Pour « mettre à jour » l’ancienne cité romaine de Falerii Novi (Italie), les archéologues ont troqué leurs outils traditionnels contre un radar à pénétration de sol. © Irina, Adobe Stock
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Une ville romaine abandonnée se dévoile dans des détails surprenants

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Décapage de sites, coupes et relevés, exhumations. Nouvelles technologies, radars et détections assistées par ordinateur. La tradition des fouilles archéologiques est-elle sur le point de basculer ? Quoi qu'il en soit, pour la première fois, des chercheurs se sont appuyés sur un radar à pénétration de sol pour révéler les secrets d'une ancienne ville romaine toute entière.

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Ils n'ont même pas eu besoin de creuser. Pour la première fois, des archéologues de l’université de Cambridge (Grande-Bretagne) et de l'université de Gand (Belgique) ont utilisé un radar à pénétration de sol (RPS) pour « mettre à jour » une ancienne cité romaine tout entière.

Falerii Novi (Italie) est située à quelque 50 kilomètres au nord de la capitale italienne. Elle a été occupée pour la première fois en 241 avant J.-C. et jusqu'à ce qu'elle soit abandonnée au Moyen-Âge, vers 700 de notre époque. Des archives historiques et d'autres analyses non invasives ont déjà livré certains de ses secrets. Mais ces nouveaux travaux en ont révélé des détails inattendus.

Grâce au radar à pénétration de sol (RPS), les archéologues peuvent explorer la façon dont des villes enfouies sous terre ont évolué au fil des années. Ici, des images de la ville romaine de Falerii Novi (Italie) de 35 à 175 centimètres de profondeur. © L. Verdonck et al., Antiquity 2020

Ils ont également ouvert des perspectives enthousiasmantes pour les chercheurs. En effet, de nombreux sites leur sont inaccessibles. Parce que trop vastes ou pris au piège sous des villes modernes. Mais grâce à la technologie RPS, à son champ large et à sa résolution élevée, ils peuvent désormais espérer en apprendre plus sur notre passé. D'autant que la possibilité de sonder à des profondeurs variées permet de dévoiler comment les villes ont évolué au fil des années.

La ville ancienne de Falerii Novi était la ville idéale pour tester la technologie. Ni forêt ni nouvelles constructions pour la recouvrir. Et une protection gouvernementale qui empêche toute fouille. Alors pour mener à bien leur étude, les chercheurs ont embarqué un radar à pénétration de sol -- qui fonctionne comme un autre radar, en renvoyant des échos pour former des images -- sur un quad. Ils ont ensuite parcouru méticuleusement les 30,5 hectares de Falerii Novi -- environ la moitié de la superficie de Pompéi -- en prenant une mesure tous les 12,5 centimètres.

Les archéologues ont embarqué leur radar à pénétration de sol (RPS) sur une remorque tirée par un quad. © Frank Vermeulen, Université de Cambridge

Des détails surprenants et sans doute d’autres à venir

De nombreuses surprises ont été révélées par le RPS. D'abord, un aménagement urbain original, loin des standards définis par les chercheurs. De quoi remettre en question les supposés acquis sur la planification des villes romaines. Puis, un temple, un marché et des bains à l'architecture plus élaborée que les archéologues s'y attendent pour une ville de cette taille. Une ville ordinaire.

Au sud, les archéologues ont découvert un grand bâtiment rectangulaire relié à des conduites d'eau menant à l'aqueduc. Des conduites qui serpentent sur une grande partie de la ville, non seulement le long des rues, mais aussi sous les blocs. Au nord de la ville, ils ont identifié une paire de grandes structures se faisant face. Ils ne connaissent pas d'autre exemple de ce type, mais ils imaginent qu'elles sont les restes d'un monument public impressionnant.

Les bains de Falerii Novi à une profondeur de 0,40-0,45 mètre (a) puis à une profondeur de 1,30 -1,35 mètre (b). Puis le résultat rendu par une détection assistée par ordinateur (c), avec les murs en rouge et les sols en vert. Et enfin, une représentation 3D du lieu. © L. Verdonck et al., Antiquity 2020

Et ce ne sont là que des résultats préliminaires. Car le radar à pénétration de sol produit une quantité colossale de données. Quelque 28 milliards de points marqués. Avec les méthodes d'analyse traditionnelles -- les chercheurs travaillent en parallèle au développement de nouvelles méthodes automatisées --, il faut environ 20 heures pour documenter un seul hectare. Il faudra donc encore un peu de temps aux archéologues pour finir d'examiner l'ensemble du site de Falerii Novi.

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