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Le Japon s'offrira-t-il un véhicule spatial habité ?

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Comme l'Europe et son ATV, le potentiel de développement et d'évolution du cargo spatial japonais HTV, en véhicule de retour d'orbite voire de transport d'équipage, est bien réel. L'Europe a abandonné l'idée de se doter de son propre système de transport spatial, préférant participer à un programme en commun avec la Nasa, mais le Japon garde cette option - et d'autres - ouvertes.

Un des trois concepts à l'étude pour donner une capacité de retour d'orbite au cargo spatial HTV de la Jaxa. © Jaxa

Après deux vols réussis à destination de l'ISS, le Japon prévoit de lancer un troisième cargo spatial HTV cette année et quatre autres au rythme d'un par an jusqu'en 2016. Pour le financement de sa contribution à l'utilisation de la Station spatiale, l'archipel se trouve dans la même situation que l'Agence spatiale européenne. Il est soumis au principe du barter element, un système de troc mis en place par les partenaires de la Station spatiale internationale : chacun finance sa part de l'utilisation de l'ISS par la fourniture d'un service du même montant que sa contribution. Pour l'après 2016, si l'Europe a fait le choix de collaborer avec la Nasa à son futur véhicule spatial MPCV, après la fin de l'utilisation de l'ATV, le Japon a choisi de fournir une capacité de retour d'orbite pour la période 2017-2020.

Si les conditions financières le permettent, la Jaxa planifiera une première mission de retour d'orbite pendant l'exercice fiscal de 2017 (de mars 2017 à mars 2018). L'HTV-R redescendrait sur Terre avec 1,6 tonne de fret dans une capsule pressurisée. Ce n'est évidemment pas tout l'engin qui serait récupéré. L'idée est d'ajouter un petit module récupérable qui serait détaché et envoyé vers la surface de la Terre tandis que le corps principal du HTV-R brûlerait dans l'atmosphère. Trois concepts sont à l'étude.

Financement et sauts technologiques sont si importants que la coopération internationale sera cruciale pour l’avenir de l’exploration humaine du Système solaire. © Nasa

Au-dessus du véhicule spatial habité, l'ombre du tsunami

Au sein de l'Agence spatiale nippone, la Jaxa, on souhaiterait également développer un véhicule spatial habité à partir de l'HTV. Le problème est moins technologique que financier. Le Japon doit faire face à un formidable effort de reconstruction après le tremblement de terre et le tsunami du 11 mars 2011. Les marges de manœuvre du gouvernement sont forcément restreintes. Les priorités de dépense ont logiquement évolué dans le sillage de ces événements. Il n'est pas certain que la population approuve le financement d'un système de transport spatial pour envoyer un, voire deux équipages par an séjourner dans l'ISS ou faire des ronds autour de la Terre...

Cela dit, si le Japon donne son feu vert, son développement se fera par étape. Avec dans un premier temps la capsule de retour d'orbite (HTV-R) qui permettra d'acquérir des technologies nécessaires au vol habité, et dans un second temps un véhicule de transport spatial qui pourrait voler à l'horizon 2025. Comme l'a déclaré Keiji Tachikawa, président de la Jaxa, « la mise au point d'une capsule récupérable pour le HTV sera le prochain saut technologique nécessaire pour faire d'un vaisseau spatial japonais une réalité ».

Cependant, deux autres options s'offrent au Japon. À l'instar de l'Agence spatiale européenne, l'archipel pourrait participer à un projet international de transport spatial, voire utiliser, en l'adaptant à ses besoins, une des capsules privées en cours de développement dans CCDev dont la Nasa vient de donner le coup d'envoi du troisième round.

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