Le projet de constellation OneWeb prévoit le déploiement de 900 satellites dans une phase. L'entreprise envisage de porter ce nombre à 2.620. © OneWeb

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Peut-être 2.000 satellites de plus pour la constellation OneWeb

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Destiné à fournir un accès Internet bon marché à la planète entière, le projet pharaonique de la constellation OneWeb vient de recevoir un apport d'un milliard de dollars. En 2018, seront lancés les premiers satellites, construits par Airbus Defence and Space. Et il est déjà question d'augmenter le nombre de satellites, avec à la clé de nouveaux services.

OneWeb, la société fondée par Greg Wyler, à l'origine de la constellation O3b (The Other 3 Billion, en référence aux trois milliards de personnes qui ne sont pas raccordées au Web), veut combler le fossé numérique à l'échelle de la planète avant la fin de la décennie 2020. Comment ? En fournissant un accès Internet bon marché à l'humanité entière depuis une constellation de 648 satellites (720 initialement), capable de toucher n'importe quelle région de la Terre, contrairement aux liaisons filaires.

Inédite par sa taille, cette constellation verra bien le jour. Alors que d'aucuns se demandaient si Greg Wyler parviendrait à boucler son budget, en décembre 2016, la société a reçu 1 milliard du groupe japonais de télécommunications SoftBank. À cette somme, est venue s'ajouter une augmentation de capital de 200 millions de dollars de la part des investisseurs, portant le capital total d'OneWeb à 1,7 milliard de dollars, pour un projet estimé à quelque 3 milliards de dollars. Aujourd'hui, elle fusionne avec Intelsat avec à la clé un nouvel investissement de 1,7 milliard de dollars...

« Tous les voyants sont au vert », dit-on du côté de OneWeb. La société est en phase avec le calendrier prévu pour la montée en puissance des installations d'Airbus Defence and Space. Celles de Toulouse assureront « la conception des satellites et la production des 10 satellites pilotes », tandis que l'usine de Floride « est destinée à dupliquer les satellites pilotes pour produire les 900 satellites commandés par OneWeb à OneWeb Satellites ». La construction de cette usine va démarrer bientôt.

Les satellites de la constellation OneWeb pèseront moins de 150 kg. Pour respecter le calendrier, il faudra en construire plusieurs par jour. © Airbus DS

Des satellites OneWeb dès le premier semestre 2018

Airbus DS compte fournir, à la fin 2017, les dix premiers prototypes qui seront lancés au premier semestre 2018, et serviront à valider la constellation en orbite. Après une période de test de quelques semaines, ils seront ensuite intégrés à la constellation opérationnelle. Les 638 autres satellites seront progressivement lancés à partir de fin 2018 par Arianespace, qui a déjà réservé de nombreux créneaux de lancement pour les années 2018 et 2019 depuis la Guyane mais également Baïkonour. Quant aux premiers services, ils seront introduits progressivement à compter de la fin 2019, pour une mise en service commerciale au premier semestre 2020.

Greg Wyler réfléchit déjà à faire évoluer sa constellation en la dotant de nouveaux services. La société n'a rien précisé mais on se doute qu'il s'agit de répondre à l'explosion de la demande de connectivité à haut débit partout dans le monde.

OneWeb s'intéresserait aussi aux secteurs naissants de l'Internet des objets, des voitures connectées et des services Internet en vol, ainsi qu'à de nouveaux usages comme la vidéo. Une des hypothèses de travail, pour répondre à cet échange intensif de données, prévoit d'ajouter jusqu'à 2.000 satellites, 1.972 pour être précis, à différentes altitudes en orbite basse. Cela portera le nombre de satellites de la constellation à 2.620. À suivre donc...

Pour en savoir plus

Airbus va construire les 900 satellites de OneWeb

Article de Rémy Decourt publié le 18 juin 2015

OneWeb vient de passer commande de ses 900 satellites pour vendre un accès Internet bon marché à l'ensemble des habitants de la Planète. Airbus Defence and Space devra les construire à la chaîne avec un lancement est prévu... dès 2018.

Connecter la totalité des Terriens au réseau Internet est un enjeu de taille et une nécessité tant la Toile devient un service d'utilité publique. En effet, selon les Nations unies, 4,3 milliards de personnes n'ont pas accès à Internet. Pour y parvenir, plutôt que de développer des infrastructures terrestres, de nombreux projets parient sur l'utilisation de constellations de satellites. Si certaines sont déjà en service, comme la constellation d’O3b et ses douze satellites, d'autres projets prévoient de mettre des centaines de satellites en orbite, voire des milliers comme c'est le cas de Google et SpaceX, réunis dans une entreprise commune.

Un de ces projets appelé OneWeb a fait sensation lors du Salon International de l'Aéronautique et de l'Espace de Paris-Le Bourget. L'entreprise Airbus Defence and Space a en effet été sélectionnée comme partenaire pour la construction de sa constellation qui comptera 900 satellites. À ce nombre impressionnant de satellites à concevoir et fabriquer à la chaîne s'ajoute une date de livraison étonnamment proche : les premiers lancements sont prévus dès 2018 sur une orbite basse.

À court terme, les constellations de satellites sont amenées à se généraliser. Cette multiplication risque de causer des problèmes liés à la sécurité des activités spatiales (collisions, débris spatiaux et gestion des satellites en fin de vie). © Esa

Quatre satellites à produire chaque jour

Pour Airbus Defence and Space, il faut créer une capacité exceptionnelle de production de satellites à grande échelle qui va révolutionner l'industrie spatiale mondiale. Pesant chacun moins de 150 kilos, les dix premiers satellites seront conduits sur le site de Toulouse, tandis que la production de série sera mise en place dans une usine dédiée aux États-Unis.

« Ce partenariat ouvre un nouveau chapitre de l'histoire spatiale, s'est félicité François Auque, directeur général de Space Systems. Être sélectionné par OneWeb pour produire plusieurs petits satellites par jour a été une source d'inspiration pour le développement de modes de conception innovants et de processus de production d'applications spatiales de haute performance, à très grande échelle et à des coûts compétitifs. »

Une fois construits, ces satellites devront être lancés. Comment ? À quel rythme ? Interrogé à ce sujet, Stéphane Israël, président-directeur général d'Arianespace, a simplement confié qu'avec trois lanceurs et quatre sites de lancement (trois en Guyane et un quatrième à Baïkonour avec Starsem), Arianespace peut honorer ce contrat.

Enfin, cet accroissement significatif du nombre de satellites en orbite pose les questions de l'encombrement et du risque de collision avec des débris spatiaux. Il sera donc nécessaire de s'assurer que ces nouveaux utilisateurs de l'espace respectent les règles pleines de bon sens auxquelles les agences spatiales et les opérateurs de satellites s'astreignent pour limiter les risques de collisions accidentelles.