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Le programme de réduction leucocytaire sauve des vies

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Une importante étude menée d'un bout à l'autre du Canada par des chercheurs de L'Hôpital d'Ottawa a déterminé qu'un programme de réduction leucocytaire (déleucocytation) du sang donné peut sauver des vies, réduire la fréquence de fièvre et le recours aux antibiotiques chez les patients postopératoires et ceux admis aux soins intensifs.

Une deuxième importante étude, également dirigée par des chercheurs de L'Hôpital d'Ottawa, a découvert une importante diminution des complications graves chez les nouveau-nés ayant reçu du sang leucoréduit, c'est-à-dire dont on a retiré les globules blancs.

Ces deux études ont été publiées dans le numéro d'avril du Journal of the American Medical Association.

Chez l'être humain, les globules blancs aident à combattre les maladies et les infections. Cependant, lorsqu'ils sont transférés dans le corps d'une autre personne par transfusion sanguine, ils peuvent en fait supprimer le système immunitaire, ce qui entraine des infections.

Un certain nombre de pays, dont le Canada, ont mis en oeuvre une politique de réduction leucocytaire universelle de tout le sang donné. Les décideurs croyaient aux avantages de la réduction leucocytaire, mais son rôle en vue de réduire la mortalité et le taux d'infection chez les patients en chirurgie n'avait pas encore été prouvé.

La première étude, dirigée par le Dr Hébert, intensiviste, chercheur principal a l'Institut de recherche en santé d'Ottawa (IRSO) et directeur du Centre de recherche transfusionnelle de l'Université d'Ottawa, a porté sur 14 786 patients post-opératoires de 23 hôpitaux du Canada, incluant L'Hôpital d'Ottawa. L'étude comprenait des patients des trois groupes à risque qui nécessitent habituellement du sang transfusé : les patients ayant subi un pontage cardiaque, les patients ayant subi une chirurgie de la hanche et les patients post-opératoires et polytraumatisés admis dans une unité de soins intensifs.

Environ la moitié des patients ayant participé a cette étude ont reçu leur transfusion sanguine avant l'instauration de la réduction leucocytaire, et l'autre moitié a reçu des produits sanguins leucoréduits. Les chercheurs ont découvert que le taux de décès chez les patients hospitalisés était moins élevé après l'introduction de la réduction leucocytaire comparativement à la période contrôle. Ils ont aussi noté une importante baisse du nombre de patients ayant de la fièvre et de l'utilisation d'antibiotiques.

Les chercheurs estiment que, pour 120 patients recevant du sang leucoréduit, on pourrait réussir à sauver une vie. Si l'on tient compte du nombre de personnes transfusées tous les ans, la diminution de près d'un pour cent du nombre des décès représente beaucoup de vies potentielles sauvées, a declaré le Dr Hébert. Je crois que nous n'avons trouvé que des avantages potentiels. L'étude menée auprès d'adultes confirme que la réduction leucocytaire constitue une stratégie avantageuse pour le traitement du sang".

La deuxieme étude, dirigée par le Dr Dean Fergusson, un scientifique de l'IRSO et épidémiologiste au Centre de recherche transfusionnelle de l'Universite d'Ottawa, porte sur 515 nouveau-nés prematurés pesant moins de 1.250 grammes admis aux unités néo-natales de soins intensifs (UNNSI) de trois hôpitaux canadiens. Un nouveau-né sur deux pesant moins de 1.250 grammes à la naissance admis dans une UNNSI a besoin de transfusions de sang.

Les chercheurs ont découvert que près de 30 pour 100 des nourrissons ayant reçu des transfusions avant la réduction leucocytaire ont contracté une infection bactérienne transmissible par le sang, comparativement à environ 26 pour 100 des nourrissons ayant reçu du sang leucoréduit. La réduction leucocytaire permet aussi de diminuer considérablement les complications liées à la prématurité, incluant les lésions pulmonaires chroniques, l'inflammation intestinale, l'hémorragie cérébrale et la rétinopathie ou les lésions des tissus rétiniens.

"On prévient une complication grave de la prématurité pour chaque groupe de 10 nourrissons traités avec du sang leucoréduit", a précisé le Dr Fergusson. Les deux études semblent indiquer que les globules blancs peuvent favoriser l'inflammation et causer des dommages aux cellules et tissus normaux chez les bébés prematurés.

Les auteurs concluent qu'à moins de preuves de danger, tous les nourrissons qui requièrent des transfusions de globules rouges devraient recevoir du sang leucoréduit. Cela pourrait transformer les pratiques transfusionnelles pour les nourrissons prématurés dans les pays n'ayant pas encore adopté la réduction leucocytaire universelle.

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