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L'Argentine connaît les orages les plus intenses au monde

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C'est ce qu'indique une étude récente, menée par une équipe de la NASA, qui s'appuie sur les données du satellite TRMM (Tropical Rainfall Measuring Mission). Un outil qui permet aux scientifiques de mieux différencier les types d'orages qui se manifestent aux quatre coins de notre planète.

Orage à Enschede, aux Pays-Bas (photographié le 17 juillet 2004 par John Kerstholt).

Tous les orages estivaux ne se valent pas. Si bien souvent ils ne sont accompagnés que de chutes de pluies, synonymes de soulagement en ces périodes de chaleur, il en est qui apportent grêle, vents destructeurs et tornades. Connaître la distribution de ces violents orages dans le monde représente donc un enjeu important.

En décortiquant les données globales enregistrées par le satellite TRMM entre 1998 et 2004, les scientifiques ont pu identifier les régions de la Terre qui doivent faire face aux orages les plus intenses. C'est en Argentine, au-dessus du versant est de la Cordillère des Andes où de l'air chaud et humide se heurte souvent à un air plus froid et plus sec, qu'ils ont relevé les plus puissants orages. Etonnamment, quelques régions semi-arides, incluant les franges méridionales du Sahara, l'Australie du nord et des parties du sous-continent indien, connaissent de forts orages. En revanche, des zones pluvieuses telles que l'Amazonie occidentale, l'Asie du sud-est et l'Indonésie sont le siège d'orages fréquents mais en majorité peu inquiétants. Le nord du Pakistan, le Bangladesh, et des régions d'Afrique centrale éprouvent également des orages soutenus.

Cette carte révèle la distribution inégale des orages dans le monde, les variations de couleur indiquant le nombre annuel moyen d'éclairs par kilomètre carré. Les couleurs jaunes et rouges indiquent des concentrations plus élevées. (Crédits : NASA/MSFC)

Auparavant, il était seulement possible d'étudier individuellement chacun des orages par un réseau basé au sol, travail rendu difficile par la faible densité d'instruments. De plus, pouvoir observer un orage digne d'intérêt simultanément depuis le sol et par un satellite demande d'être vraiment chanceux. «TRMM nous a donné la capacité d'étendre notre connaissance locale des orages à une échelle quasi-globale», commente Edward Zipser, premier auteur de l'article paru dans le Bulletin of the American Meteorological Society. «En plus d'avoir à son bord le seul radar de précipitation dans l'espace, d'autres instruments de TRMM fournissent un chevauchement de données extrêmement utiles pour étudier les orages».

Ces images, issues de données du satellite TRMM, montrent des orages au-dessus du Texas, le 30 avril 2004. Sur l'image supérieure apparaissent des gouttes de pluie ou des particules de glace s'élevant, portées par de forts courants ascendants, au coeur des orages. Le bleu, le vert et le rouge correspondent respectivement à de basses, moyennes et hautes altitudes. (Crédits : NASA/GSFC)

«Les résultats de cette étude aident à quantifier les différences entre les orages qui se produisent dans différents régimes climatiques autour du monde», a indiqué Daniel Cecil, co-auteur de l'étude. «Les effets sur l'atmosphère d'un orage intense et monstrueux au-dessus de l'Argentine ou de l'Oklahoma diffèrent considérablement des effets d'un autre, plus ordinaire, au-dessus du bassin amazonique».

A l'avenir, la vaste base de données de TRMM permettra de tester si les modèles numériques utilisés pour les prévisions météorologiques reproduisent fidèlement les orages et, le cas échéant, de développer des modèles plus réalistes à l'aide de ces nouveaux résultats.

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