Avec un tarif de moins de cinq millions de dollars le lancement, Electron vise une cadence de plusieurs dizaines de vols chaque année. © Rocket Lab

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Electron, le petit lanceur privé de Rocket Lab, a réussi sa mission

ActualitéClassé sous :Astronautique , accès à l'espace , privatisation de l'espace

Après Elon Musk et Jeff Bezos, fondateurs respectifs de SpaceX et Blue Origin, le « New space » compte un héros de plus : Peter Beck. Parti de rien en 2007, il a créé sa start-up, Rocket Lab, puis développé son lanceur, Electron, qui, aujourd'hui, fonctionne. Lors de son deuxième vol d'essai, Electron a mis sur orbite trois très petits satellites.

Le secteur spatial compte un lanceur de plus. Il est américain, exploité depuis la Nouvelle-Zélande et se nomme Electron. Développé et construit par la start-up Rocket Lab américaine d'origine néo-zélandaise, ce petit lanceur vient de réussir son deuxième vol d'essai et a mis sur orbite trois Cubesat. Un Dove pour le compte de Planet, qui dispose de la plus grande flotte de microsatellites au monde, et deux Lemur-2 pour Spire, qui gère une constellation de mesure de l'atmosphère pour améliorer les prévisions météorologiques et aider le trafic maritime.

Electron a décollé de la base de lancement de Rocket Lab, située dans la péninsule Mahia, en Nouvelle-Zélande. Les Cubesat ont été installés sur une orbite elliptique, avec un périgée de 300 kilomètres et un apogée de 500 kilomètres.

Succès pour le deuxième vol d'essai, sur les trois prévus, du petit lanceur Electron. Les neuf moteurs Rutherford de l’étage principal, qui fonctionne avec un mélange d’oxygène liquide et de kérosène) ont fonctionné deux minutes et trente secondes, avant que l’étage supérieur prenne le relais. Son seul moteur, également un Rutherford, a fonctionné durant près de six minutes. © Rocket Lab

Le Google Lunar X Prize en point de mire

Le troisième et dernier vol d'essai d'Electron est d'ores et déjà en cours de préparation mais Rocket Lab n'a pas donné de date lancement précise. Cependant, il devrait avoir lieu ces prochains mois. Si ce dernier vol d'essai réussit, Rocket Lab se dit prêt à débuter l'exploitation commerciale de ce lanceur dès son quatrième vol. La start-up a pour objectif d'ici la fin de l'année de réaliser un lancement par mois.

Et les clients ne manqueront pas. Electron se destine au marché en forte croissance des petits satellites. Euroconsult, premier cabinet de conseil mondial spécialisé dans les marchés de l'espace, estime que plus de 6.200 petits satellites pourraient être lancés entre 2017 et 2026, contre 890 sur les dix ans passés. Les premiers clients connus de Rocket Lab sont donc Planet et Spire mais aussi Moon Express qui, dès 2015, a conclu un partenariat pour lancer trois missions à destination de la Lune, dont le rover MX-1, en compétition pour remporter le Google Lunar X Prize dont l'échéance a été fixée au 31 mars 2018.

  • Ce lanceur très léger est construit en grande partie en carbone.
  • Comme chez SpaceX, le même moteur est utilisé pour les deux étages.
  • Ce moteur est réalisé par fabrication additive, ou « impression 3D ».
Pour en savoir plus

Electron, le petit lanceur privé de Rocket Lab, a presque réussi

Article de Rémy Decourt publié le 27/05/2017

Pour son premier essai, le petit lanceur Electron a bien fonctionné. Même s'il n'a pas réussi à placer la charge qu'il transportait sur la bonne orbite, ce vol est une bonne surprise. Toutes les étapes, jusqu'à la mise en orbite, se sont bien déroulées. Ce qui montre un lanceur bien construit et des choix technologiques cohérents et en cours de maîtrise.

Jeudi, le petit lanceur Electron de Rocket Lab a décollé de sa base de lancement de la péninsule Mahia, en Nouvelle-Zélande. La charge factice qu'il transportait n'a pas atteint l'orbite visée, mais Rocket Lab se déclare satisfait de ce vol d'essai, le premier sur les trois prévus.

Le premier étage a fonctionné normalement et la séparation des deux étages s'est déroulée comme prévue. Le moteur du second étage s'est allumé et la coiffe du lanceur a bien été éjectée. Seule déception, la charge factice, pour une raison qui reste à expliquer, n'a pas été mise sur l'orbite visée, vraisemblablement en raison d'une mauvaise durée de fonctionnement ou de puissance du moteur du second étage.

