même temps que Mars ni à partir des mêmes matériaux. Crédits Esa / DLR/ FU Berlin (G. Neukum)

Sciences

Mars Express se prépare à frôler Phobos

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La sonde de l'Agence spatiale européenne Mars Express entame une série de survols de Phobos, un des deux satellites naturels de Mars, qui vont l'amener, le 3 mars, à s'en approcher à seulement 50 kilomètres. Cette campagne s'achèvera le 26 mars, avec un dernier passage à 1.304 kilomètres de distance.

Ces survols répétés de Phobos sont de belles opportunités offertes aux planétologues pour étudier ce satellite assez mal connu. Ceux réalisés ces prochains jours seront surtout mis à profit pour cartographier son champ de gravité qui va fournir des informations sur la structure interne de ce petit satellite car ce champ est lié à la répartition interne de la masse.

De l'histoire de Phobos, on ne sait pas grand-chose. L'idée qui prévaut actuellement c'est que, comme Deimos, il s'agit d'un astéroïde de la ceinture de Kuiper capturé par Mars (le mécanisme de ces captures n'est pas très bien compris). Or, les observations les plus récentes de Mars Express mettent à mal cette théorie. Les données acquises lors des survols précédents ont déterminé la masse et le volume de Phobos mais le calcul de la densité laisse à supposer qu'il s'agit d'un monde fait d'un empilement de matériaux, plutôt poreux, suggérant une autre origine.

Pour les scientifiques, il s'agira de corroborer les observations précédentes mais il est trop tôt pour dire si ces nouvelles données apporteront une réponse claire sur l'origine de cette lune.

De toutes les sondes qui tournent autour de Mars, Mars Express est la seule qui évolue sur orbite elliptique polaire permettant de réaliser des survols de Phobos. © Esa

Le destin tragique de Phobos

Phobos est une des plus petites lunes du Système solaire aux formes très irrégulières (27 x 22 x 19 km). Il a été découvert en 1877 par l'astronome américain Asaph Hall. Il a fallu attendre les années 1970 et les sondes US Mariner 9 et Viking 1 et 2 pour obtenir les premiers clichés exploitables.

Sa surface sombre est littéralement criblée de cratères d'impacts. Elle absorbe près de 90% de la lumière solaire. Son plus grand cratère mesure environ 10 km, soit plus de 30 % de la taille du satellite.

Autre particularité, il se situe à seulement 6.000 km au-dessus de Mars. Aucun autre satellite dans le Système solaire n'est aussi proche de sa planète. En raison de cette proximité à la Planète rouge, Phobos est condamné. Dans environ 40 millions d'années, il se brisera pour former un anneau autour de Mars ou bien s'écrasera à sa surface.

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