Le carcinome nécessite un examen auprès d'un dermatologue. © Evgeniy Kalinovskiy, Fotolia

Santé

Carcinome : à quoi ressemble-t-il ?

Question/RéponseClassé sous :Corps humain , carcinome , cancer

Difficile de diagnostiquer seul un carcinome. Pourquoi a-t-on un ? Est-il dangereux ? Quel est son traitement ?

Le carcinome est le cancer humain le plus fréquent, il se développe à partir des kératinocytes (les cellules de la peau), contrairement au mélanome qui est développé à partir des mélanocytes (cellules pigmentaires de la peau).

Un carcinome, à quoi ressemble t-il et comment le reconnaître ?

Le carcinome a souvent l'allure d'un simple bouton qui pousse. Difficile donc d'en faire le diagnostic seul... Si nous prenons les deux carcinomes les plus fréquents, voici leurs caractéristiques :

  • Le carcinome basocellulaire a le plus souvent la forme d'un petit bouton translucide avec de petits vaisseaux, qui grossit progressivement puis peut s'ulcérer, siégeant le plus souvent sur le visage, le dos... Mais il peut aussi s'agir d'une simple plaque rouge qui grandit. Il est issu des cellules basales de l'épiderme d'où son nom de basocellulaire. On en dépiste en France environ 80 nouveaux cas pour 100.000 habitants par an, soit environ 50.000 nouveaux carcinomes basocellulaires chaque année, rien qu'en France.
Le carcinome basocellulaire siège le plus souvent sur le visage et le dos. © DR
  • Le carcinome spinocellulaire débute le plus souvent sous la forme d'une plaque rouge et rugueuse sur une zone qui a été exposée au soleil, qui grandit et devient plus dure et infiltrée. Il peut aussi se présenter sous la forme d'un bouton dur qui apparaît rapidement. Il est issu de couches plus superficielles de l'épiderme, où les jonctions entre les cellules ressemblent à des épines, d'où son nom de spinocellulaire. On l'appelle aussi carcinome épidermoïde.

En résumé, donc, toute lésion cutanée qui évolue doit être montrée à un médecin, car lui seul pourra en faire le diagnostic.

Un carcinome, pourquoi en a-t-on ?

Le facteur de risque le plus important et contre lequel on peut lutter le plus facilement est l'exposition aux UV, qu'ils soient naturels ou en cabine.

Les carcinomes spinocellulaires se développent généralement chez les personnes qui ont été exposées au soleil de façon chronique et prolongée tout au long de leur vie (personnes travaillant à l'extérieur). Les carcinomes basocellulaires, quant à eux, se développent plutôt en cas d'expositions solaires brutales et répétées, notamment dans l'enfance (voyages dans des pays chauds...). La protection solaire est donc le meilleur moyen de prévenir les carcinomes.

Parmi les autres facteurs favorisants du carcinome, on peut citer :

  • le phototype clair : les personnes ayant le plus de risques d'être atteintes par le carcinome ont la peau claire, les yeux clairs et les cheveux roux ou blonds ;
  • les antécédents personnels ou familiaux de carcinome. Il existe en effet des facteurs génétiques ;
  • le papillomavirus pour certains types de carcinomes spinocellulaires.

Les carcinomes sont-ils dangereux ?

Les carcinomes présentent une malignité très variable en fonction notamment :

  • de leur nature : le carcinome basocellulaire a par exemple une malignité principalement locale, c'est-à-dire qu'il n'a pas tendance à essaimer dans les ganglions ou les autres organes alors que le mélanome a tendance à donner des métastases assez tôt ;
  • de la rapidité de diagnostic : comme souvent dans les cancers, plus le dépistage est précoce, meilleur est le pronostic ;
  • de leur localisation : le nez ou les zones périorificielles (bouche, oreilles...) exposent à des difficultés techniques pour les retirer et à plus de risques de localisation à distance.

Les carcinomes, comment les traiter ?

Le traitement le plus courant est de retirer le carcinome avec une marge de peau saine de quelques millimètres. Si des ganglions sont atteints, ils sont enlevés par un chirurgien. On peut y adjoindre (et parfois remplacer la chirurgie) par des traitements tels que la chimiothérapie, la radiothérapie... Certains carcinomes de moindre malignité peuvent aussi être traités avec des crèmes mais la chirurgie reste, même pour eux, une référence de traitement à privilégier si possible.

De sérieux espoirs commencent à apparaître avec les biothérapies, des traitements qui stimulent, inhibent ou miment le système immunitaire et intracellulaire, notamment dans la prise en charge des carcinomes basocellulaires évolués.

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