Santé

Les cancers liés au genre : cancers féminins et masculins

Dossier - Dépistage et traitement du cancer
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Éclairage sur les différents cancers et leur dépistage. Les progrès dans le domaine de la recherche offrent des perspectives nouvelles sur le plan des diagnostics et des traitements.

  
DossiersDépistage et traitement du cancer
 

Il n'existe pas un type de cancer, mais bien plus ! Des cancers touchent des organes particuliers, uniquement les femmes ou uniquement les hommes. Et si des moyens de prévention existent, personne n'est à l'abri.

Dépistage du cancer du sein. Image obtenue en tomovélographie (scanner à ultrasons). © M. Depardieu/Inserm - Reproduction et utilisation interdites

Lorsque l'utérus ou le sein, la prostate ou les testicules, sont atteints, les spécialistes parlent de « cancers liés au genre ». Si les mécanismes biologiques entrant en jeu sont semblables à ceux de tous les cancers, ceux-ci partagent cependant, tant chez l'homme que chez la femme, plusieurs spécificités. Notamment leur fréquence - qui en fait un réel problème de santé publique - et l'aspect psychologique de maladies qui blessent au plus intime.

Exemple du cancer du sein

Appelons-les Clara, Brigitte et Lise. Elles ont 32, 48 et 59 ans. Clara s'est étonnée, alors qu'elle allaitait son premier enfant, de l'apparition d'une boule dure dans son sein gauche - elle a songé à sa mère, à l'une de ses tantes, et a très vite compris. Brigitte a découvert cette présence à l'occasion d'une visite de routine chez son gynécologue. Quant à Lise, elle n'en a été qu'à peine surprise, tant elle redoutait l'apparition de ce symptôme à chacune des mammographies de contrôle imposées depuis sa maladie. Clara, Brigitte et Lise, comme beaucoup de Françaises chaque année (52.600 en 2010), ont développé un cancer du sein. Leur vie en a été changée. Même déterminée à lutter contre la maladie, comment ne pas être hantée par cette froide et terrible statistique ? Avec 11.300 décès en 2010, cette sorte de tumeur est la première cause de mortalité des femmes entre 35 et 55 ans en France.

Les spécialistes connaissent plus d'une centaine de type de cancers. Ces maladies, d'inégale gravité, suivent un cours très variable, mais ont en commun un même mécanisme : pour des raisons encore mal comprises, une cellule cesse un jour d'obéir aux signaux internes à l'organisme et commence à se diviser de manière incontrôlée. Une tumeur se forme. Des cellules cancéreuses s'en échappent et partent coloniser d'autres régions du corps où elles forment des métastases. Presque tous les organes peuvent être touchés par cette transformation maligne. Lorsque l'utérus, l'ovaire, le sein, la prostate et les testicules sont atteints, on parle de « cancers liés au genre ». Si ceux-ci ne sont pas fondamentalement différents des autres cancers, sur le plan des mécanismes biologiques mis en jeu, ils ont en commun trois spécificités.

Les trois points communs des cancers liés au genre

  • La première spécificité est de poser, par leur fréquence et leur gravité, de véritables problèmes de santé publique. Derrière les cancers des voies respiratoires, ceux du sein et de la prostate sont les troisième et quatrième les plus fréquents en Europe (respectivement 13 % et 8,2 %) et les quatrième et cinquième les plus graves en terme de mortalité. Plus rares, les tumeurs de l'utérus et des testicules sont aussi moins préoccupantes car elles se soignent plus facilement ;
  • Le second lien entre ces types de cancer est qu'ils touchent, de par la nature des organes atteints, à une partie essentielle et intime de notre identité, ce qui fait souvent ressentir la maladie de manière particulièrement douloureuse ;
  • Enfin, les mécanismes hormonaux y jouent un rôle important.
Métastase dans l'ovaire, tumeur du sein, cancer invasif du col utérin, gonadoblastome d'un testicule… Autant de maladies liées au genre, qui partagent certains points communs. © Inserm - Reproduction et utilisation interdites