La chimiothérapie reste un traitement de choix dans la guérison du cancer du sein et se révèle souvent indispensable en prévision, ou en complément d'un acte chirurgical. Cette technique reste cependant délicate et les résultats pourraient en être significativement améliorés par une meilleure connaissance de la réaction du patient.
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A l'occasion de l'European Cancer Conference (Ecco 14) qui se tient actuellement à Barcelone (Espagne), le Dr Vinod Ganju, spécialiste en oncologieoncologie du Monash Oncology Research Institute (MORI) à Melbourne (Australie) révèle une technique prometteuse qui s'appuie sur des examens par PETPET (TomographieTomographie à Emission de PositronsPositrons), non de la tumeurtumeur elle-même, mais de la quantité résiduelle d'un traceur en son sein afin d'en évaluer la progression ainsi que la probabilité de guérisonguérison.

Examen tomographique

Il est établi que les cellules cancéreuses consomment plus de glucoseglucose que les cellules saines, et cette différence est mise à profit lors d'un examen par tomographie en injectant au patient une moléculemolécule de glucose marquée d'un isotopeisotope radioactif. Un ordinateurordinateur analyse les données obtenues par le tomographe et détecte les zones d'accumulation du glucose pour dresser ensuite une image en trois dimensions du territoire envahi par la tumeur. Bien que la résolutionrésolution permise par cette technique soit inférieure à l'IRMIRM, la sensibilité est bien supérieure et permet de détecter certaines anomaliesanomalies métaboliques avant l'apparition de leur forme anatomique.

Le Dr Vinod Ganju évoque tout particulièrement la possibilité de mesurer l'évolution de la concentration du fluorodeoxyglucose (FDG) utilisé comme traceur au cours d'un traitement. Les patientes chez qui cette concentration était la plus élevée au départ et qui en ont montré la réduction la plus importante après quatre cycles de chimiothérapiechimiothérapie se sont avérées les plus susceptibles de parvenir à une réaction pathologiquepathologique complète, c'est-à-dire une rémissionrémission totale des cellules cancéreuses. A contrario, les mêmes mesures effectuées par le biais d'une mammographiemammographie classique ou à base d'ultrasonsultrasons n'ont pas la précision suffisante pour obtenir un tel diagnosticdiagnostic.

Des résultats significatifs

Cette étude a été réalisée sur un échantillon de 47 femmes atteintes d'un cancer du seincancer du sein localement évolué, et 44 ont pu être suivies. Celles-ci ont reçu aléatoirement divers traitements à base de divers anticancéreuxanticancéreux - fluorouracil (Fluorouracile), épirubicine (Farmorubicine), cyclophosphamide (Endoxan, Cytoxan, Procytox) ainsi que Docetaxel (Taxotere). Les patientes ont été évaluées en début comme en fin de thérapiethérapie par tomographie (PET), mammographie, et échographieéchographie ultrasonore. Les résultats ont ensuite été corrélés avec des prélèvements effectués par biopsiebiopsie avant et après le traitement.

Neuf femmes ont obtenu une réaction pathologique complète (pCR), 15 une réaction partielle (pPR) et 20 une réaction non significative ou nulle (NR). Le pourcentage de réduction SUVs (Standardized Uptake Value, indice de concentration du radiotraceur) mesuré dans le meilleur des cas (pCR) représentait 83,3 %, contre 50,4 % chez les NR.

"Cette étude démontre que les femmes présentant la ligne de baseligne de base (SUVs) la plus élevée au départ avec la réduction la plus élevée de cette valeur après chimiothérapie sont les plus susceptibles de réaliser une réaction pathologique complète", déclare le Dr Ganju, qui ajoute : "Cette technique FDG-PET semble ainsi un complément important à l'imagerie conventionnelle dans le cas de cancer du sein, et peut contribuer à un traitement plus individualisé de la maladie. Actuellement, tous les patients reçoivent une même chimiothérapie, indépendamment des caractéristiques de leur tumeur. Mieux cibler cette thérapeutique en fonction des caractéristiques de la tumeur et de son évolution serait une avancée importante. Cela pourrait épargner à certains malades un traitement chimique devenu inutile, ou de basculer vers une thérapie différente si la première s'est avérée inefficace".

Le chercheur signale aussi que d'autres molécules de traçage sont disponibles pour l'examen tomographique, mais que celles-ci en sont toujours aux étapes expérimentales. Les recherches se poursuivent, et le groupe corrèle actuellement les résultats de cette étude avec le profil génétiqueprofil génétique des tumeurs.