L'un des sites de Preselli Hills en pleine fouille par les archéologues. Certaines des pierres bleues de Stonehenge en proviendraient. © University of Southampton

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Stonehenge : les mystérieuses pierres bleues livrent un peu de leurs secrets

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Les archéologues l'ont semble-t-il confirmé : certains des blocs de roches appelés les pierres bleues de Stonehenge proviennent bien de deux sites du Pays de Galles où elles ont été extraites il y a plus de 5.000 ans. Entre les deux, cependant, elles ont peut-être été utilisées dans un autre édifice.

Le site de Stonehenge fait rêver depuis longtemps. Comme pour les pyramides égyptiennes et les temples mayas, il suscite des fantasmes et des mythes faisant état de savoirs perdus et même l'intervention d'E.T. Les archéologues sont tout aussi fascinés mais leur interprétation de l'origine de ces constructions mégalithiques inscrites sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco est beaucoup plus prosaïque. Reste que des mystères subsistent...

Il ne semble guère faire de doute cependant que Stonehenge a été construit il y a entre 4.000 et 5.000 ans. Dès les années 1920, les pétrographes, les géologues spécialisées dans l'étude des roches et des minéraux qu'elles contiennent, avaient déterminé que les blocs de roches formant le cercle intérieur de Stonehenge provenaient de la région du Pembroke, à l'extrême ouest du Pays de Galles. Les chercheurs étaient même déjà assez précis puisque, en comparant les échantillons de roches prélevés dans cette région, ils en avaient conclu que les carrières d'où les blocs avaient été extraits devaient se situer quelque part dans les collines de Preseli Hills, soit à plus de 240 km du site de Stonehenge.

Certaines des pierres bleues du site mégalithique de Stonehenge proviennent très probablement du site de Craig Rhos-y-felin, dans le Pembroke.

Certaines des pierres bleues du site mégalithique de Stonehenge proviennent très probablement de Craig Rhos-y-felin, dans le Pembroke. ©Timothy Daw

Il y a quelques années, les géologues avaient d'ailleurs fini par les découvrir. Les roches de Stonehenge, que l'on appelle des pierres bleues, sont des dolérites et des rhyolites, c'est-à-dire des roches magmatiques. Elles possèdent des signatures minéralogiques et chimiques qui ont permis aux pétrographes d'identifier respectivement les sites de Carn Goedog et de Craig Rhos-y-felin comme les carrières d'où ont été extraites les pierres bleues de Stonehenge. Les archéologues sont entrés dans le jeu et ont fouillé ces sites. Ils viennent de publier les résultats de leurs travaux concernant Craig Rhos-y-felin dans un article du journal Antiquity.

Les pierres bleues pourraient provenir d'un édifice démantelé

Les deux sites ont tout de même été datés grâce à la présence de foyers allumés par les Hommes lorsqu'ils extrayaient les blocs de roches. La méthode du carbone 14 a pu être utilisée sur des restes de charbon de bois et de noisettes brûlées, montrant que le site de Craig Rhos-y-felin a été exploité il y a environ 5.400 ans et celui de Carn Goedog il y a 5.200 ans. Or nous savons que les roches bleues de Stonehenge ont été érigées il y a environ 4.900 ans. Il s'est donc écoulé environ 500 ans entre l'extraction de ces roches et leur incorporation dans le site de Stonehenge (lequel n'est pas constitué uniquement de ces pierres bleues).

Que faut-il en conclure ? Déjà que les pierres bleues de Stonehenge ont bien parcouru des centaines de kilomètres par une action humaine et pas par  l'écoulement des glaciers lors d'une glaciation. Enfin, étant donné la localisation précise des sites, que les 80 blocs pesant environ 2 tonnes chacun n'ont pas été déplacés par mer mais bien sur terre. Mais, surtout, qu'il semble probable qu'ils ont dû faire partie pendant quelques siècles d'un édifice probablement situé non loin de là, dans la région du Pembroke avant que celui-ci ne soit au moins partiellement démantelé.

Les archéologues sont en train de tester cette hypothèse et des campagnes de prospections, notamment par photographie aérienne, ont semble-t-il révélé quelque chose d'important. Ils n'en disent pas plus mais préviennent que l'année 2016 pourrait bien être fort intéressante...

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