« Le » pharaon, c’est lui. Conquérant victorieux, bâtisseur infatigable, il reste lié à la gloire d’Abou Simbel et de Louxor.

Une douzaine de « Grandes épouses », quelque 200 concubines, 126 enfants dénombrés, des centaines d'inscriptions à son nom sur des bâtiments qu'il a fait construire ou dont il s'approprie la paternité, 66 ans de règne (1279-1213 avant J.-C.), qui correspondent à plus de la moitié de la XIXe dynastie à laquelle il appartient. Une force de la nature que ce pharaon de tous les records désormais réduit à cette momie émaciée, dont le bras se leva de manière fantomatique, à la grande frayeur des ouvriers occupés à le dégager de ses bandelettes.

Afin de garder le corps en bonne condition pour l'après-vie, les embaumeurs ont d'abord prélevé le cerveaucerveau par le neznez à l'aide d'un crochet, puis certains organes internes, comme le poumonpoumon et le foiefoie, au moyen d'une incision sur le côté du torse.

L'intérieur du corps a ensuite été nettoyé, avant d'être rempli d'herbes et de produits odorants, puis recousu. Il a alors été recouvert de natron (du carbonate de sodiumsodium hydraté) et laissé dans cet état pendant des semaines, jusqu'à ce que l'humidité en soit complètement résorbée. Le corps a ensuite été lavé, puis entouré de bandelettes de tissu, couvert d'huile et de résine, et placé dans le sarcophage, enfin prêt pour l'ensevelissement. Ramsès II offre l'image du pharaon accompli.

La momie de Ramsès II. © Le Caire, Musée égyptien, Dunod

La momie de Ramsès II. © Le Caire, Musée égyptien, Dunod

L'œuvre de Ramsès II, ou Ramsès le Grand

Grand guerrier, il élargit les limites de l'Égypte vers le sud, où il acquiert le contrôle des gisementsgisements aurifères de Nubie, et vers le nord-est, où la bataille de Qadesh, malgré son issue incertaine, permet de stabiliser sa frontière avec l'empereur hittite. Il épousera ses deux filles, en gage de bonne entente. Bâtisseur émérite, il laisse derrière lui les temples d'Abou Simbel, une capitale à l'est du delta du Nil, Pi-Ramsès, qu'il dote généreusement de temples grandioses, d'un grand palais, d'un port et d'arsenaux, construit son temple funéraire, le Ramesseum, en face de Louxor, achève la grande salle hypostyle du temple d'Amon-Rê à Karnak. Pourtant, comme tous les apogéesapogées, son règne est fragile.

L'empire établi par les Thoutmosides de la XVIIIe dynastie est maintenu par les Ramessides de la XIXe, mais son affaissementaffaissement sous le poids de la démesure est proche.