Après deux reports, le Proton a finalement décollé le jour de la Saint-Valentin pour placer sur une orbite de transfert géostationnaire le satellite SES-4. Une date peut-être pas choisie au hasard, les dirigeants de SES ayant modérément apprécié les reports du lancement ! © International Launch Services

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La fusée Proton lance le 50e satellite de l'opérateur privé SES

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Dans la nuit de mardi à mercredi, un lanceur Proton de l'entreprise russo-américaine ILS a placé sur une orbite de transfert géostationnaire le satellite de télécommunications SES-4. Ce tir était le cinquantième lancement pour le compte de l'opérateur européen SES qui exploite 43 satellites et prévoit d'en lancer 7 d'ici à 2016.

Initialement prévu fin décembre 2011, le lancement d'un Proton avait été une première fois reporté à fin janvier 2012, avant qu'ILS (International Launch Services) ne décide finalement de le lancer avant-hier soir, jour de la Saint-Valentin. Le lanceur a décollé depuis le cosmodrome de Baïkonour, au Kazakhstan à 1 h 36 heure locale (20 h 36 en heure française, le 14 février 2012) et a placé le satellite SES-4 sur une orbite de transfert géostationnaire après un vol de plus de 9 heures.

Ces deux reports et le retard de la mise en service qui en résulte n'ont pas été du goût des dirigeants de SES, opérateur privé de satellites, ce que n'a pas manqué de souligner Romain Bausch, P-DG de l'entreprise, lors de sa déclaration de fin de mission, mais d'une manière diplomatique : « SES est ravie du lancement réussi de son cinquantième satellite après deux reports de lancement de Proton. Nous remercions les équipes de lancement de Space Systems/Loral, ILS, Khrunichev et SES pour leur travail dévoué. Leurs efforts sans relâche ont assuré l'ultime succès. Suite à des tests prolongés en orbite, SES-4 fournira une des nouvelles capacités satellitaires à la pointe de la technologie sur trois continents ».

Ce satellite SES-4 est le plus grand et le plus puissant jamais construit pour l'opérateur SES. On le voit ici chez son constructeur américain. © Space Systems/Loral

Une puissance de 20 kW pour le satellite SES-4

Avec une masse au décollage de plus de 6 tonnes, SES-4 est le plus grand et le plus puissant des satellites SES. Construit par Space Systems/Loral, autour d'une plateforme de la série 1300, ce satellite embarque 52 répéteurs en bande C et de 72 répéteurs en bande Ku, pour une puissance générée de 20 kilowatts (pour comparaison, un satcom a une puissance électrique de 12 à 18 kilowatts). SES-4 remplacera le satellite NSS-7 positionné à 338 degrés est et renforcera la capacité disponible sur cette position orbitale bien établie au-dessus de l'océan Atlantique. Il couvrira l'Europe, le Moyen-Orient, l'Afrique, ainsi que l'ensemble du continent américain.

Enfin pour SES comme pour ILS, cette mission marquait plusieurs événements historiques entre les deux sociétés. Il s'agissait du vingtième satellite SES lancé sur ILS Proton et du cinquantième satellite de la flotte SES. Pour International Launch Services, ce vol était le soixante-dixième lancement depuis son vol inaugural avec Astra-1F (un satellite SES) en 1996. Signalons qu'Arianespace a lancé 35 satellites de SES. Le dernier en date étant SES-2 lancé en septembre 2011 avec Arabsat-5C lors du soixantième vol d'une Ariane 5 (V 204).

Le prochain lancement SES est prévu pour le deuxième trimestre 2012, pour un lanceur Proton qui mettra en orbite le satellite SES-5, également fabriqué par Space Systems/Loral, depuis le cosmodrome de Baïkonour.

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