Les paramètres de l'orbite atteinte n'ont pas été rendus publics. Au cours des prochaines semaines, les ingénieurs de Rocket Lab, basés à Los Angeles et à Auckland, travailleront sur les 25.000 canaux de données qui ont été collectés au cours de la mission. « Nous avons beaucoup appris grâce à ce vol d'essai et nous en apprendrons encore plus dans les semaines à venir. Nous sommes déterminés à rendre l'espace accessible et c'est une étape phénoménale sur cette route », explique Peter Beck, directeur général et fondateur de Rocket Lab.

Premier vol d’essai, sur les trois prévus, du petit lanceur Electron de la start-up américaine Rocket Lab. © Rocket Lab


Le lanceur de Rocket Lab va voler pour la première fois

Article de Rémy Decourt publié le 24 mai 2016

Le marché des petits satellites, en pleine émergence, bouleverse la donne et réclame de nouvelles capacités de lancement de seulement quelques centaines de kilogrammes. Une opportunité pour de nouveaux entrants comme Rocket Lab et son lanceur Electron, qui s'apprête à voler pour la première fois depuis la Nouvelle-Zélande.

Rocket Lab, une start-up basée à Los Angeles, s'apprête à faire décoller pour la première fois son lanceur Electron. Haut de 17 m pour 1,2 m de diamètre, ce lanceur utilise dix moteurs mais d'un seul type, neuf pour l'étage principal et un pour l'étage supérieur. Baptisé Rutherford, ce moteur fonctionne avec un mélange d'oxygène et de kérosène. Fait unique, tous ses principaux composants (y compris la chambre de combustion, les pompes, les valves et les injecteurs) sont imprimés en 3D.

Ce lanceur sera capable d'emporter une charge utile de 225 kg sur une orbite héliosynchrone à quelque 500 kilomètres d'altitude. Il a été choisi pour équiper le MX-1 du projet de l'entreprise Moon Express d'exploitation de la Lune.

La base de lancement de Rocket Lab en Nouvelle-Zélande. À la différence de SpaceX qui loue actuellement les pas de tir de l’U.S. Air Force et de la Nasa, Rocket Lab s’est dotée de sa propre base de lancement en Nouvelle-Zélande. La start-up, qui vise plusieurs dizaines de lancements chaque année, a besoin d’une grande autonomie pour son accès à l’espace. D’où la nécessité de ne pas dépendre d’installations de lancement d’un pays ou d’une agence spatiale. En dehors de cette indépendance, il n’y a aucun intérêt particulier à décoller depuis la Nouvelle-Zélande, sauf à lancer en direction de l’océan Pacifique sud, qui est aussi la zone au-dessus de laquelle sont désorbités la plupart des satellites en fin de vie. © Rocket Lab

Un marché émergent en manque de lanceurs spécifiques

Pour cette mission, Electron ne transporte pas de satellite commercial mais une charge factice de test. Elle est à séparer sur une orbite elliptique dont le périgée devrait être d'environ 300 km, l'apogée de 500 km et l'inclinaison de 83°. La durée de la mission, du décollage à la séparation de la charge, est de 7 mn et 31 s.

Le lancement, depuis la base de lancement de Rocket Lab, sur la péninsule de Mahia, en Nouvelle-Zélande, est prévu le plus tôt possible à l'intérieur d'une fenêtre de tir qui s'est ouverte le 22 mai et se refermera le 2 juin. Les équipes sont en attente de bonnes conditions météorologiques.

Ce lanceur ne fera pas d'ombre à Ariane 5 et ses 10 tonnes de performance en orbite de transfert géostationnaire. Electron vise le marché des petits satellites en orbite basse d'une centaine de kilogrammes, à l'unité ou en constellation, qui nécessite une cadence de lancement élevée. Or, en raison de leur taille, les délais de lancement de ces satellites se comptent en années ! Trop petits pour embarquer seuls sur un lanceur, ils ne peuvent en effet être lancés que par grappe ou comme passagers secondaires. C'est évidemment un frein au développement de cette filière aux perspectives commerciales pourtant très attrayantes.

En effet, dans un marché du spatial en mutation, l'un des tendances est de chercher à remplacer les gros satellites par des constellations d'engins plus petits. Elles feraient au moins aussi bien pour moins cher et avec des fréquences de renouvellement plus élevées des flottes de satellites, de l'ordre de quelques années contre cinq à plus de quinze ans aujourd'hui. C'est le service d'un accès à l'espace plus rapide et plus économique pour une large gamme de petits satellites que vise Rocket Lab.

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