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L’Argentine veut devenir une puissance spatiale

ActualitéClassé sous :Astronautique , Argentine , accès à l'espace

Une nouvelle agence spatiale est née : elle s'appelle CONAE et est argentine. Déjà en train de mettre au point un lanceur, ce pays affiche des ambitions spatiales, sur fond de compétition internationale et de tension avec le Royaume-Uni, mais devra trouver le moyen de les réaliser à moindre coût.

Comme de nombreux pays en accélération, l'Argentine veut se doter de capacités de lancement capables de garantir un accès à l'espace indépendant. Crédit CONAE

Pour accompagner son développement économique et répondre à ses besoins, l'Argentine veut réaliser des petits satellites d'applications, les lancer et les exploiter avec ses propres moyens. Pour y parvenir, elle s'est dotée d'une agence spatiale, la Commission nationale des activités spatiales, CONAE. Rattachée au Ministère des affaires étrangères, du commerce international et des cultes, cette agence coordonne toutes les activités liées aux utilisations pacifiques de l'espace. Elle est chargée de mettre en œuvre les activités énoncées dans le Plan spatial pour la période 2004-2015.

Aujourd'hui, l'Argentine veut se doter d'un système de lancement capable de lui garantir un accès indépendant à l'espace. Dans un monde où les infrastructures spatiales ouvrent de grandes possibilités pour nombre de services publics, aucun grand pays qui veut peser sur les affaires internationales ne peut se permettre de faire l'impasse sur une politique spatiale ambitieuse.

Ce ne sont pas les seules raisons qui poussent l'Argentine à s'engager sur cette voie. Des considérations géopolitiques la motivent également. Cet investissement dans le spatial est également perçu comme un moyen de renforcer sa capacité de défense. La Guerre des Malouines en 1982 a laissé des traces. L'accord de paix signé avec le Royaume-Uni, à l'issue du conflit qui aura duré 74 jours, est fragile. L'Argentine n'a pas abandonné ses revendications sur les Falklands (leur nom anglais) qu'elle considère comme les siennes. Le feu vert britannique donné en début d'année pour explorer les ressources pétrolières à proximité de l'archipel envenime de nouveau les relations entre les deux pays. Londres a le projet d'exploiter ce pétrole dont les réserves sont au moins similaires à celles de la Mer du Nord. A suivre donc...

A la recherche d'un partenaire international

Le petit lanceur Tronador II que l'Argentine met au point actuellement a des performances trop restreintes (200 kg à 400 kilomètres d'altitude) au regard des ambitions du pays. A l'instar de ses voisins, l'Argentine pourrait bien se tourner vers la Chine ou l'Inde, voire nouer des partenariats avec des agences spatiales plus puissantes qui dépasseront le cadre scientifique, comme c'est le cas aujourd'hui.

Reste que la situation financière du pays est précaire. Face à un secteur qui demande un effort considérable sur plusieurs décennies avant d'envisager un hypothétique retour sur investissement, le risque de déception est grand. Néanmoins, le DG de la CONAE se dit convaincu de réussir à « lancer nos satellites pour un prix nettement inférieur à ce qui se pratique sur le marché des lancements commerciaux ».

Et de rappeler que la Chine et l'Inde ont consenti des investissements bien en-deçà de ceux engagés par l'Europe et les Etats-Unis pour parvenir à lancer des satellites. « Nous avons les ressources nécessaires pour réaliser d'ici 2013 un vol d'essai d'une fusée capable de lancer quelque 500 kilogrammes en orbite basse » a-t-il précisé avant de conclure que « tous les aspects du programme, y compris le moteur et les systèmes de navigation, seront développés en Argentine ». Le site de lancement sera construit sur la base militaire de Puerto Belgrano.

A ce jour, seuls la Chine, l'Europe, les Etats-Unis, l'Inde, Israël, le Japon et la Russie ont la capacité de lancer des satellites. D'autres pays comme le Brésil, les deux Corée et l'Iran s'y affairent avec plus ou moins de succès. Les récents échecs sud-coréens sont là pour rappeler la difficulté de la tâche. Au début des années 2000, le Brésil a bien failli réussir. Mais l'explosion en 2003 de son lanceur pendant les préparatifs du lancement a provoqué l'arrêt du programme. En 2006, le président Lula donnait le coup d'envoi d'un nouveau programme d'une famille de lanceurs offrant au pays un accès autonome à l'espace. L'investissement consenti de 600 millions de dollars doit aboutir en 2022 pour les 200 ans de l'indépendance du Brésil.

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