Le site de Stonehenge a fait l'objet de multiples travaux pour relier la position des pierres à des évènements astronomiques. Il conserve encore bien des mystères. © Simon Wakefield, Flickr, Wikipédia, cc by sa 2.0

Sciences

Superhenge, le super Stonehenge qui n'en était pas un

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Un flop relatif vient de se produire en archéologie. En sondant le sol avec un radar, les chercheurs avaient cru découvrir l'année dernière une sorte de « super Stonehenge » enterré à trois kilomètres du célèbre monument situé au sud du Royaume-Uni. Les fouilles ont finalement mis fin à ce mirage.

La fascination qu'exerce Stonehenge, aussi bien chez les archéologues que parmi les adeptes des mouvements New Age, n'est plus à démontrer. Il y a, bien sûr, le côté esthétique de ce monument mégalithique composé d'un ensemble de structures circulaires concentriques et qui se trouve dans le comté du Wiltshire, en Angleterre. Il y a aussi le mystère qui entoure les auteurs de cette construction ainsi que sa signification. On sait qu'elle a été érigée entre -2800 et -1100 av. J.-C., c'est-à-dire pendant une durée s'étendant du Néolithique à l'âge du bronze.

Pour essayer de percer certains de ses secrets, des campagnes de mesures ont été mises en œuvre autour du site. Les techniques modernes de la prospection géophysique ont été utilisées, avec des magnétomètres et des radars à pénétration de sol (RPS) (en anglais GPR pour Ground Penetrating Radar), appelés aussi radars géologiques ou géoradars.

Le sol a été sondé en 2014 autour de Stonehenge en utilisant le géoradar que l'on voit sur cette image. © University of Birmingham

Des fosses remplies de gravats au lieu de menhirs

Dans le cadre du Stonehenge Hidden Landscapes Project, cela a conduit les archéologues à examiner de plus près la grande enceinte néolithique de Durrington Walls, située 3 kilomètres au nord-est du site de Stonehenge ; son diamètre est de 500 mètres et sa circonférence de 1,5 kilomètre. C'est un exemple typique de henge, ce qui en anglais désigne une construction préhistorique presque circulaire entourant un espace comprenant une limite de terrassement constituée d'un fossé et d'un talus. De précédentes fouilles sur le site avaient révélé les restes d'un village que les bâtisseurs de Stonehenge pourraient bien avoir habité.

En 2015, les chercheurs ont alors annoncé avoir fait une découverte retentissante : leurs images radars montraient au moins 90 blocs de pierre (et peut-être jusqu'à 200) de grandes tailles, mesurant jusqu'à 4,5 mètres, enterrés sous le henge. Tout semblait indiquer que l'on était en présence du plus grand monument en pierre néolithique existant jamais découvert en Grande-Bretagne, voire en Europe, un « superhenge » donc, comme il n'allait pas tarder à être baptisé. Une vidéo en images de synthèse montrait même à quoi la structure aurait pu ressembler il y a environ 4.500 ans.

Hélas, les fouilles effectuées cette année 2016 ont fait déchanter les archéologues. Les blocs rocheux étaient finalement les vestiges de fosses qui contenaient autrefois des poteaux de bois. Pour une raison inconnue, peut-être des soubresauts politiques et religieux, ces poteaux ont été déterrés et les fosses furent remplies de gravats de craie, puis recouvertes d'un remblai de terre.

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