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NAMMA : mieux prévoir la naissance des ouragans dévastateurs

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Des scientifiques de la NASA vont étudier en Afrique les perturbations météorologiques qui conduisent au développement des tempêtes et des ouragans, dont beaucoup frappent les Etats-Unis. Cela permettra aux prévisionnistes de mieux comprendre le comportement de ces tempêtes mortelles et d'alerter plus efficacement la population.

Pendant la saison des ouragans, des orages tels que ceux présents sur cette image Meteosat-8 se forment sur l'Afrique et voyagent vers l'ouest au-dessus de l'Atlantique, où certains deviennent des cyclones tropicaux. La campagne NAMMA de la NASA va étudier l'influence des conditions atmosphériques en Afrique sur la naissance d'ouragans dans l'Atlantique. © NOAA/Eumetsat

Durant la saison des ouragans, qui s'étend du premier juin au 30 novembre, un certain nombre de dépressions tropicales vont s'intensifier lors de leur passage au-dessus de l'océan atlantique, devenant des tempêtes tropicales puis éventuellement des ouragans dévastateurs. Etant donné les lourds dégâts qu'ils causent et le nombre de victimes à déplorer, les ouragans représentent un sujet d'étude important en météorologie. Dans cette optique, la NASA est en train de mettre sur pied une vaste campagne d'observation, appelée NASA African Monsoon Multidisciplinary Analyses (NAMMA), qui va en 2006 se dérouler du 15 août à la mi-septembre au large des côtes sénégalaises.

Pour qu'un ouragan prenne vie, des conditions bien spécifiques doivent être réunies : une température élevée de l'océan, de l'humidité en grande quantité dans la troposphère, des vents réguliers à toutes les altitudes et la présence d'une dépression tropicale. Une faible perturbation tropicale au large des côtes de l'Afrique occidentale peut ainsi s'intensifier en un système dépressionnaire avec des vents relativement faibles, pour gagner en puissance avec des vents de tempête dépassant 63 km/h et finalement donner naissance, dans moins d'un cas sur cinq, à un ouragan atlantique aux vents soufflant à plus de 117 km/h.

"Les scientifiques reconnaissent un ouragan en formation quand ils en voient un, mais notre habileté à prédire qu'une faible perturbation s'intensifiera en un cyclone n'est pas très bonne", commente le Dr. Edouard Zipser, le chef de mission de l'Université de l'Utah, à Salt Lake City.

Le DC-8 de la NASA embarquera une multitude d'instruments destinés à explorer dans les moindres détails le coeur des cyclones tropicaux. © NASA Dryden

Comprendre la formation d'un ouragan exige des mesures des petites aux grandes échelles, de la poussière microscopique et des gouttes de pluie, à la formation des nuages et aux courants atmosphériques s'étendant sur des centaines de kilomètres. Afin de les aider à déterminer les facteurs qui favorisent le développement des cyclones tropicaux, nom général donné aux dépressions tropicales, tempêtes et ouragans, les chercheurs du projet disposeront de données satellites, d'informations issues de stations météo, ainsi que de modèles numériques. En outre, un avion leur servira de support à divers instruments de mesure des conditions atmosphériques, ce qui leur permettra de couvrir des zones bien spécifiques au sein de la perturbation naissante.

Au cours de cette mission, les chercheurs espèrent également avoir une meilleure compréhension du rôle joué par la masse d'air très sec, souvent poussiéreux, qui se forme au-dessus du Désert du Sahara dès la fin du printemps jusqu'au début de l'automne et qui migre habituellement vers l'Océan Atlantique tropical.

Avec des vents atteignant 280 km/h, Katrina a plongé en 2005 la Louisiane et la Nouvelle-Orléans dans la désolation, faisant plus d'un millier de victimes. © NOAA

Quatre ouragans dévastateurs ont frappé la Floride en 2004. En 2005, c'est la Nouvelle-Orléans et d'autres régions qui sont dévastées par Katrina, Rita et Wilma. La mission NAMMA va aider les scientifiques à mieux comprendre comment des perturbations atmosphériques peuvent donner naissance à un ouragan pour davantage se préparer à ses conséquences désastreuses.

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