Toxoplasma gondii ne réduirait pas seulement la peur des félins, mais diminuerait l'anxiété générale de l'hôte. © Rhoenes, Adobe Stock

Santé

Chez les souris, le parasite des chats diminue l'anxiété

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Le parasite Toxoplasma gondii est connu pour diminuer la peur des félins chez l'animal infecté (par exemple, un rongeur) afin que celui-ci puisse être dévoré par un chat, un lynx, un lion... Lesquels sont les organismes cibles. Mais une étude vient contredire ce dogme : le « parasite des chats » diminuerait en réalité l'anxiété globale et l'aversion au risque.

Le parasite Toxoplasma gondii est un manipulateur. Il fait partie des parasites intracellulaires obligatoires, ce qui signifie qu'il a nécessairement besoin de vivre à l'intérieur des cellules d'un organisme hôte, notamment pour se nourrir. Il a la spécificité de ne pouvoir se reproduire que dans les cellules des félins.

Pour y parvenir, l'agent de la toxoplasmose a développé un stratagème infaillible : il infecte les proies des félidés (mais peut infecter l'ensemble des mammifères homéothermes) et leur retourne le cerveau pour qu'ils n'aient plus peur de leurs propres prédateurs et se fassent dévorer. Le sournois parasite atteint sa cible où il prolifère paisiblement. Par la suite, il se retrouve dans les déjections des félins, souillant l'herbe fraîche dont se nourrissent les proies. Et le cycle recommence.

Cycle de vie de Toxoplasma gondii. © Powch, Wikimedia Commons, CC by-sa 3.0

 Toxoplasma gondii ne ciblerait pas la peur des félins

Une étude parue dans la revue Cell vient d'ajouter une nuance à ce mécanisme bien rôdé. T. gondii ne se concentrerait pas sur la peur des félins, mais diminuerait l'anxiété globale de son hôte ainsi que l'aversion envers une large gamme de dangers dont les prédateurs. Il rendrait également l'individu infecté plus curieux, stimulant son comportement « explorateur ». Les souris infectées ont, par exemple, été attirées par l'urine de lynx, de cochon, de renard... Sans distinction. 

Par ailleurs, les chercheurs ont découvert une corrélation positive entre l'intensité des changements comportementaux et l'inflammation neurologique causée par l'infection. « Ce n'est pas un simple système marche-arrêt. À l'avenir, le niveau d'infection chronique devrait donc toujours être pris en compte lors de l'étude des effets de T. gondii sur son hôte », explique Ivan Rodriguez, un des auteurs de l'étude.

La compréhension du mécanisme d'action de T. gondii est essentielle pour la médecine puisque près d'un tiers de l'humanité serait infectée par la toxoplasmose. Cette maladie, contractée durant la grossesse, peut aboutir à la mort du fœtus. Elle est également dangereuse pour les personnes immunodéprimées, à l'instar des personnes ayant contracté le sida. La toxoplasmose est un facteur de risque de la schizophrénie, de la maladie de Parkinson, des troubles de la bipolarité, entre autres.

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